Florence Vantard à Torpes
Florence Vantard vit de merveilleux moments avec ses comtois !

Marc Labille
-

Éleveuse de chevaux comtois en Bresse, Florence Vantard retournera à Paris six ans après sa première participation. Passionnée comme personne par ses chevaux, elle s’apprête à revivre une semaine intense à tout point de vue !

Florence Vantard vit de merveilleux moments avec ses comtois !
Lilly dans son confortable boxe où Florence Vantard la prépare patiemment à participer au concours général à Paris.

Six ans après sa première participation au salon de l’agriculture, Florence Vantard est à nouveau sélectionnée pour représenter la race comtoise. En 2018, c’était avec Flicka qu’elle était montée à Paris. Cette année, elle y emmènera Lilly. Florence Vantard est éleveuse de vaches laitières et de chevaux de trait à Torpes, à la frontière du Jura. Philippe son époux est en retraite depuis juillet dernier, mais l’exploitation poursuit son activité au nom de Florence qui continue de traire une quarantaine de montbéliardes. S’il n’accompagne pas souvent son épouse sur les concours, Philippe seconde depuis toujours Florence dans sa passion des chevaux. C’est lui qui a aménagé une confortable écurie pour les protégés de l’éleveuse et la ferme de polycultures-élevage fournit tout ce qu’il faut pour les comtois : foin, paille, pâtures…

Des chevaux bichonnés !

Florence s’est lancée dans l’élevage de chevaux comtois il y a 25 ans et c’est toujours le même enthousiasme qui l’anime. Elle possède aujourd’hui dix chevaux dont cinq poulinières qui lui donneront quatre poulains ce printemps. Attachée comme personne au bien-être de ses chevaux, Florence effectue chaque jour leur pansage avant la traite de ses vaches et le soir, elle va toujours voir ses chevaux avant d’aller se coucher ! L’hiver, les comtois restent bien au sec à l’écurie. Une caméra permet à Florence d’avoir à l’œil chaque animal depuis son smartphone. « Ils se couchent dans la paille toutes les nuits, ce qui pour un cheval, prouve qu’ils se sentent bien et sont en confiance », fait valoir l’éleveuse qui assiste à toutes les mises bas de ses poulinières. À l’approche du poulinage, elles sont équipées d’une ceinture qui émet un signal à distance lorsque la jument se couche pour mettre bas. « Mon secret, c’est d’observer mes chevaux pendant des heures. Il faut être patient et attentif. Mais cela me procure de merveilleux moments ».

L’importance du caractère

Florence fait en sorte d’accoupler ses juments avec les meilleurs étalons. L’objectif est de toujours améliorer la qualité de ses comtoises. Si la morphologie est un critère incontournable, Florence attache une très grande importance au caractère. « Comme je suis toute seule pour les manipuler, mes chevaux doivent m’obéir à la voix », explique l’éleveuse qui ajoute que, « comme ils sont très gâtés, je tiens en retour à ce qu’ils soient obéissants ». La docilité passe aussi par une manipulation quotidienne dès le plus jeune âge. Et Florence vend ses poulains « licolés, marchant à la longe. Ils ne sont pas tout à fait dressés, mais sociabilisés », explique-t-elle.

Lilly du Champ Duc

Lilly, la pouliche sélectionnée pour Paris « est née à la maison et elle y restera jusqu’à son dernier souffle ! », confie l’éleveuse. « À sa naissance, elle était une jolie petite pouliche. J’ai tout de suite senti qu’elle pourrait réussir en concours… ». Sans attendre, Florence s’est mise à s’occuper de sa protégée. « Un cheval, cela ne se prépare pas la veille ! », lance-t-elle. « Je la soigne, la bichonne tous les jours depuis qu’elle est née. J’ai passé des heures à lui tenir la gamelle de granulés au pré, par tous les temps, pour pas que sa mère lui mange ! À six mois, j’ai fait venir le maréchal-ferrant et Lilly savait déjà donner le pied… », raconte l’éleveuse.

