En assemblée générale le 10 décembre par visioconférence, la Commission nationale des agricultrices de la FNSEA (CNA) a débattu de nombreux sujets dont celui de l’égalité homme-femme, avec en toile de fond la question des quotas.

« Faire sauter le plafond de verre »

Comment attirer des jeunes femmes à l’agriculture ? Comment parvenir à concilier la vie de femme, de mère, d’agricultrice et de syndicaliste ? Que faire contre les violences conjugales ? Telles sont quelques-unes des nombreuses questions que les agricultrices de la CNA se sont posées.
Pour débattre de tous ces sujets, la présidente, Jacqueline Cottier, avait convié de prestigieuses invitées. Tout d’abord, la sénatrice Annick Billon, présidente de la Délégation aux droits des femmes et à l'égalité des chances. Le rapport de référence - « Être agricultrice en 2017*» - pointait des avancées notables et identifiait des défis importants à relever. « C’est toujours d’actualité », a-t-elle souligné.

Lutter contre les stéréotypes 

« Il est vrai que les agricultrices ont réalisé et réalisent toujours un travail considérable », a pour sa part affirmé Élisabeth Moreno, ministre déléguée à l’Égalité femmes-hommes. « Elles ont joué et jouent un rôle majeur dans la prospérité de notre pays », a-t-elle ajouté, rendant hommage à l’action de la FNSEA qui a « sorti les femmes de l’invisibilisation (sic) ». Dénonçant les inégalités subsistantes et appelant à lutter contre les stéréotypes qui constituent autant de freins sociaux, elle plaide pour un meilleur accès aux stages, au foncier, aux financements, aux moyens de production, afin d’accroître la viabilité des exploitations dirigées par les femmes. Faut-il pour cela mettre en place des quotas « pour faire sauter le plafond de verre ? », selon l’expression de Karen Serres, ancienne présidente de la CNA.

« Briser les autocensures » 

Dans ce domaine, les avis sont partagés. Pour Françoise Liébert haute fonctionnaire en charge de l’égalité des droits femmes-hommes au ministère de l’Agriculture, il existe une « utilité des quotas en première intention » pour en quelque sorte “amorcer la pompe”. Car « on ne peut pas compter que sur la bonne volonté de nos collègues masculins », a glissé Élisabeth Moreno. La présidente de la FNSEA, Christiane Lambert, acquiesce, reconnaissant que c’est parce qu’un poste de vice-président du CDJA du Cantal était statutairement réservé à une femme qu’elle a pu arriver à cette fonction. Mais comme beaucoup, elle n’est pas une « femme de quotas. Je crois plus au témoignage de ce qu’on est et de ce qu’on porte », à l’image d’une Jeannette Gros, première femme à être devenue présidente de la CCMSA. Il faut par conséquent « briser les autocensures », a ajouté Élisabeth Moreno ainsi que « donner une image positive de l’engagement et ne pas avoir peur de se jeter à l’eau », a conclu Christiane Lambert.