Les brèves du 18 septembre 2023

Mis en ligne par Cédric Michelin
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Voici les brèves du 18 septembre 2023

Les brèves du 18 septembre 2023

Céréales ukrainiennes : Bruxelles ne prolonge pas les restrictions aux importations

La Commission européenne a décidé le 15 septembre de ne pas prolonger les restrictions qu’elle imposait depuis le mois de mai aux importations de blé, maïs, colza et tournesol en provenance d’Ukraine dans les cinq pays limitrophes de l’UE (Pologne, Roumanie, Hongrie, Slovaquie et Bulgarie). Les distorsions de marché dans ces cinq États membres « ont disparu », affirme Bruxelles. En contrepartie, l’Ukraine s’est engagée à mettre en place à partir du 16 septembre des mesures efficaces pour contrôler les exportations des cultures concernées afin d’éviter toute distorsion du marché dans les États membres voisins. L’Ukraine soumettra aussi un plan d’action à la plateforme de coordination afin de pouvoir réagir à toute situation imprévue. Et elle a accepté d’introduire des mesures juridiques (par exemple, un système de licences d’exportation) dans un délai de 30 jours pour éviter des conséquences sur les prix des céréales. La Commission européenne promet de s’abstenir d’imposer de nouvelles restrictions « tant que les mesures prises par l’Ukraine seront en place et pleinement efficaces ». Le gouvernement polonais avait prévenu, le 12 septembre, que si les restrictions n’étaient par reconduites il les prolongerait unilatéralement sur son territoire. La Hongrie et la Slovaquie ont également prévenu qu’elles feraient de même. Le dossier sera au centre des discussions des ministres de l’Agriculture de l’UE qui se réunissent le 18 septembre à Bruxelles.

 

Blé : deux cargos naviguent vers les ports ukrainiens, une première depuis la fin de l’accord

L’Ukraine a annoncé samedi que deux cargos naviguaient actuellement en mer Noire en direction de ses ports, une première depuis la fin en juillet de l’accord céréalier avec la Russie qui permettait depuis l’été 2022 d’exporter les denrées ukrainiennes malgré l’invasion russe. « Les premiers navires civils empruntent le corridor temporaire pour rejoindre les ports ukrainiens », s’est félicité sur Facebook le ministre ukrainien des Infrastructures, Oleksandre Koubrakov. « Les cargos "Resilient Africa" et "Aroyat" ont confirmé qu’ils étaient prêts à emprunter la route vers le port de Tchornomorsk pour charger près de 20.000 tonnes de blé à destination de l’Afrique et de l’Asie », a-t-il ajouté dans son communiqué. Selon les informations qu’il a publiées, les deux cargos "battent pavillon de Palaos et leur équipage est composé de citoyens de Turquie, d’Azerbaïdjan, d’Égypte et d’Ukraine". Ce sont les premiers navires à naviguer en direction des ports du sud de l’Ukraine depuis mi-juillet, malgré la menace répétée de Moscou de prendre ses bateaux pour cibles.

 

UE/Mercosur : les membres du Mercosur ont envoyé leur contre-proposition à l’UE

Le Mercosur a adressé le 13 septembre sa contre-proposition répondant aux exigences environnementales mises sur la table par l’Union européenne en vue de finaliser leur accord commercial, selon une source du ministère brésilien des Affaires étrangères contactée par l’AFP. Les négociateurs européens attendent depuis mars cette réponse à leur protocole additionnel qui ajoute à l’accord politique conclu en 2019 des garanties environnementales pour répondre aux réserves exprimées par de nombreux pays membres de l’UE. « La réponse du Mercosur a été envoyée hier (mercredi) soir et il y a eu aujourd’hui une vidéoconférence entre les négociateurs des deux blocs pour faire avancer la discussion », a déclaré cette source. Elle n’a toutefois pas donné de détails sur le contenu de la réponse apportée. L’objectif de la Commission européenne est de finaliser ces négociations d’ici la fin de l’année.

 

Éthanol : Bruxelles lance une surveillance des importations qui s’envolent

La Commission européenne a lancé le 14 septembre des mesures de surveillance rétroactives sur les importations en forte hausse d’éthanol comme carburant en provenance de plusieurs pays tiers (Brésil, États-Unis, Royaume-Uni, Pérou, Pakistan). Selon Bruxelles, les importations de bioéthanol ont augmenté de 45 % entre 2021 et 2022. Une tendance qui s’est confirmée sur les cinq premiers mois de l’année (+43,5 % par rapport aux cinq premiers mois de l’année précédente). Au cours de cette période, les importations provenant des États-Unis ont augmenté de 96 % et celles du Brésil de 37 %, le marché de l’Union étant très attractif du fait de ses prix élevés. Il est « nécessaire de disposer rapidement des données sur les échanges commerciaux pour remédier à la vulnérabilité du marché de l’éthanol » de l’UE, indique la Commission européenne. L’association européenne des producteurs d’éthanol, ePURE, s’est félicitée de cette « nouvelle rassurante pour le secteur » qui aidera l’UE « à agir rapidement pour répondre à une menace de préjudice grave ».

