Grand Charolais
Une rencontre riche en échanges

Cédric MICHELIN
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Le 8 octobre, les élus de la CSEA et des JA sont allés à la rencontre des nouveaux élus de la communauté de communes du Grand Charolais afin d’échanger sur différents sujets d’actualité. L’accent a été mis sur la volonté d’intégrer la profession dans les sujets agricoles, celle-ci étant un véritable lien avec le terrain.

Une rencontre riche en échanges
Fabien Genet, président de la communauté de communes et nouvellement élu sénateur, était présent pour une des dernières réunions de son mandat.

La réunion s’est ouverte sur un discours de Denis Mathieu, président de la CSEA, rappelant le contexte général de l’agriculture (sécheresse, prix non rémunérateurs, population agricole vieillissante, agribashing, etc.). Ce discours synthétique des problématiques agricoles a été écouté avec attention par les personnes présentes.
En effet, la situation est inquiétante : « aujourd’hui, c’est un agriculteur sur deux qui a plus de 50 ans, et seul deux agriculteurs sur trois sont remplacés après une cessation d’activité. Nous avons une population agricole vieillissante », et les cours actuels de la viande n’encouragent pas les installations.
Malgré cela, on compte une dizaine installations par an sur le territoire du Grand Charolais (plus de 100 sur le département en 2019) avec des exploitations de plus en plus diversifiées. Cependant, il est aujourd’hui difficile de s’installer en exploitation individuelle au vu des investissements nécessaires.
L’enjeu est donc de transformer ces constats en actions dans les politiques locales pour redynamiser le secteur agricole et favoriser l’installation chez les jeunes.

S'impliquer dans les projets locaux

Plan climat-air-énergie territorial (PCAET), Plan alimentaire territorial (PAT), Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) : les projets en cours sur la communauté de communes sont nombreux. Si certains sont plus avancés que d’autres, il est nécessaire d’impliquer la profession dans les discussions. En effet, les agriculteurs ont une vision de terrain pragmatique, nécessaire à la réussite d’un projet.
Le PCAET est un bon exemple de concertation avec le monde agricole. Tout d’abord, le diagnostic agricole du PCAET a mis en évidence les émissions de carbone de l’élevage. La communauté de communes a voulu mettre en avant le stockage de carbone permis par l’agriculture plutôt que de la stigmatiser. Ce projet est l’occasion de promouvoir la multifonctionnalité de l’agriculture, en vue notamment de la rémunérer par les crédits carbone.
De plus, les agriculteurs ont été associés à l’élaboration du plan d’actions. Un groupe de travail au sein de la FDSEA a même été créé pour proposer des pistes d’actions pour la suite du projet. Ces réflexions portent à la fois sur les énergies renouvelables, la gestion de l’eau, ou encore les "bénéfices/risques" d’un éventuel classement du territoire à l’Unesco sur l’évolution de l’agriculture.

La gestion de l’eau

Après trois années de sécheresses, l’eau qui manque cruellement pour l’abreuvement des animaux, notamment ces derniers étés, a été au cœur des discussions. Malgré cela, les projets de retenues sont souvent déboutés. La lourdeur administrative et le faible nombre de projets acceptés chaque année freinent les agriculteurs dans leurs projets de retenues d'eau. « Il y a un manque d’information sur ce que l’on peut faire en termes de retenues, et on ne sait pas quels sont les freins qui bloquent ces projets ». Une réflexion va être menée sur la communauté de communes pour déterminer les solutions les plus adaptées au territoire en terme d’accompagnement.

Le deuxième point soulevé concernant la gestion de l’eau est celui de la gestion des crues du barrage de Villerest. En effet, après de fortes pluies, deux lâchés en novembre 2019 et juin 2020 ont provoqué une augmentation de la Loire de plusieurs mètres en quelques heures. Cette montée soudaine est dangereuse pour les troupeaux aux alentours, et provoque aussi des dégâts sur les parcelles culturales : « quelques centimètres plus haut, et mes cultures étaient inondées » alerte Julien Quelin. Ce genre de décision nécessite donc une discussion avec les agriculteurs, directement concernés par les lâchés.

PLUi, charte de bon voisinage…

Concernant le PLUi, celui-ci est seulement au stade du diagnostic agricole. Des entretiens sont organisés par la chambre d’agriculture sous forme de permanences par communes. Ces rencontres permettent notamment de prendre en compte les caractéristiques (parcelles, bâtis, logement, etc.) des exploitations dans le futur document d’urbanisme. Il est important de participer à ces enquêtes dès aujourd’hui.
Une charte de "bon voisinage" est aussi en projet. Des groupes de travail mélangeant riverains et agriculteurs seront formés prochainement pour réfléchir au contenu de cette charte.

Loïc Belin