Politique régionale
Soutenir et redynamiser les « centralités fragiles »

Françoise Thomas
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128 communes de Bourgogne Franche-Comté ont été répertoriées pour bénéficier de l’aide régionale "centralités rurales en région" (C2R), dont la mise en place devrait être effective dès l’automne prochain. Mais pour en bénéficier, encore faut-il que les élus des territoires en saisissent tous les contours. C’est le but de la tournée effectuée ces derniers jours par le vice-président régional à la cohésion du territoire. Pour la Saône-et-Loire, Éric Houlley s’est rendu à Tournus le jeudi 7 avril.

Soutenir et redynamiser les « centralités fragiles »
Éric Houlley, vice-président régional à la cohésion du territoire, de la politique de la ville, des ruralités, des parcs naturels et des contrats de plan a parcouru la région en quatre rendez-vous pour venir à la rencontre des élus des villes éligibles au dispositif « Centralités rurales en région ».

En soutenant la création de logement dans les centres-villes, en aidant à la réhabilitation ou à la reconversion des friches, ou en réaménageant une place de marché ou une halle aux grains, la Région entend avant tout « s’engager contre la déprise des territoires ». L’aide spécifique Centralités rurales en région, la C2R, est spécifiquement destinée aux villes de moins de 15.000 habitants, situées hors des grands pôles urbains et présentant des critères de fragilités : perte de services publics, perte d’emplois, paupérisation des logements…

Au niveau régional, 128 centralités rurales ont été identifiées (voir encadré sur les villes saône-et-loiriennes).

Ce soutien va souvent venir en plus du dispositif de l’État Petite ville de demain (PVD), « qui permet surtout de mobiliser des moyens en ingénierie », rappelle Éric Houlley, « C2R est moins basé sur l’ingénierie et a vraiment été conçu pour être complémentaire à PVD ».

Ainsi sur les 128 communes, 89 regroupent le double label PV-C2R.

Deux cas de figure

Il y a cependant deux cas de figure, détaille Éric Houlley « soit les villes ont déjà avancé sur leur projet de territoire et ont des idées bien précises », l’équipe de la direction des territoires interviendra alors en soutien pour peaufiner la hiérarchisation des projets au programme. Le soutien financier sera alors en plus de l’accompagnement en ingénierie et pourra monter jusqu’à 500.000 € (ou 50 % maximum des dépenses d’investissement).

Soit les communes « n’ont pas encore de stratégie de revitalisation et l’aide financera alors l’étude pour définir la stratégie globale plus un projet ». Dans ce cas de figure, l’aide maximale sera de 200.000 € (ou toujours 50 % maximum de l’investissement).

Le cœur de cité

La convention couvrant la période 2022-2026 devra être signée par la commune en question, par la Région et par l’intercommunalité. Un aspect qui laissait dubitatif plusieurs élus présents dans la salle : « ça va faire grincer des dents que ce soit uniquement le centre-ville de la commune centrale de la Comcom qui soit bénéficiaire », s’inquiétaient-ils. Ce à quoi Éric Houlley rétorquait que « sans centralité attractive et dynamique, la ruralité n’a pas d’avenir »…

Les élus des communes, des communautés de communes, les techniciens présents ont désormais jusqu’en juillet pour se pencher sur ce nouvel accompagnement et faire leur demande. Les équipes de la région ont bien rappelé qu’elles sont là pour les accompagner dès le départ, pour ne pas perdre de temps et cibler correctement les projets finançables par ce dispositif. Car c’est bien la revitalisation des centres bourg des communes rurales désignées qui est le cœur de cible de ce dispositif.

Quelles communes ?

Sur les 128 communes au niveau régional, 26 centralités rurales ont été répertoriées pour la Saône-et-Loire : Autun, Bourbon-Lancy, Buxy, Chagny, Charolles, Chauffailles, Cluny, Cuiseaux, Cuisery, Digoin, Épinac, Étang-sur-Arroux, Givry, Gueugnon, La Clayette, Louhans, Marcigny, Montchanin, Paray-le-Monial, Pierre-de-Bresse, Saint-Gengoux-le-National, Saint-Germain-du-bois, Saint-Léger-Sur-Dheune, Sennecey-le-Grand, Tournus, Verdun-sur-le-Doubs.