Chevaux
L'assemblée générale des éleveurs de chevaux de 71

Frédéric RENAUD
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L'assemblée générale des éleveurs de chevaux de Saône-et-Loire s'est tenue le 21 janvier dernier à Jalogny, sous la présidence Marie-Juliette Jean qui a succédé récemment à Jean Martinot. Après avoir écouté le rapport d'activités, les éleveurs ont mené un débat sur la diminution du nombre de concours en Saône-et-Loire.

L'assemblée générale des éleveurs de chevaux de 71
En tribune, de droite à gauche, Mélanie Mérel (Equivallée), Marie-Juliette Jean (présidente), Mathilde Aïli (technicienne), Camille Guérini ( ) et Henriette Desbrosses (trésorière).

Plusieurs éleveurs de chevaux de Saône-et-Loire ont dit leur inquiétude face à la diminution du nombre de concours. « Nos jeunes chevaux, comment fait-on pour les préparer, pour ceux qui les mettent chez des cavaliers ? À Mâcon, le premier concours est à la mi-mars : il faut que les chevaux soient déjà prêts. À Cluny, le nombre de concours diminue : deux contre trois habituellement. En revanche, Vichy en rajoute deux à son programme habituel, » s’exclame Chantal Comte, du Haras du Sud, à Paray-le-Monial. « Si aujourd’hui, on ne prend pas en compte le travail des éleveurs, dans quelques années, il n’y aura plus de chevaux à vendre aux amateurs ».

« Nous avons tous cet objectif de maintenir des concours, nous avons les mêmes intérêts », répond Marie-Juliette Jean, la présidente du syndicat des éleveurs de Saône-et-Loire. Alors que Jean Martinot, l’ancien président, tente d’expliquer l’historique. « Comme Cluny a aussi deux concours, Mâcon en supprime un, pour des raisons de dates »

La trésorière Henriette Desbrosses précise que « Mâcon a été beaucoup aidé par le fonds Éperon, pour ses infrastructures. En contrepartie, le centre devait organiser des concours de jeunes chevaux ». « Parce que ce fonds doit accompagner l’élevage et les concours de jeunes chevaux », explique Yves Chauvin, l’ancien président du Selle Français.

Marie-Juliette Jean préconise « dès l’hiver prochain, de remettre en place les réunions avec les cavaliers et les organisateurs de concours, pour s’organiser avant le début de saison. À Equivallée, nous avions un concours jeunes chevaux avant le concours interrégional (CIR) qui avait une vraie utilité. Mais trois semaines avant, c’est trop court ».

Mélanie Mérel, au nom d’Equivallée, propose alors « pour les cavaliers et propriétaires qui ont besoin de travailler les jeunes chevaux, de rouvrir à la location les deux carrières Equivallée, avec un parcours jeunes chevaux sur l’une et un parcours vieux chevaux sur l’autre, afin que les élevages de Saône-et-Loire puissent préparer les chevaux avant le démarrage de la saison ».

80 foals en 2022

Les concours d’élevages sont en augmentation, comme le rappelle l’ancien président, Jean Martinot, lors du rapport d’activités. « Nous avons rassemblé 80 foals, sur six concours (Marnay, Bruailles, Mazille, Cluny, Blanzy, Gilly-sur-Loire). Notre règlement indique qu’un concours de foals peut se dérouler dès qu’il y a au moins dix animaux présents. Nous tenons à maintenir un grand nombre d’engagés dans les foals, car le nombre de partants conditionne le nombre de primés, selon les règles de la SHF ».

Le syndicat 71 a réussi à obtenir des primes de participations pour les concours importants. « Lors des Finales nationales, grâce au Conseil départemental, une aide aux participants a été apportée aux participants », poursuit Jean Martinot. « Une enveloppe de 4.000 € a servi à rembourser la location des boxes et les déplacements, avec l’objectif d’encourager les éleveurs de chevaux locaux des chevaux nés en Saône-et-Loire. À Fontainebleau, le speaker les a présentés, en spécifiant bien leur origine départementale ».

D’autre part, lors de la finale nationale des 3 ans à Lyon, « un chèque de 120 € a été remis aux trois représentants du département à titre d’encouragement », ajoute Jean Martinot.

Le syndicat a enfin acheté un mur d’obstacle pour les jeunes chevaux à Cluny, construction pour 4.700 €. Le Conseil départemental et la chambre d’Agriculture en ont financé chacun la moitié.

Retenu chez lui par la neige, Bernard Lacour s’est exprimé en visioconférence, avec un rappel pour les primes de la Pac, signalant « une bonification attribuée en fonction de la haute valeur environnementale (HVE) », avant d’indiquer que le « dossier n’est pas très lourd, il faut prendre contact avec la chambre d’Agriculture qui va vous accompagner. La qualification est obtenue pour trois ans et est reconductible ».

Bernard Lacour rappelle « que la Région finance, par le Feader, les ICHN et les aides à l’investissement, et notamment la signalétique. Il faut faire appel à Camille Guérineau, votre nouvelle interlocutrice ». Le Président de la chambre d’Agriculture spécifie que « la Saône-et-Loire a la seule chambre à mettre à disposition un agent à temps complet, pour la filière cheval ».

Deux études en cours

Bernard Lacour mentionnait aussi « l’étude menée auprès de tous les acteurs de la filière équine. Nous avons d’abord identifié des besoins en accompagnement et en formations. Alors, la chambre cherche à multiplier les sujets de formation réalisables ici à Jalogny ».

Enfin, le président de la chambre d’agriculture a détaillé l’étude effectuée avec le conseil régional du Cheval « sur l’installation et la transmission en filière équine. Elle ressemble aux autres, avec des problèmes de renouvellement et une pyramide des âges vieillissante. Des difficultés importantes de transmission existent, puisque les jeunes préfèrent souvent créer des structures de toutes pièces ».