Accès au contenu
Agrioccasions, les occasions agricoles
WinePilot et l’autodiagnostic développement durable

Deux outils pour piloter la durabilité

La filière viticole bourguignonne avance concrètement vers la neutralité carbone. Lors d’une présentation organisée dans le cadre de son plan de filière à l’horizon 2035, Perrine Billaud et Mathieu Oudot (Comité Bourgogne) ont détaillé deux outils désormais à disposition des exploitations : l’autodiagnostic développement durable et WinePilot. Objectif : aider les domaines à se situer et à bâtir leur feuille de route environnementale, de façon simple, gratuite et adaptée aux réalités du vignoble.

Par Cédric Michelin

L’autodiagnostic développement durable est un questionnaire d’autoévaluation couvrant les piliers environnementaux, sociaux, économiques et agronomiques. « L’idée est de savoir où en est l’entreprise sur ces sujets, d’identifier ses points forts et ses axes de progrès », résume Perrine Billaud. L’outil génère un radar synthétique, permettant de visualiser ses résultats et de se comparer à un panel régional. Réalisé en une à deux heures, il permet d’ouvrir la réflexion, souvent avec l’appui d’un étudiant ou d’un apprenti. « C’est une bonne entrée en matière pour enclencher une dynamique d’amélioration », ajoute-t-elle.

WinePilot : mesurer et agir sur le carbone

Complémentaire, WinePilot s’intéresse uniquement à la dimension carbone. Développé par la société FoodPilot et coporté par l’interprofession, il calcule les émissions sur l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production à la commercialisation. « Ce n’est pas un bilan carbone, mais un outil de sensibilisation et d’action », précise Mathieu Oudot.

Accessible gratuitement depuis l’extranet du BIVB, le questionnaire – semi-spécifique à la viticulture – nécessite entre deux heures et une journée selon la taille de la structure. Il intègre toutes les sources d’émissions : intrants, énergie, déplacements, emballages, transport des vins… Il permet aussi d’estimer la séquestration potentielle du carbone, un aspect souvent méconnu. La plateforme restitue les résultats sous forme de graphiques dynamiques et offre la possibilité d’élaborer un plan d’action personnalisé : allègement des bouteilles, évolution des pratiques culturales, choix logistiques, etc. « L’intérêt est de pouvoir simuler ses gains carbone à horizon 2030 et de bâtir sa propre trajectoire », souligne l’expert. À Beaune, dans l’amphithéâtre du lycée rempli d’étudiants de la Viti, Hélène Sarkis, viticultrice à Givry, témoigne : « J’ai d’abord trouvé WinePilot léger, mais en deux ans, l’évolution est extraordinaire. C’est un outil gratuit, suffisamment précis pour nos structures, sans être une usine à gaz ». Elle insiste sur la nécessité de structurer la donnée avant : « Les étudiants peuvent vraiment aider les domaines à collecter ces informations, c’est un vrai service rendu. »

Ces données individuelles alimentent également le bilan carbone de la filière et surtout de la Bourgogne viticole. « Nous avons bâti notre plan de décarbonation sur la base des données 2019 ; leur mise à jour avec WinePilot rend le diagnostic beaucoup plus représentatif de la réalité bourguignonne », explique Mathieu Oudot. Ce retour d’expérience est essentiel pour cibler les priorités et valoriser les progrès collectifs. « L’enjeu, conclut-il, c’est d’aller chercher ces petites victoires qui rapprochent la filière de l’ambition Bourgogne Neutralité 2035. »