Nicolas Rolin
L’inattendue découverte de son tombeau

Régis Gaillard
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Alors qu’était mené un diagnostic d’archéologie préventive préalablement aux travaux de redéploiement du musée Rolin, Yannick Labaune et son équipe ont eu la surprise et la joie de découvrir la sépulture du chancelier Nicolas Rolin.

L’inattendue découverte de son tombeau
Les découvertes suite aux sondages.

Lorsque l’on creuse les sols d’une ville qui a 2000 ans d’histoire, on retrouve forcément des traces du passé. Avec, quelquefois, de jolies surprises. Ce qui fut le cas au mois de décembre dernier à Autun alors qu’était menée une campagne de diagnostic archéologique préalablement à la restructuration du musée municipal actuellement installé dans un hôtel particulier du quinzième siècle édifié par l’illustre Nicolas Rolin (1376 – 1462). Dans le cadre de l’expertise effectuée de septembre 2020 à janvier 2021 par le service archéologique de la ville d'Autun en collaboration avec l'Inrap (recherche archéologique), des sondages ont été réalisés place Saint Louis, à l’emplacement de l’église Notre Dame du Châtel à l’intérieur de laquelle Nicolas Rolin a choisi d’être inhumé.

Un caveau et plusieurs individus…

C’est à l’occasion de ces sondages qu’a été redécouvert un caveau dont l’emplacement, à l’entrée du chœur de l’église, correspond parfaitement à celui dans lequel Nicolas Rolin, si on se fie aux plans et croquis anciens de l’édifice de culte conservés dans les archives, a été inhumé. « L’église Notre-Dame-de-Châtel a été démantelée peu après la Révolution française et le caveau sans doute visité lors de la récupération des matériaux de construction qui ont été réutilisés dans de nouvelles constructions », précise Yannick Labaune en charge des investigations. « Les ossements ont été bouleversés. Il y avait dans ce caveau un total de huit personnes. Il existe une description des habits et des accessoires portés par Nicolas Rolin au moment de son inhumation. On sait ainsi qu’il portait notamment une paire d’éperons de cavalier dont un exemplaire nous est parvenu à l’occasion. En revanche, il ne subsistait à la fouille aucune trace de l’épée et du poignard que l’illustre portait à ses côtés qui ont dû être récupérés à un moment donné ». 

L’étude anthropologique a débuté en février. Mais il sera très certainement impossible de déterminer quels ossements appartenaient précisément au fondateur des Hospices de Beaune. En revanche, son éperon de cavalier sera prochainement restauré et présenté au public dans le cadre d’une exposition du musée Rolin évoquant l’époque où vivait l’ancien chancelier de Philippe le Bon, duc de Bourgogne.