EXCLU WEB / Présidentielle : les attentes des syndicats pour le second quinquennat Macron

Agra Presse
-

Tour d’horizon des réactions des syndicats agricoles à la réélection d’Emmanuel Macron à l’Élysée, le 24 avril avec 58,5 %. Ses deux chantiers prioritaires pour l’agriculture sont déjà connus : le chèque alimentation et la loi d’orientation sur le renouvellement des générations d’agriculteurs. Quant aux ONG environnementales, elles restent sceptiques.

EXCLU WEB / Présidentielle : les attentes des syndicats pour le second quinquennat Macron

« Le choix d’une France forte, portant une ambition pour l’Union européenne a prévalu et nous nous en félicitons », salue la FNSEA dans un communiqué le 25 avril après la réélection d’Emmanuel Macron. Le chef de l’État a été reconduit avec 58,54 % des voix face à Marine Le Pen, qui progresse de plus de sept points depuis 2017, à 41,46 % (résultats provisoires au 25 avril). Le président sortant émerge vainqueur d’une campagne marquée par les « fractures profondes » qui traversent l’Hexagone, analyse la FNSEA. Des inégalités – et notamment celle de « la fracture de la ruralité » – qui « appellent des réponses vigoureuses » aux yeux du syndicat majoritaire. « Malgré l’abstention, la démocratie, notre bien le plus précieux, s’est exprimée », a souligné sur Twitter le président de La Coopération agricole, Dominique Chargé.

« La souveraineté alimentaire est le cap », insiste la FNSEA

Sur le plan purement agricole, la FNSEA rappelle ses trente propositions formulées lors de la campagne électorale et demande à M. Macron d’en « confier » la mise en œuvre au « prochain ministre de plein exercice en charge de l’agriculture et de l’alimentation ». Pour le syndicat majoritaire, le prochain locataire de la Rue de Varenne devra aussi « peser auprès de l’Union européenne pour remettre sur la table des discussions du pacte vert européen l’objectif de production durable ». « Pour l’agriculture, la souveraineté alimentaire est le cap » du nouveau quinquennat, a lancé sur Twitter Christiane Lambert, la présidente de la FNSEA.
Quant aux Jeunes Agriculteurs, ils insistent dans un communiqué du 25 avril sur la loi d’orientation promise par M. Macron, qui devra à leur sens comporter « cinq axes » : promotion du métier ; formation ; point d’entrée unique pour l’installation ; accompagnement transmission ; et foncier (accès et lutte contre l’artificialisation).

La CR demande « une écologie pragmatique et non idéologique »

Contacté par Agra Presse, le président de la Coordination rurale Bernard Lannes souhaite que le nouveau quinquennat privilégie la « souveraineté alimentaire, par la production agricole et la relocalisation d’intrants » (engrais notamment). Autre orientation pour le président de la CR, qui n’a « appelé à voter pour personne » et se dit « européen convaincu » : une « écologie pragmatique et non idéologique ». Le syndicat minoritaire approuve les deux chantiers prioritaires affichés par l’Élysée pour ce nouveau mandat : la mise en place du chèque alimentation et la loi d’orientation sur le renouvellement des générations d’agriculteurs. Et M. Lannes de saluer Julien Denormandie, « le meilleur ministre de l’Agriculture que l’on ait eu depuis longtemps », pour « oser défendre l’agriculture et les agriculteurs ».

La Conf’ soulagée, mais « mobilisée dès le 1er mai »

Les syndicats agricoles classés à gauche, eux, affichent leur soulagement de voir Marine Le Pen échouer à nouveau aux portes de l’Élysée : « Nous évitons le pire ce soir », a ainsi soufflé le porte-parole de la Confédération paysanne, Nicolas Girod, le 24 avril sur Twitter. Juste avant de prévenir : « Dès le 1er mai nous serons dans la rue avec les forces écologiques et sociales pour que ce quinquennat ne soit pas encore celui des reculs. » « Le bilan agricole du précédent quinquennat est catastrophique », assène la Conf' dans un communiqué du 25 avril, estimant que « la cogestion gouvernement-FNSEA [a été] portée à son paroxysme » lors de la mandature qui s’achève. Le Modef, qui avait aussi appelé à « faire barrage à l’extrême droite », refuse de donner son « blanc-seing » à M. Macron. Dans un entretien à Agra Presse, son président Pierre Thomas propose de « relancer la mécanique autour de l’installation et de l’enseignement agricole », sans oublier « le contexte du réchauffement climatique et des attentes sociétales pour une agriculture plus verte ».

Des ONG peu crédules quant au virage écologique d’Emmanuel Macron

Alors qu’Emmanuel Macron a annoncé, entre les deux tours de l’élection présidentielle, vouloir nommer un Premier ministre en charge de la « planification écologique », les principales ONG de protection de l’environnement restent sceptiques. Le futur locataire de Matignon devra avoir « un poids politique important avec la volonté de faire respecter et renforcer le droit de l’environnement », revendique France nature environnement (FNE) dans un communiqué le 25 avril. Le réseau d’associations – qui demande une « grande loi de santé environnementale » en début de quinquennat – rappelle avoir « souligné de grandes lacunes dans le volet environnemental du programme du candidat Macron ». « Nous sommes lucides sur son bilan, mais pas découragés et toujours ouverts au dialogue », réagit le président de FNE Arnaud Schwartz, cité dans le communiqué. De son côté, dans une série de tweets, Greenpeace France estime qu’« au regard du bilan et programme d’E. Macron, il y a de quoi être pessimiste quant à sa volonté de mener des réformes en profondeur face au péril climatique et à l’effondrement de la biodiversité ». Même son de cloche chez les Amis de la Terre, pour qui « les cinq prochaines années sont la promesse de sabotages climatiques, de violences sociales et d’impunité des puissants ».