 

Outre-mer : des soutiens agricoles « peu efficients » (Cour des comptes)

Dans un rapport paru le 15 septembre, la Cour des comptes estime que les soutiens publics à l’agriculture sont « peu efficients » en outre-mer, et « manquent dans l’ensemble de cohérence avec les principaux objectifs poursuivis, l’autonomie alimentaire et la transition agroécologique ». Elle remarque au préalable que les territoires où l’agriculture est la plus dynamique (Mayotte, Guyane) sont aussi ceux les moins aidés, la Martinique et la Guadeloupe concentrant chacune un quart des montants des subventions en raison de l’importance de la canne et de la banane, aidées dans une logique « compensatoire ». Les sages remarquent que l’objectif d’autonomie alimentaire fixé en 2009 reste « loin d’être atteint », et que les aides environnementales sont « très peu utilisées ». Les récentes annonces d’aides supplémentaires n’ont pas non plus permis de « mettre en œuvre une redistribution des aides entre les filières et les territoires, ni (de) définir des critères de performance conditionnant leur octroi ». La Cour fait deux propositions : « introduire une dégressivité des aides à l’agriculture ultra-marine par exploitation et les conditionner à un effort de diversification et au respect d’une démarche agroécologique » ; et « favoriser l’organisation des producteurs engagés dans une démarche de diversification en vue d’accroître l’autonomie alimentaire des régions et départements d’outre-mer ».

 

Outre-mer : la Cour des comptes continue de s’interroger sur l’utilité de l’Odeadom

Dans un nouveau rapport paru le 15 septembre sur l’Odeadom, la Cour des comptes estime que « le maintien d’un office agricole dédié à l’outre-mer n’apparaît pas plus évident en 2023 qu’il ne l’était en 2009 ». Installé en région parisienne, l’Odeadom met en œuvre, pour l’outre-mer, les missions normalement dévolues à FranceAgriMer. Pour les sages, « le maintien de l’Odeadom se justifie davantage par la portée symbolique qu’il représente pour les territoires et les élus d’outre-mer, que par une réelle nécessité. » Ils remarquent notamment que le gouvernement a du créer en 2020 un poste de délégué interministériel à l’agriculture des outre-mer (Ditaom) et que l’Odeadom a mis en œuvre une « démarche aboutie de mutualisation de ses fonctions support avec FranceAgriMer » ; deux faits qui « confirment l’absence de taille critique de l’établissement et la faiblesse de sa gouvernance ». Pour la Cour, l’argument « souvent avancé », de maintenir cet office « au motif qu’il constitue le seul espace de dialogue et de concertation entre l’État, les collectivités et les professionnels agricoles d’outre-mer reste peu convaincant ». Et de mettre en avant le travail des services déconcentrés de l’État et du Ditaom, qui « contribuent déjà activement à cette concertation, à une échelle locale, sans doute plus adaptée aux objectifs poursuivis d’autonomie et de souveraineté alimentaire ».

Tomate d’industrie : prévision de production en hausse, nouveau projet de développement

Après des déboires ces dernières années, les producteurs de tomates pour l’industrie s’attendent à des volumes en progression pour la prochaine campagne. « Nous tablons sur une augmentation de la production entre 30 000 et 50 000 tonnes sur 2024-2025, hors impact du climat », a confié André Bernard, président de Sonito (interprofession) à Agra Presse. La prévision pour cette année s’établirait à environ 160 000 tonnes, soit loin des 350 000 tonnes en 2020. C’est dans ce contexte que le projet Tommates (Techniques Outils et Méthanisation pour la Multiperformance Agricole des Territoires Et des Systèmes) a été présenté le 12 septembre. Lauréat en mai dans le cadre du programme France 2030, il vise à développer 10 sites de 1200 ha dans le sillon rhodanien pour saturer les outils de transformation actuels et couvrir 25 à 30 % des besoins nationaux. Ces sites allieront production de tomates, légumineuse alimentaire, culture de terroir (ail, céréales…), riz et CIVE méthanogènes, en rotation. Le projet prévoit en effet l’installation d’unités de méthanisation en proximité, permettant la production de gaz pour les usines de transformation et de digestat utilisé pour la fertilisation. L’objectif est d’installer dans un second temps une nouvelle unité de transformation sur la partie nord du territoire (Drôme).

