Légumes de France
Chasse aux importations dans 100 supermarchés franciliens
Prix, origine, qualité... Légumes de France a inspecté les étals d’une
centaine de magasins. Bilan, pour Angélique Delahaye, présidente de Légumes de France : « en pleine saison de production
française, la grande distribution s’ingénie à importer des légumes pour
peser sur les prix ».
centaine de magasins. Bilan, pour Angélique Delahaye, présidente de Légumes de France : « en pleine saison de production
française, la grande distribution s’ingénie à importer des légumes pour
peser sur les prix ».
Ce 28 avril, les maraîchers ne chassaient pas les œufs en chocolat... mais les légumes importés ! Les administrateurs de Légumes de France ont effectué des « visites de courtoisie » dans une centaine de supermarchés parisiens et franciliens. Ils y ont relevé à l’improviste les prix, la qualité et l’origine des produits présentés sur les étals. Une action qui a permis de lever un peu le voile sur les pratiques floues des distributeurs.
« Trois enseignes ne jouent clairement pas le jeu [de la production française] : Carrefour Market, Lidl et ED », constate-t-on à Légumes de France. Comme le rappelle Angélique Delahaye, « quelques palettes peuvent suffire à casser les prix ». Une pratique constatée sur le terrain. « Pour nous référencer, les centrales d’achat nous demandent d’être moins chers que les Espagnols », raconte Roger Choix, arboriculteur en Haute-Corse.
Plus de marge sur les tomates françaises !
En s’invitant sur le terrain de la grande distribution, les syndicalistes ont eu droit à quelques surprises. Dans un magasin parisien franchisé (Franprix), Christophe Rousse, producteur breton de tomates, a découvert que « le distributeur faisait plus de marge sur les produits français que sur les produits importés ». Le responsable du rayon fruits et légumes lui a montré ses factures. Il achète les tomates belges 2,05 euros le kilo à la centrale d’achat et les revend 2,99 euros. Quant aux tomates françaises, achetées 2,4 euros, elles se retrouvent à 4 euros sur l’étal. Un handicap supplémentaire pour la production française, volontairement construit par les centrales d’achat... parfois même au détriment de leurs vendeurs ! « Je ne peux même pas décider de mes prix », explique ainsi ce chef de rayon.
Autre enseignement : le "panier des essentiels" lancé par le gouvernement début avril « est un autre moyen de mettre la pression sur les producteurs », regrette Angélique Delahaye. Les producteurs ont ainsi vu des concombres de calibre important vendus 75 centimes pièce. « Ce qui veut dire qu’ils sont payés aux producteurs 40 centimes », calcule Angélique Delahaye. Leur prix de revient ? Plus de 50 centimes.
Après cette action syndicale, la présidente de Légumes de France demande aux distributeurs de « s’engager à mettre en avant l’origine France à un prix rémunérateur pour les agriculteurs ». Une chose est sûre : dans les prochaines semaines, les producteurs s’inviteront de nouveau dans les rayons des supermarchés.
Contractualisation : le gouvernement doit « revoir sa copie »
« Trois enseignes ne jouent clairement pas le jeu [de la production française] : Carrefour Market, Lidl et ED », constate-t-on à Légumes de France. Comme le rappelle Angélique Delahaye, « quelques palettes peuvent suffire à casser les prix ». Une pratique constatée sur le terrain. « Pour nous référencer, les centrales d’achat nous demandent d’être moins chers que les Espagnols », raconte Roger Choix, arboriculteur en Haute-Corse.
Plus de marge sur les tomates françaises !
En s’invitant sur le terrain de la grande distribution, les syndicalistes ont eu droit à quelques surprises. Dans un magasin parisien franchisé (Franprix), Christophe Rousse, producteur breton de tomates, a découvert que « le distributeur faisait plus de marge sur les produits français que sur les produits importés ». Le responsable du rayon fruits et légumes lui a montré ses factures. Il achète les tomates belges 2,05 euros le kilo à la centrale d’achat et les revend 2,99 euros. Quant aux tomates françaises, achetées 2,4 euros, elles se retrouvent à 4 euros sur l’étal. Un handicap supplémentaire pour la production française, volontairement construit par les centrales d’achat... parfois même au détriment de leurs vendeurs ! « Je ne peux même pas décider de mes prix », explique ainsi ce chef de rayon.
Autre enseignement : le "panier des essentiels" lancé par le gouvernement début avril « est un autre moyen de mettre la pression sur les producteurs », regrette Angélique Delahaye. Les producteurs ont ainsi vu des concombres de calibre important vendus 75 centimes pièce. « Ce qui veut dire qu’ils sont payés aux producteurs 40 centimes », calcule Angélique Delahaye. Leur prix de revient ? Plus de 50 centimes.
Après cette action syndicale, la présidente de Légumes de France demande aux distributeurs de « s’engager à mettre en avant l’origine France à un prix rémunérateur pour les agriculteurs ». Une chose est sûre : dans les prochaines semaines, les producteurs s’inviteront de nouveau dans les rayons des supermarchés.
Contractualisation : le gouvernement doit « revoir sa copie »
Pour Angélique Delahaye, présidente de Légumes de France, le décret sur la contractualisation en fruits et légumes doit être revu. Alors que cet outil devait redonner du pouvoir aux producteurs, il est devenu « une arme de plus pour appuyer sur la tête des producteurs », s’alarme-t-elle. « La contractualisation est inapplicable car elle ne concerne pas tous les maillons de la filière. Les grossistes sont tenus de proposer des contrats aux agriculteurs, mais pas aux coopératives et aux importateurs ».