À l’heure de la crise sanitaire et des mesures de confinement, les populations des communes rurales se sont retrouvées encore plus isolées et donc fragilisées. Si des premières mesures gouvernementales ont conduit à des fermetures et à des interdictions, c’était sans compter sur la mobilisation venue du terrain.

Bien que partant d’une bonne intention de mise en sécurité de la population, l’interdiction des marchés de plein air fin mars et la fermeture de certains bureaux de poste ont d’autant plus isolé les personnes fragiles que ce sont en priorité les plus petites communes qui ont été concernées ou qui en subissaient le plus d’impact.
En effet, le marché de plein air vient souvent combler dans les villages l’arrêt des commerces alimentaires de proximité…
D’où la rapide mobilisation des maires de ces communes pour faire entendre leur voix et alerter sur les difficultés auxquelles leurs administrés se trouvaient d’autant plus confronter pour se nourrir ou recevoir leur courrier.
Une mobilisation qui a porté ses fruits puisque les marchés sont à nouveau autorisés (sous condition) et que plusieurs bureaux de poste ont été rouverts.

Retour rapide

Ainsi, l’Union des maires des communes rurales de Saône-et-Loire s’était rapprochée de la préfecture dès l’annonce de l’interdiction des marchés de plein air, pour plaider la cause des maires : dès le départ, nombre d’entre eux « s’étaient montrés très volontaires pour réorganiser les marchés avec la mise en place de barrière, de sens de circulation, etc. », rappelle ainsi Jean-François Farenc, le président de l’UMCR71.
Un courrier avait donc été rapidement envoyé aux édiles pour les inciter à demander une dérogation auprès de la préfecture pour le maintien de leur marché alimentaire. Ce qu’ils sont très nombreux à avoir fait.
La préfecture de son côté s’était engagée à répondre rapidement. « Et elle a joué le jeu. Nous avons juste eu vent, les premiers jours, de réponses qui tardaient à venir », du fait de l’afflux de demandes. Très vite, « tout est rentré dans l’ordre et les réponses ont été données en 24 h ». Ainsi, au 8 avril, 77 marchés alimentaires de plein air étaient de nouveau autorisés.

Bureaux rouverts

L’autre mobilisation de l’UMCR71 concerne cette fois les bureaux de poste. Les mesures de confinement avaient en effet contraint La Poste à réduire ses offres de service et à fermer notamment de nombreux points de vente. Ainsi, seuls 14 bureaux en zone rurale restaient ouverts sur une totalité de 74 ! Là encore, l’UCMR s’est mobilisée pour trouver une solution en concertation avec La Poste et « bien évidemment dans le respect des consignes de sécurité pour les postiers et les administrés », souligne Jean-François Farenc. Dix bureaux ont pu être rouverts, sans doute d’autres vont l’être dans les prochains jours. « Par ailleurs, les maires disposant d’une agence postale peuvent l’ouvrir, s’ils estiment les conditions de sécurité remplies, en prenant contact avec La Poste ».
Ainsi, après un premier mouvement de mise en sécurité maximale des employés et de la population, un mouvement de souplesse se rétablit à condition cependant du strict respect des consignes de sécurité.