Lutte alternative contre les corvidés
Une première phase test réussie sur Terres de Bresse

Cédric MICHELIN
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La FDSEA 71, la Fédération des chasseurs et tous les partenaires (minoterie Gay, DDT, chambre d’agriculture, communauté de communes Terres de Bresse, Bourgogne du Sud) se sont réunis pour établir un premier bilan du test de régulation corvidés. 

Une première phase test réussie sur Terres de Bresse

Le bilan pour une première année test reste positif malgré quelques améliorations à apporter. Le plan sera reconduit l’année prochaine avec le même objectif : prélever un maximum de corvidés pour protéger les cultures.

Une alternative au Korite, bientôt interdit ?

Une des solutions pour réduire les dégâts de corvidés est le traitement des semences au Korite 420 FS. Ce produit bénéficie d’une autorisation de mise sur le marché. Donc d’une validation réglementaire pour cette utilisation.
Cependant, les coopératives d’approvisionnement se sont engagées à ne plus vendre ce produit, en raison notamment d’un rapport bénéfice/risque jugé défavorable sur le terrain. Ce produit est notamment toxique par inhalation. L’ouverture des sacs et le chargement des trémies d’un semoir constituent les phases les plus risquées pour l’utilisateur.
Techniquement, « l’efficacité du Korit 420 FS se situe au niveau des produits à base de Thirame. C’est-à-dire à un niveau relativement satisfaisant en cas de faible attaque, mais fortement limité dès que la pression de population de corvidés devient significative », précise Arvalis-Institut du Végétal.
En 2019 et 2020, les agriculteurs de la communauté de communes Terres de Bresse se sont alors retrouvés dans une impasse technique pour lutter contre la pression croissante des corvidés sur les cultures.
C’est pourquoi la FDSEA, la Fédération des chasseurs, la coopérative Bourgogne du Sud, la minoterie Gay et la communauté de communes Terres de Bresse ont décidé d’initier un plan de régulation pour lutter contre les corvidés, pour aider les agriculteurs d’une part et pour trouver une solution de substitution au Korite d’autre part.

Deux fois plus de prélèvements en 2021

Au total, ce sont plus de 1.500 prélèvements qui ont eu lieu entre le 1er avril et le 6 juillet, soit plus du double par rapport à 2019. Le résultat est positif pour une première année, mais peut être amélioré : les prélèvements ont commencé seulement en avril en 2021, le temps que le plan se mette en place sur le terrain. De plus, la pression des corvidés était trop importante par rapport aux années précédentes. Ainsi, les résultats durant la deuxième année devraient être plus importants, les prélèvements commençant tôt.
Sur les 74 territoires de chasse, 32 demandes de destruction ont été faites et la quasi-totalité des communes étaient couvertes par les demandes. Cela a ainsi permis de prélever dans toutes les communes concernées.

Un besoin de moyens pour les chasseurs

La chasse aux corvidés est une discipline complexe, qui demande patience et technique. En effet, le corbeau freux et la corneille sont des animaux intelligents, et cela nécessite un équipement particulier pour les chasseurs. C’est pourquoi il a été décidé d’attribuer des kits de chasse spécifiques pour les corvidés aux chasseurs, augmentant les chances de réussite.
De plus, une formation sur la régulation des corvidés, à destination des chasseurs-agriculteurs, sera proposée le 4 mars 2022 après-midi (lieu à définir). Cette formation a pour but de former les agriculteurs chasseurs à une méthode efficace de régulation des corvidés. Cette formation technique est ouverte à tous les agriculteurs. Pour tous renseignements, veuillez contacter la FDC 71 : 03.85.27.92.71.
Enfin, une réunion de présentation pour les chasseurs et agriculteurs sera organisée le 10 décembre 2021 à 14 heures !

« Sans fiche de déclaration de dégâts, le corbeau va perdre son classement Esod »

Pour renforcer la justification des arrêtés de classement des espèces en Esod (anciennement nuisibles), il est nécessaire de faire remonter à la Fédération des chasseurs, les fiches de dégâts occasionnés par les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (Esod) comme le blaireau ou le corbeau freux.
La FDC 71 rappelle l’importance de travailler ensemble avec les agriculteurs et les pêcheurs sur ce genre de sujets. Sans une remontée des dégâts à la FDC ou à la FDSEA, ces espèces pourraient perdre leur qualité d’Esod, voyant ainsi la population de ces espèces exploser. C’est ce qui est arrivé dans le département de l’Ain. Par manque de preuves et de remontées d’informations, le corbeau freux a été déclassé des Esod et ne peut plus être détruit. Vous pouvez retrouver ces fiches sur le site de la FDSEA dans la rubrique « Actualités ».