Station de Jalogny
Une très belle vente de taureaux charolais !

Marc Labille
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La dernière vente de la station de Jalogny est un succès. 88 % des veaux présentés ont trouvé preneurs au prix moyen de 3.582 €. Si les acheteurs des pays de l’Est étaient de retour, les éleveurs du berceau de race n’étaient pas en reste, confirmant leur intérêt grandissant pour ce mode de diffusion de la génétique charolaise.

Une très belle vente de taureaux charolais !
Rebours, l’animal le plus cher de la vente a été adjugé 7.050 € à un acheteur hongrois pris en charge par Simon Génétic. Né chez Dominique Compot dans la Nièvre, ce veau est un fils de Netbook, lui-même fils de Giono, sur une mère issue de l’élevage de Maurice Cloix, naisseur d’Artois.

Vendredi 18 février, la station charolaise de Jalogny a donné lieu à une très belle vente de reproducteurs. 69 des 78 veaux présentés ont trouvé preneurs à Charolles ce qui équivaut à 88 % d’animaux vendus. 66 mâles ont été adjugés aux enchères au prix moyen de 3.582 €. C’est plus de cent euros de mieux qu’en 2020 et 220 € de plus qu’en 2021 quand le Covid avait joué les trouble-fêtes. La vente de vendredi dernier marquait un retour à la normale tant dans sa configuration qu’en termes de commerce. Le contexte sanitaire a permis au GIE Synergie de réinvestir la halle de Charolles. Bien que réservé aux professionnels, l’évènement a ainsi pu retrouver toute sa convivialité.

Durant près de cinq heures, les enchères n’ont connu aucun temps mort et seuls neuf veaux n’ont pas trouvé preneurs de l’après-midi. Sans atteindre de records à cinq chiffres comme à Créancey une semaine plus tôt, la station de Jalogny a tout de même vu six de ses pensionnaires dépasser 5.000 € dont cinq à plus de 6.000 €. L’animal le plus cher a été adjugé 7.050 € et il rejoindra la Hongrie. Seulement 16 animaux sont partis à la mise à prix de 2.700 € et une majorité de veaux ont été adjugés entre 3.000 et 5.000 €.

Slovènes, Hongrois et Tchèques fidèles

Les acheteurs étrangers étaient de retour. 22 veaux ont été adjugés aux éleveurs slovènes, hongrois et tchèques. Fidèles à la station charolaise depuis de nombreuses années, les trois délégations étaient accompagnées par des partenaires du GIE : Simon Génétic pour les Hongrois, Sicarev pour les Slovènes et Feder pour les Tchèques. Ces derniers n’étaient pas présents sur place, mais ils ont acheté six veaux en ligne. Ce sont les Slovènes qui ont acheté le plus gros contingent avec un total de neuf animaux. Quant aux Hongrois, ils se sont portés acquéreurs de sept reproducteurs. Au chapitre international, un Polonais a tenté sa chance en ligne et un client luxembourgeois était également représenté.

Cette fidélité des étrangers confirme « l’intérêt qu’ils trouvent à la station de Jalogny », commentait le président du GIE Didier Giraud. De savoir que des élevages charolais progressent avec succès grâce à la génétique de la station saône-et-loirienne conforte son aura. Face à eux, « les éleveurs français savent s’organiser pour acquérir les têtes de lot à plusieurs », fait valoir le président. Cette année, l’entreprise de sélection Charolais Univers a acquis pour 6.500 € le seul homozygote sans corne de la vente, Ricardo PP, né chez Jean-Marc Lespinasse dans la Loire, relevait Didier Giraud.

Autre tendance observée par le président, un équilibre semble s’instaurer entre les produits issus de taureaux dits « de monte naturelle » et ceux issus d’insémination (entreprises de sélection). Cela se confirme dans les taureaux qui ont le vent en poupe tel Guetta (Gènes Diffusion) ou Ouistiti (Charolais Évaluation 71). « Sur-représentés dans l’offre, ils ont permis à des éleveurs d’acquérir de leurs produits à des tarifs accessibles », confie Didier Giraud.

21 veaux restent en Saône-et-Loire

Si les étrangers ont retenu l’attention, force est de constater cette année que près des deux tiers des veaux ont été achetés par des éleveurs français de onze départements différents. Vingt-et-un de ces veaux resteront en Saône-et-Loire ce qui est important, souligne le président qui fait valoir que plusieurs éleveurs sont venus acheter pour la première fois. Un signe qui ne trompe pas sur l’attrait grandissant de la station charolaise. De fait, plus d’une centaine d’acheteurs potentiels se sont saisis d’un boîtier électronique sur place. Les organisateurs avaient même prévu « des boîtiers volants » pour des éleveurs qui se sont décidés à acheter au cours de la vente. En parallèle, l’achat en ligne confirme son essor avec huit animaux adjugés par ce biais. Côtés vendeurs, Didier Giraud se félicite que plusieurs jeunes nouveaux apporteurs aient bien vendu pour leur première participation. « Avec un tel bilan, le recrutement pour la saison 2022-2023 est assuré ! », conclut avec enthousiasme le président du GIE Synergie.