Cuma de Bourgogne Franche-Comté
Le plan de relance préoccupe les Cuma

Cuma Bourgogne Franche-Comté tenait son assemblée générale en visioconférence le 21 janvier dernier. Les mesures du plan de relance ont occupé une grande partie des échanges.

Le plan de relance préoccupe les Cuma
Les Cuma en BFC se répartissent sur 19 territoires.

S'il est un sujet qui fait beaucoup causer ces temps-ci dans le milieu agricole, c'est bien le plan de relance. Il suscite autant d'espoirs que de déceptions. Beaucoup d'interrogations, également, comme en témoigne la teneur des échanges, lors de l'assemblée générale des Cuma de Bourgogne Franche-Comté, organisée le 21 janvier en visioconférence. Ce plan de relance est revenu régulièrement sur la table pour cette organisation qui compte aujourd'hui près de 800 structures adhérentes, depuis la fusion de ses composantes bourguignonnes et francs-comtoises, intervenues en juillet 2018. Dans son fonctionnement administratif, la fédération des Cuma BFC a justement prévu, dans le cadre de son budget prévisionnel 2020-2021 une montée en puissance des tâches administratives liées aux dossiers de candidature permettant de bénéficier des mesures du plan de relance. Jusqu'à présent, les personnels de la fédération étaient plutôt mobilisés sur l'accompagnement administratif des dossiers Plan de compétitivité et d'adaptation des exploitations agricoles (PCAE). Les temps changent...

Vingt-deux dossiers en Région

Parmi les questions suscitées par le plan de relance, figurait celle de Luc Vermeulen, président de la fédération nationale des Cuma : « Nous montons au créneau parce qu'il apparaît que les enveloppes budgétaires prévues sont déjà consommées. Nous espérons qu'au moins ces enveloppes seront utilisées à bon escient... ». Dans le prolongement de ces propos, Jean-Marie Sermier, député de la 3e circonscription du Jura, qui assistait à l'AG,  a souligné qu'il souhaitait que l'on puisse permettre au ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, de réabonder des fonds au sein du plan de relance. La crainte qui apparaît en filigrane c'est celle d'investissements en matériels favorisés par l'appel d'air constitué par le plan de relance, sans qu'ils soient toujours le fruit d'une véritable réflexion, ou qu'ils répondent à des besoins véritables. « L'Union européenne, remarquait Sylvain Marmier, vice-président du Crédit Agricole de Franche-Comté, souligne déjà que l'agriculture française a tendance à surinvestir dans le matériel. Dans ce contexte, un collectif comme les Cuma a un vrai rôle à jouer pour sensibiliser sur des investissements pas toujours justifiés ». À ce jour, comme le précisait Sylvette Bernard, de la Fédération des Cuma BFC, 22 Cuma régionales ont déposé des dossiers dans le cadre de ce plan, par le biais de la fédération : « un seul concerne le plan protéine, soulignait-elle, et tous les autres portent sur la réduction des intrants ».

Reconnaissance des démarches collectives

Sophie Fonquernie, vice-présidente du Conseil régional en charge de l'agriculture, de la viticulture et de l'agroalimentaire, a rappelé, pour sa part, l'importance que revêtait, à ses yeux, le réseau des Cuma « pour une réflexion plus globale sur l'investissement matériel en agriculture, face à certains comportements observés dans ce domaine, qui mettent à mal la rentabilité. Il y a, pour nous, la volonté de favoriser l'agriculture de groupe, notamment dans le cadre de la Pac ». Cette future Pac qui n'est pas sans susciter quelques inquiétudes pour Luc Vermeulen : « la reconnaissance des démarches collectives n'apparaît pas évidente dans le projet actuellement en préparation » déplorait-il. En conclusion, sur ces questions essentielles du niveau d'investissement matériel en agriculture, Hervé Delacroix, président de la Fédération des Cuma BFC, rappelait l'importance, dans le cadre d'achats groupés « d'avoir le souci de préserver les concessionnaires locaux », acteurs-clés de l'écosystème agricole de nos territoires.

Berty Robert

Cuma BFC en chiffres

Cuma BFC en chiffres

-787 Cuma adhèrent à la fédération de Bourgogne Franche-Comté ;
-En 2019, leur chiffre d'affaire HT cumulé a atteint 29,88 M d'euros ;
-En moyenne, une Cuma en BFC compte 22 adhérents pour 24 matériels et pour un chiffre d'affaires moyen de 37.900 euros ;
-En 2020, la fédération régionale est parvenue à un résultat comptable positif d'un peu plus de 7.300 euros ;
-Le fonctionnement consomme 11% du budget annuel de la fédération ;
-En 2020, 12 réunions se sont tenues pour les 19 territoires de la fédération ;
-Au total, sur l'année écoulée, plus de 1.600 interventions ont été menées par la fédération.