EXCLU WEB : L’agriculture en appui des collectivités locales

En marge du 103e congrès de l’Association des maires de France (AMF), le Salon des maires et des collectivités locales organisait de nombreuses conférences sur la transition agricole et environnementale. Parmi elles, celle des Chambres d’Agriculture France (APCA) sur le thème : « Bien manger, c’est l’affaire de tous ». 

EXCLU WEB : L’agriculture en appui des collectivités locales

Comment rendre accessible l’offre alimentaire locale ? Quels sont les premiers retours d’expérience des projets alimentaires territoriaux ? Quel approvisionnement en restauration scolaire ? Telles sont quelques-unes des questions auxquelles les Chambres d’Agriculture France (APCA) ont tenté de répondre le 17 novembre au Parc des Expositions de Paris. Tout l’enjeu est d’accompagner les collectivités locales pour leur permettre de respecter leurs obligations légales inscrites dans la loi Egalim. 

Chacun y trouve son intérêt

En effet, celle-ci, votée en 2018, prévoit, qu’à compter du 1er janvier 2022, la restauration collective, notamment celle des cantines scolaires, sous la responsabilité des municipalités, devront atteindre un taux d’approvisionnement de 50 % de produits durables et de qualité, dont 20 % de produits issus de l’agriculture biologique. « Ces objectifs sont déjà atteints », a assuré Aurélie Prohin, conseillère municipale à la restauration scolaire de la ville de Nîmes. La ville qui collecte plus de 30 % de produits bio depuis 2009, réalise l’objectif des 50 % de produits de qualité depuis 2019. Surtout, la stratégie développée vise à ce que les agriculteurs s’y retrouvent financièrement. La Chambre d’agriculture du Gard a ainsi joué les intermédiaires entre la collectivité, les sociétés de restauration et les agriculteurs. « Nous ne sommes sortis de la réunion que lorsque tout le monde s’est mis d’accord sur la qualité, le prix et le volume par produit à fournir », a certifié Jérôme Papaïx, conseiller promotion et projets commerciaux à la Chambre d’agriculture du Gard. « La ville joue le rôle de contrôleur », a ajouté Aurélie Prohin. Chacun semble y trouver son intérêt, y compris les élèves sensibilisés à la lutte contre le gaspillage. Ils sont « 90 % à déclarer aimer les produits qu’ils consomment à la cantine », a-t-elle dit. Les menus ont d’ailleurs été réécrits et le calendrier des productions adapté en lien avec la Chambre d’agriculture. « On a par exemple pris des plants d’abricots plus précoces pour que les écoliers puissent savourer des abricots de la fin mai à la fin juin », a souligné Jérôme Papaïx qui a accompagné les agriculteurs dans cet ajustement calendaire.

Créer de la valeur agricole

Pour que le territoire puisse être animé et attractif, les collectivités et les Chambres d’agriculture travaillent à la mise en place des Projets alimentaires territoriaux (PAT – lire encadré) « avec l’objectif d’avoir une visibilité sur l’approvisionnement et les marchés, pour répondre aux attentes sociétales mais également pour préserver l’agriculture locale, notamment par l’installation des jeunes », a affirmé Magali Saumade, présidente de la Chambre d’agriculture du Gard et référente restauration collective pour les Chambres d’agriculture. Ces PAT peuvent s’appuyer sur les marchés locaux fermiers et de producteurs de pays, diurnes ou nocturnes, dont certains font recette comme celui de Beynat (Corrèze) qui fait des émules. Drainant autant de visiteurs que d’habitants, il entraîne aussi dans son sillage des artisans et « irrigue au-delà du département », a soutenu Jean-Michel Monteil, maire de la commune. Ces PAT sont aussi l’occasion de « créer de la valeur agricole et de développer des filières », ont tour à tour souligné Didier Klein, maire de Taillecourt  (Doubs) et Jean-Marie Lenfant, président de Bienvenue à la Ferme.

Quelques chiffres clés sur les PAT :

-        191 PAT en France au 31 décembre 202

-        86 nouveaux projets ont répondu à l’appel à projets pour 2021

-        Objectif : atteindre un PAT par département en 2023

-        37 % des Français considèrent la proximité comme le 1er facteur de durabilité de l’alimentation (source Credoc 2018)

-        65 % des PAT sont accompagnés par les Chambres d’agriculture dont 35 % sont co-pilotés par les Chambres d’agriculture