Maraîchage
Des salariés heureux

Légumes de France a récemment publié une étude sur le ressenti des employés qui travaillent sous serre climatique. Une immense majorité d’entre eux sont satisfaits de leurs conditions de travail.

Des salariés heureux

Organisation du travail, outil de travail, épanouissement, bien-être au travail… C’est une longue et sérieuse enquête à laquelle Légumes de France s’est attelée pendant plusieurs semaines, entre décembre 2020 et avril 2021, sous l’œil attentif de son président, Jacques Rouchaussé. La volonté était de donner « la parole aux femmes et aux hommes qui, tous les jours, contribuent à la souveraineté alimentaire nationale », indique l’association spécialisée de la FNSEA. L’enquête s’est concentrée sur la culture sous serre pourvoyeuse de 10.000 emplois directs avec une moyenne de 5,36 équivalent temps plein (ETP) par hectare de serre.

Plaisir

Il ressort de cette étude une satisfaction générale des personnes interrogées qui déclarent à une grande majorité (67,9 %) « travailler entre cinq et huit heures par jour », quand le solde (32,1 %) certifie travailler plus de 8 h/jour. Ils sont un peu plus nombreux (77,4 %) à travailler entre trois et cinq jours par semaine. D’autres travaillent plus de cinq jours par semaine. Légumes de France explique ce phénomène par « le fonctionnement du régime d’astreinte où certains employés sont amenés à rester disponibles hors des temps de travail habituels en cas de problème au sein de la serre ». À la question « appréciez-vous le rythme saisonnier de votre métier ? », 85 % des sondés répondent par l’affirmative. « La grande majorité des employés sous serre prennent plaisir à voir évoluer leurs missions au fil du développement des plantes qu’ils cultivent », souligne l’étude. Il faut sans doute voir dans ces réponses un effet de proximité (93,3 % des sondés déclarent habiter à moins de 30 km de leur lieu de travail) et le fait que les salariés donnent un sens à leur métier : c’est un secteur qui embauche et qui est utile à la société, répondent une majorité de sondés qui travaillent (88,3 %) dans d’excellentes ou bonnes conditions de travail.

Fierté

L’ambiance y est aussi décrite « comme bonne et agréable » dans la majorité des réponses obtenues. La filière est par ailleurs perçue comme épanouissante « du fait des évolutions professionnelles qu’elle propose, notamment pour des individus non diplômés ou qui ne se destinaient pas à ce secteur d’activité au départ ». D’ailleurs, 77,4 % des sondés déclarent avoir évolué professionnellement depuis qu’ils ont commencé à travailler dans les serres et les ¾ ont reçu des formations.
Petit bémol, une majorité des personnes interrogées concède que le secteur « n’est pas valorisé, notamment par les médias et la société civile » car les deux  « ont souvent une vision biaisée de la filière », souligne l’étude. Enfin 92,3 % des sondés déclarent être fiers du travail accompli au quotidien grâce à une démarche d’amélioration continue qui suscite l’adhésion.

Le panel sondé

Le panel des personnes interviewées dans ces deux phases est représentatif

-    des principaux bassins de production : Bretagne, Pays de la Loire, Nouvelle Aquitaine, Occitanie.

-    des principales coopératives françaises : Savéol, Solarenn, Océane, Rougeline, etc.

-    des deux sexes (42,9 % de femmes et 57,1% d’hommes).

-    des âges : des employés de 24 à 60 ans ont été interviewés.

-    des différents métiers de la serre : chef d’équipe, chef de culture, ouvrier agricole, technicien phyto/responsable qualité, etc.