POLITIQUE
ZFE : les conseils métropolitains en action

Poussée par les directives européennes, la France a, ces dernières années, accéléré le développement de zones à faibles émissions sur son territoire. Exemple avec les Métropoles de Lyon et Grenoble, parmi les plus actives en matière de préservation de la qualité de l’air.

ZFE : les conseils métropolitains en action
Jean-Charles Kohlhaas, vice-président du Grand Lyon délégué aux déplacements, aux intermodalités et à la logistique urbaine. ©Grand Lyon

Dans la métropole de Lyon, 60 % des déplacements motorisés concernent des distances de moins de trois kilomètres. Ce chiffre, comparable à ceux observés dans les principales métropoles françaises, témoigne d’une culture très ancrée de la voiture. Dans la région lyonnaise, une ZFE a été mise en place en 2019 pour les véhicules professionnels lourds et légers. Progressivement, les véhicules des usagers ont été concernés, ceux portant les vignettes Crit’Air 5 et 4 puis 3 ont été bannis de la circulation dans une zone géographique couvrant l’intérieur du périphérique lyonnais. « La ZFE ne concerne que les vignettes Crit’Air. Les mesures de voirie comme les limitations de vitesse n’ont rien à voir même si l’objectif est le même », explique Jean-Charles Kohlhaas, vice-président de la Métropole de Lyon, délégué aux déplacements, aux intermodalités et à la logistique urbaine.

Jusqu’à 6 000 euros d’aide à la conversion pour le Grand Lyon

Depuis 2020, une majorité emmenée par les Écologistes dirige la Métropole de Lyon. Bien décidés à aller plus loin que leurs prédécesseurs, les élus métropolitains ont fixé l’objectif de ne plus compter aucun véhicule Crit’Air 2 d’ici 2026. Mais avant, une extension géographique de la ZFE au-delà du périphérique lyonnais est envisagée dès 2023. Le débat qui est lancé depuis plusieurs mois inclut pouvoirs publics et acteurs du privé, et notamment le monde agricole. « Pour les professionnels qui travaillent sur les marchés ou qui ont besoin de circuler dans la ZEE pour se fournir, des dérogations qui peuvent porter sur plusieurs véhicules sont accordées. Ces dérogations sont temporaires, sur trois ans par exemple, le temps de changer son véhicule. Si on cumule les aides de la Métropole et de l’État, on arrive à une somme de 6 000 euros. Mais ne nous y trompons pas, l’instauration de la ZEE vise aussi à pousser ceux qui le peuvent à se passer de voiture. C’est pourquoi nous avons doublé les investissements dans les transports en commun avec l’objectif de diviser par deux le nombre de voitures circulant dans la métropole », poursuit Jean-Charles Kohlhaas.

Une « approche pragmatique » à Grenoble

Un peu plus au Sud à Grenoble, une première ZFE a aussi été mise en place en 2019 pour les poids lourds et les véhicules utilitaires légers sur un territoire couvrant vingt-sept communes. Mais dès 2023, une deuxième ZFE incluant tous les usagers sera mise en place dans un périmètre couvrant treize communes métropolitaines. Pourtant, la Métropole grenobloise revendique « une approche pragmatique et fait tout pour que la ZFE ne pèse pas trop sur l’activité », pour reprendre les mots de Cécile Cenatiempo, conseillère métropolitaine déléguée à la qualité de l’air. « Comme partout, des dérogations sont accordées aux agriculteurs ou aux marchands sédentaires. Au-delà des aides financières, nous fournissons aussi un accompagnement par un prestataire pour définir le projet de transition ». Si des chiffres précis n’ont pas encore été dévoilés, l’élue métropolitaine affirme que « les premiers résultats de la ZEE existante sur la qualité de l’air sont meilleurs qu’espérés ». De quoi prouver, d’après elle, « l’intérêt des ZFE pour les territoires très exposés à la pollution ».

Pierre Garcia