La pouliche a immédiatement brillé dans les concours de modèles et allures. À 1 an, elle était championne jeune au concours départemental de Saint-Germain-du-Bois. L’année suivante en 2023, elle était à nouveau première au départemental et qualifiée pour le national de Maîche dans le Doubs. C’est là, en septembre dernier, qu’elle a été retenue pour le concours général à Paris.

Couleur bai crin noir

Lilly a la particularité d’avoir une robe de couleur bai, souligne Florence. Contrairement à l’image habituelle du comtois à la crinière « blonde » et au pelage « alezan crin lavé », Lilly a le corps foncé avec des crins bien noirs. « Au commencement de la race, il y a cent ans, les comtois étaient comme cela : bai avec le crin noir. Puis le blond est apparu et les éleveurs ont préféré cette couleur au point que le bai crin noir s’est perdu. Récemment, on a découvert que le gène qui donne le crin blond peut aussi transmettre une dégénérescence oculaire. Pour lutter contre cette tare génétique, la race a décidé de ramener du crin noir », explique Florence qui n’a pas tardé à introduire la couleur bai dans son élevage. Il faut dire qu’elle « affectionne particulièrement ces comtois bai ». Cette année, pour la première fois dans l’histoire de la race, il y aura trois brunes pour trois comtoises blondes à Paris ! Et Florence tiendra l’une des trois pouliches à la robe convoitée.

Solidarité féminine

Le concours comtois aura lieu le mercredi 28 février à 9h30. D’ici là, Florence continue la préparation de sa pouliche qui est chaussée de nouveaux fers et qui continue de recevoir, à heure fixe, sa ration de céréales, vitamines, oligo-éléments, lin…. De quoi la maintenir en pleine forme avec un joli poil brillant.

Florence sera aux côtés de Lilly pendant toute la durée du salon. Elle y va avec son ancienne salariée Laura, une jeune femme qui l’a beaucoup aidée sur les concours. Car dans un univers où les filles sont encore minoritaires, Florence et Laura se sont soutenues mutuellement face à un environnement pas toujours bienveillant… À Paris, les deux femmes seront bien occupées entre les soins aux chevaux et les présentations quotidiennes sur le ring. Florence et Laura revêtiront la tenue blanche de rigueur, avec cravate bleue obligatoire. Car les présentations de chevaux de trait constituent encore l’un des plus beaux spectacles que réserve de salon de l’agriculture.

Ambiance festive et produits du terroir chaque soir !

Tous les comtois en partance pour Paris seront rassemblés dans le Doubs le jeudi après-midi précédent l’ouverture du salon. En fin de journée, la race organisera une exposition des 12 chevaux qualifiés, lesquels seront inspectés une dernière fois. Cette présentation sera suivie d’un repas convivial tandis que débutera le chargement du convoi qui ralliera Paris dans la nuit. Dans un immense camion où seront installés les chevaux, on chargera aussi des tables, des chaises, des lits, de la vaisselle, de l’outillage, du fromage, des pommes de terre, des saucisses de Morteau, des boissons… : « de quoi vivre pendant une semaine ! », confie Florence Vantard. Vers minuit, le convoi se lancera à l’assaut de la capitale, suivi d’un bus embarquant éleveurs, accompagnants, responsables de la race… Après une nuit blanche, le convoi arrivera Porte de Versailles vers 6h du matin. Toute la journée du vendredi sera consacrée à l’installation des chevaux, à la décoration des stands, a l’aménagement des coulisses… Tout devant être prêt pour l’ouverture du salon le samedi matin. Durant une semaine, une partie du groupe vivra sur place, à proximité des chevaux. Chaque jour, tout ce petit monde sera debout à 6h pour nettoyer les boxes, panser et préparer les chevaux. Il en sera de même chaque soir. Dès que le salon fermera ses portes au public et que le travail sera terminé, les éleveurs se retrouveront entre eux pour une soirée conviviale. Chaque jour à tour de rôle, les races organisent en effet un dîner avec des produits du terroir. Les Comtois s’allient avec les Auxois pour une soirée aux saveurs de Bourgogne Franche-Comté.