 

Fruits et légumes : l’obtenteur espagnol Planasa racheté par l’allemand EW Group (presse)

La holding familiale allemande EW Group gmbH a signé un accord pour acquérir le groupe Planasa auprès de la société de capital-risque britannique Cinven et du family office espagnol Label Investment, rapporte le site espagnol Ecomercioagrario. Basé en Navarre, Planasa, présent dans 25 pays dont la France, est spécialiste dans l’obtention et la propagation de variétés de fruits rouges (myrtille, framboise, fraise, mûre). Le groupe est aussi présent sur les légumes (ail, asperge et avocat). EW Group assure 80 % de son chiffre d’affaires (3,1 milliards d’euros) avec l’élevage pour la filière œuf et l’industrie de la volaille. Il est aussi actif dans la production de médicaments vétérinaires et d’aliments pour animaux, la culture de champignons, le commerce agricole et le diagnostic en laboratoire. Son PDG, Dirk Wesjohann, explique : « L’acquisition de Planasa est une étape importante, car elle nous permet d’étendre stratégiquement nos activités d’amélioration génétique dans le domaine de la sélection végétale. Le marché mondial des fruits rouges est l’un des segments à la croissance la plus rapide du secteur des fruits et légumes ». Les détails financiers de l’acquisition n’ont pas été divulgués, mais notre confrère italien Corriere Ortofrutticolo croit savoir qu’elle se serait montée à 900 millions d’euros.

 

Fruits et légumes : la filière veut être éligible au Service national universel

Dans le cadre du Pacte et de la loi d’orientation agricole (LOA), l’interprofession fruits et légumes (Interfel) demande que les métiers de la filière soient éligibles au déploiement du Service national universel (SNU), a appris Agra Presse. Le SNU prévoit dans son dispositif des missions d’intérêt général d’une durée de 84 heures minimum (ou 12 jours consécutifs hors temps scolaire) réalisables dans des associations, des corps de métiers en uniforme (pompiers, gendarmes, etc.), des collectivités territoriales, des services publics… « Il s’agit pour nous de sensibiliser les jeunes Français aux différentes activités qui composent la filière, explique Laurent Grandin, président d’Interfel. Cela pourrait participer à terme à faire émerger une nouvelle génération d’arboriculteurs et de maraîchers et de faciliter la transmission des exploitations ». Sur un autre point, le président de l’interprofession se réjouit que la recherche appliquée soit clairement indiquée comme cible des financements concernant les alternatives aux pesticides : « En donnant des moyens à la filière pour anticiper dans le domaine phytosanitaire, on semble sur la bonne voie, se félicite Laurent Grandin. Cela devra permettre d’identifier par usage et non par molécule les solutions tout en suivant la revendication de la profession : pas de suppression sans solution ».

 

Sécheresse : le niveau des nappes phréatiques s’améliore, mais l’inquiétude demeure (BRGM)

Au 1er septembre, 62 % des niveaux des nappes phréatiques sont sous les normales mensuelles en août, dont 18 % à des niveaux très bas, a annoncé le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) le 14 septembre. Une situation légèrement meilleure qu’en juillet, où 72 % des nappes étaient à des niveaux insuffisants mais également par rapport à la même période l’année passée lorsque « 77 % d’entre elles se trouvaient sous les moyennes », comme l’a souligné le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu dans Libération le 13 septembre. Malgré cette amélioration, la situation reste toujours « inquiétante » sur le pourtour méditerranéen, le couloir Rhône Saône et le sud de l’Alsace avec des nappes sous les normales de saison, précise Violaine Bault, hydrogéologue au BRGM, à l’AFP. En cause, des pluies insuffisantes ou qui se sont peu infiltrées et surtout, un héritage de « plusieurs hivers déficitaires en précipitations » auxquels se sont ajoutées « d’importantes sollicitations des nappes » pour l’eau potable, l’irrigation ou le tourisme. En 2024, la situation « sera toujours probablement en tension » en raison de l’accumulation des déficits, sauf en cas de pluies particulièrement abondantes tout au long de l’automne et de l’hiver et même au printemps, conclut Mme Bault.

 

Ovins/climat : l’objectif du programme européen Life Green Sheep à portée de main (Idele)

Dans quelque 120 fermes ovines participant au programme européen Life Green Sheep, la réduction des émissions de gaz à effet de serre atteint 11 % en moyenne, soit quasiment l’objectif du projet (-12 % en 2025), d’après les premiers résultats présentés au salon Tech-Ovin les 6 et 7 septembre. Les leviers permettant d’atteindre ces résultats diffèrent selon l’orientation des productions. En ovins lait, les deux principaux leviers tiennent à la « gestion des surfaces » (implanter des légumineuses, optimiser la fertilisation minérale, etc.) et à l’alimentation du troupeau (optimiser la consommation de concentrés, augmenter la durée de pâturage, etc.). En production de viande, la réduction des émissions passe d’abord par la gestion du troupeau (amélioration de la conduite sanitaire et de la fertilité, etc.), puis par la « gestion des surfaces » (allonger la durée des prairies temporaires, optimiser la fertilisation, etc.). Ces leviers conduisent en parallèle à « un gain économique moyen de 20 euros par brebis », note Sindy Throude, de l’Institut de l’élevage, car ils « tiennent en premier lieu à l’optimisation du système ». Réduire l’empreinte carbone et améliorer les résultats économiques ne sont « pas du tout antinomiques », résume l’ingénieure.

