Inondations estivales
« Le climat a bon dos »

Cédric MICHELIN
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Vendredi 17 septembre à Montchanin-le-Haut, le conseil d’Administration de la FDSEA de Saône-et-Loire se réunissait pour faire notamment le point sur les conséquences des inondations de juillet et du gel d’avril.

« Le climat a bon dos »

« Je viens juste de ramener mes bêtes aux prés », expliquait Cédric Tissot, éleveur laitier à Baudrières. Deux mois se sont donc écoulés depuis les crues dramatiques de juillet. Des inondations historiques et inhabituelles à cette période estivale qui l’ont obligé à rentrer les bêtes en stabulation, les alimenter, alors que les prés de Saône-et-Loire étaient particulièrement verdoyants ailleurs. 30 ha de ses maïs étant également sous l’eau. Il n’est pas le seul, loin de là, dans cette situation. 10.000 ha de cultures et 5.000 ha de prés ont été sinistrés pendant une quinzaine de jours. « J’ai eu 35 ha de maïs inondés. Ils étaient assurés et je vais toucher entre 0 et 2.000 € avec mon assurance climat contre 65.000 € si je les avais récolté normalement cette année », explique Hélène Doussot, agricultrice à Gergy, qui ne décolère pas : « le climat a bon dos. Mais dans le Doubs, les inondations n’ont duré que deux jours. Les maïs s’en sont remis. Pour protéger Lyon et les villes, Voies navigables de France ne nous a pas autorisé à ouvrir les vannes pendant 15 jours alors que nous étions en pleine floraison. Résultat, on n’a pas une seule panouille dans ces parcelles », pointait-elle du doigt les conséquences et les véritables "coupables" de ses pertes économiques. Car ni l’un, ni l’autre, n’auront d’autre choix au final que « de broyer les maïs et laisser pourrir l’herbe fauchée. Même les méthaniseurs n’en veulent pas car il n’y a plus aucun pouvoir méthanogène. Les maïs sont noirs comme brulés ». Deux cris du cœur que la FDSEA relaie inlassablement auprès des pouvoirs publics et des élus.

Faire un bilan précis des dégâts

Mercredi, lors de la visite "vendanges" du préfet, Julien Charles et du DDT, Jean-Pierre Goron, Christian Bajard leur a rappelé les revendications de la profession : « comme pour les viticulteurs qui ont gelé, les victimes des inondations doivent avoir un fonds de calamité spécial ». Le travail se poursuit donc pour chiffrer précisément les pertes. En attendant, de premières mesures "classiques" ont été annoncées comme une prise en charge des cotisations MSA jusqu’à 5.000 € ou un dégrèvement de TFNB. D’autres mesures d’accompagnement ou aides sont en négociation du côté du Département et de la Région notamment. « Si on ne met pas la pression, on n’aura rien », insiste Christian Bajard qui craint que cette catstrophe ne fasse les frais d’un événement « qui n’a pas touché toute la France », donc moins porteur d’émotions dans les médias… et les aides publiques.
Le président de la FDSEA de Saône-et-Loire n’oublie pas non plus les revendications à long terme pour tenter d’éviter que ce drame ne se reproduise. La profession a déjà demandé des réunions avec les services du préfet « pour la partie entretien des digues, les trois hauteurs différentes de digues sur le secteur ou encore les biefs qui ne sont pas curés », phénomènes qui ont retardé l’évacuation de l’eau provoquant encore plus de dégâts aux cultures.

Réforme de la gestion des risques ?

Revenant d’un autre conseil d’administration, celui de la FNSEA, dédié à la gestion des risques, Luc Jeannin a alerté le national sur ce dossier et Joël Limouzin suit personnellement ce dossier. Aux Terres de Jim, le Président de la République a annoncé une réforme « ambitieuse de la gestion des risques », résume le vice-président de la FDSEA. Pour Luc Jeannin, la nouvelle mouture devrait associer « État, assurances, réassureurs, agriculteurs… le tout avec un financement de l’État ». L’État semble enfin reconnaître que l’agriculture est la première victime du changement climatique et que notre société ne « peut laisser les agriculteurs seuls » s’il veut garantir la sécurité alimentaire de la France à l'avenir. Reste de nombreux points d’ombre à éclaircir encore à ce stade sur ce nouveau dispositif, « notamment les seuils de déclenchement ». Le congrès de la FNSEA - qui se tient cette semaine - devrait aboutir à des propositions concrètes à ce sujet.

« On ne mesure pas notre capacité à réunir »

Pour les JA de Saône-et-Loire, Thibault Renaud – organisateur local des Terres de Jade, la fête de l’agriculture qui s’est tenue les 4, 5 et 6 septembre à Bourbon-Lancy – remerciait tous les soutiens, partenaires, exposants et bénévoles. « On a fait 8.000 entrées, servi près de 3.000 repas, on a eu plus de 1.000 personnes au bal… et on a passé 139 fûts de bière ! », preuve que le succès est total. Au-delà de cette fête, le pique-nique des Anciens exploitants le lendemain a également profité des conditions idéales du site. Mission première des JA, le lundi toujours, le premier rallye des OPA a « validé le concept » avec une soixantaine d’élèves de lycées qui sont venus se renseigner sur le parcours à l’installation auprès des organisations professionnelles agricoles (OPA) « en ce jour de rentrée » pourtant. Ce qui faisait dire à Marie-Odile Morin, de la section des Anciens, « le lundi, à la mairie de Bourbon, mes collègues nous félicitaient. On ne mesure pas toujours la capacité de la FDSEA et des JA à réunir des milliers de personnes au milieu d’un champs alors que tant d’associations peinent à attirer ».