Flavescence dorée
Mobilisation (bis) générale !

Cédric Michelin
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Dix ans après son apparition en Saône-et-Loire, et malgré dix ans d’efforts, l’épidémie de flavescence dorée – qui fait dépérir les vignes – est toujours présente et connaît même un regain inquiétant en 2022.

Mobilisation (bis) générale !

« Le pire est à venir ». Pour les techniciens, peu de doutes en cette fin d’été 2022. Au vu de l’explosion des symptômes – dans le Beaujolais notamment -, la flavescence dorée est malheureusement de retour en force. Avec une expression de la maladie qui met jusqu’à trois années après l’infection pour être visible, le mal est fait.
Seule solution aujourd’hui : une mobilisation générale lors des prospections qui ont débuté cette semaine et vont se poursuivre jusqu’à fin septembre, voire début octobre. Directrice technique à la Confédération des appellations et vignerons de Bourgogne (CAVB), Charlotte Huber insiste sur le premier pilier de la lutte collective contre cette maladie : la prospection.
À Fuissé, la prospection renforcée s’est déjà faite avant et après les vendanges. Idem, en Côte-d’Or, des prospections précoces ont déjà eu lieu à Beaune, Corgoloin, Gilly-lès-Cîteaux, Premeaux-Prissey et Villars-Fontaine. Des pieds positifs ont déjà été trouvés à Fuissé, Gilly-lès-Cîteaux et Premeaux-Prissey.

Des arrachages en vue

« L’inquiétude » provient surtout des communes situées en Saône-et-Loire, dans le Mâconnais et le Beaujolais, « Chapelle-de-Guinchay et Saint-Amour » notamment, avec « 80 positifs sur 80 prélèvements » déjà effectués. Tous redoutent de voir se multiplier des arrachages administratifs (si plus de 20 % des pieds d’une même parcelle sont infectés).
La prospection devra donc être particulièrement fine pour marquer tous les pieds symptomatiques. Seule bonne nouvelle, si l’on peut dire, les symptômes de bois noir ne semblent pas s’exprimer de trop cette année. Plus que jamais, la participation aux prospections est obligatoire, nécessaire, presque vitale pour l’avenir de certaines vignes voisines des premiers foyers repérés cet été.
Pour s’assurer que chaque domaine et chaque maison prendront bien leur place lors des prospections collectives, l’émargement continue de se faire via QR Code. La profession avait malheureusement anticipé les outils nécessaires comme face au Covid, mais dans le registre végétal cette fois-ci…
Ultime conseil pour cette phase : « ne pas arracher les pieds symptomatiques avant la prospection, même si l’envie est là de bien faire, la profession a besoin d’avoir une vision exhaustive » de l’ampleur de l’épidémie avant de déclencher les autres piliers de la lutte. Un bilan sera fait après analyses PCR de tous les échantillons prélevés cet automne. Il sera alors temps d’arracher et d’éventuellement replanter avec du matériel végétal sain, traité à l’eau chaude.
Les discussions sur les stratégies de traitements phytosanitaires obligatoires seront également de toutes les discussions et à différentes échelles selon les calculs de risques encourus… Qui restent grands pour l’heure.

 

Calendrier des prospections