 

Vin/transmission : en Champagne, les vignerons réclament un nouvel allègement fiscal

Si la loi de finances pour 2023 a renforcé l’avantage fiscal des baux à long terme pour la transmission de terres agricoles, le SGV (vignerons) de la Champagne a réclamé le 14 septembre d’« aller plus loin ». « On attend un nouveau pas en matière d’allègement de la fiscalité pour faciliter la transmission du foncier », a déclaré Pascal Bobillier-Monnot, directeur adjoint aux affaires politiques, visant la LOA (loi d’orientation et d’avenir agricoles), le PLF 2024. L’exonération de 75 % a été relevée l’an dernier jusqu’à 500 000 € de biens ruraux transmis, au lieu de 300 000 €. « Il faut aller plus loin », a insisté le président Maxime Toubart, lors de la traditionnelle Tournée vendange en présence d’élus. Le SGV demande un alignement sur le dispositif applicable aux transmissions d’entreprises (Pacte Dutreil), soit une exonération de 75 % sans plafond. Cette mesure fait partie des propositions d’Eric Girardin, dans un rapport d’avril 2022. Présent le 14 septembre à Chouilly, le député de la Marne a appelé à « libérer la transmission ». La « flambée » des prix de la vigne (« +20 % en dix ans » dans la Brie Champenoise) et une fiscalité « très forte » « affaiblissent le potentiel économique : des exploitations ne sont plus transmises », a-t-il considéré.

 

Haies : le Grand-Est rejoint l’appel de l’Afac et lance un appel à projets agroforesterie

La région Grand Est sera la cinquième région à signer « l’appel de la haie » Afac-Agroforesterie, a annoncé Pascale Gaillot, présidente de la commission environnement au conseil régional, lors d’un webinaire de l’association le 15 septembre. Cette campagne a déjà été signée en mai par les régions Bourgogne Franche Comté, Nouvelle-Aquitaine et Bretagne, et sera « prochainement » souscrite par la Normandie, a précisé l’Afac-Agroforesterie. Lancé en février 2023, cet appel vise à protéger les haies existantes et à doubler le linéaire d’ici 2050, pour démultiplier les services écosystémiques, en permettant aux agriculteurs et aux collectivités d’en tirer une rémunération (valorisation de la biomasse bocagère). Depuis, l’État s’est engagé dans le cadre de la planification écologique à planter 50 000km de haies d’ici 2030. La région Grand Est a par ailleurs lancé, le 7 août, un appel à projet pour accompagner les agriculteurs dans la plantation de haies et d’arbres intraparcellaires. Cela fait suite au succès du programme national Plantons des haies en 2021-2022 (dans le Plan de relance, NDLR) qui, dans la région, a permis de planter 1086 km de haies au lieu des 750 km escomptés.

 

GNR : des agriculteurs « labourent » une préfecture contre la hausse des taxes

Des agriculteurs ont « labouré » le 13 septembre la pelouse située devant la préfecture de Seine-Maritime, à Rouen, pour protester contre la hausse des taxes sur le gazole non routier (GNR). Il y avait « un double mot d’ordre » au rassemblement de la FDSEA et JA : « d’une part s’opposer au projet de suppression progressive de la niche fiscale sur le gazole non routier qui entraînerait mécaniquement une hausse de charges, d’autre part sur la volonté du ministère de l’Économie de rouvrir le chantier de la loi Egalim » visant à protéger les revenus des agriculteurs, a indiqué à l’AFP Simon Huet (FDSEA). Selon lui, depuis cette action, « le gouvernement a communiqué différemment sur le GNR : à l’horizon 2030, le reste à charge pour les agriculteurs serait à environ 20 euros de l’hectolitre contre environ 3,86 euros aujourd’hui ». Le 14 septembre, Marc Fesneau a déclaré sur LCP que ce n’était « pas la fin de la défiscalisation du GNR ». « Le GNR c’est 1,3 Mrd, il est proposé de réduire cette année de 5 %, c’est-à-dire de 70 M et ça retourne à l’agriculture », a détaillé le ministre. « L’objectif c’est qu’aucun agriculteur ne soit perdant et que l’argent lié à cette défiscalisation revienne à l’agriculture, pour aider à la transition », a-t-il ajouté.