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Gaec de Bucheleur à Saint-Eugène

Des courants parasites dans l’eau d’abreuvement

Sur son site de Saint-Eugène, le Gaec de Bucheleur a vu les performances de ses animaux pénalisées par un problème d’abreuvement. La cause en était des courants parasites dans l’eau.

Des courants parasites dans l’eau d’abreuvement
« Sans l’intervention du GDS, nous n’aurions jamais trouvé l’origine du problème et nous n’y aurions jamais pensé », confie Christophe Briet.

Le Gaec de Bucheleur réunit Thierry, Christophe et Nicolas Briet. Fils de Thierry, ce dernier vient de succéder à son oncle Serge parti en retraite en fin d’année. L’exploitation totalise 260 vêlages charolais et 150 brebis sur deux sites principaux à Cuzy et Saint-Eugène. Le cheptel de vaches se partage à parts égales entre les deux. Sur le site de Saint-Eugène où réside Christophe, le Gaec avait construit une série de tunnels pour abriter les vaches. À l’époque le propriétaire ne souhaitait pas de construction en dur, remémore Christophe. Mais depuis, trois bâtiments ont vu le jour dont deux abritent des bovins sur aire paillée. Il s’agit de constructions qui hébergent des toitures photovoltaïques. Ce partenariat avec un producteur d’électricité solaire a permis aux associés de s’équiper de bâtiments pour moitié moins cher, confie Christophe. Sous sa couverture photovoltaïque, la stabulation construite en 2024-2025 mesure 42 m de long par 17,85 m et abrite deux cases de 24 places de vaches suitées ainsi que des cases à veaux et boxes de vêlage.

Les vaches ne mangeaient pas…

C’est avec l’intervention d’un nouveau technico-commercial pour le calcul des rations qu’un problème d’alimentation et de performances des animaux a été mis au jour. Les vaches n’ingéraient pas la quantité d’alimentation escomptée : « elles ne mangeaient pas du tout ! », rapporte même Christophe. Le problème était en fait antérieur au changement de ration. Depuis plusieurs années, les associés avaient constaté que les veaux nés à Saint-Eugène avaient de moins bons GMQ que ceux nés à Cuzy. Les vaches de Saint-Eugène étaient plus maigres. Leurs performances n’étaient pas à la hauteur de leur potentiel génétique. « Pour expliquer cette différence entre les deux sites, nous avions toujours une bonne excuse : sécheresse, qualité des fourrages, parasitisme, etc. », confie Christophe.

Parce qu’elles ne buvaient pas assez

Mais lorsque Ludivine Perrachon du GDS 71 est venue lancer des investigations, c’est la piste de l’abreuvement qui s’est imposée. Sur les conseils de la technicienne, Christophe a posé des compteurs d’eau volumétrique sur les abreuvoirs dans les cases d’animaux. Au bout d’une semaine de mesure, il s’est avéré que la consommation moyenne des vaches allaitantes n’était que de 27 litres par jour. Elle aurait dû être au moins du double. Les vaches ne buvaient pas suffisamment et c’est la présence de courants électriques résiduels dans l’eau qui en était responsable. Ces courants ont été décelés par un électricien et confirmés par Ludivine Perrachon. Un problème de prise de terre au niveau des bâtiments photovoltaïques a d’abord été soupçonné. Mais tout était conforme de ce côté-là, a vérifié la technicienne du GDS. Cette dernière a alors suggéré à Christophe de faire appel à un géobiologue.

L’explication est venue d’un géobiologue

Le diagnostic réalisé par cet intervenant a révélé la présence de courants résiduels ou parasites à de nombreux endroits de l’exploitation, rapporte Christophe. Ces courants perçus par les vaches à travers l’eau, ne disparaissaient pas lorsque l’éleveur a tenté de débrancher toute la tuyauterie des installations. Pour le géobiologue, l’explication en était la présence d’une « faille » qui transmettait des courants résiduels émis depuis une ligne haute tension se trouvant à plusieurs centaines de mètres du site. Or vers 2015, l’éleveur avait fait installer un chauffage par géothermie pour sa maison d’habitation. Il en avait profité pour enterrer une cuve en béton de 5.000 litres, remplie par des eaux souterraines, pour alimenter l’exploitation en eau. Mais cette cuve a été implantée sur la fameuse faille et les courants parasites se sont propagés à l’eau d’abreuvement.

De 27 à 93 litres par jour !

La solution préconisée par le géobiologue était de disposer des gros cailloux à des endroits spécifiques pour neutraliser ces courants parasites. Des blocs de granite ont ainsi été enterrés dans le terrain sous les consignes de l’expert. Parallèlement, Christophe a relié à la terre tout ce qui ne l’était pas encore (pompe à chaleur, tuyaux de cuivre, etc.). Une fois toutes ces modifications effectuées, au bout de trois semaines, la consommation moyenne d’eau par vache est remontée à 93 litres par jour ! L’impact s’est avéré spectaculaire. Les vaches ont rapidement repris de l’état, témoigne Christophe. Dès l’été suivant, la pesée des veaux du Gaec indiquait que les GMQ des animaux nés à Saint-Eugène rattrapaient ceux de Cuzy. Si la reproduction n’était pas directement impactée par le phénomène, l’éleveur avait essuyé un échec total pour une transplantation embryonnaire tentée sur ses femelles. Après la neutralisation des courants parasites, une nouvelle transplantation embryonnaire s’est avérée un succès. « Sans l’intervention du GDS, nous n’aurions jamais trouvé l’origine de ce problème et nous n’y aurions jamais pensé », conclut Christophe Briet.

Encadré

Des problèmes de ventilation à corriger

Sous sa nouvelle stabulation à toiture photovoltaïque, Christophe Briet avait décelé un problème de ventilation. Cela se traduisait par des problèmes respiratoires chez les petits veaux. Les courants d’air subissaient l’influence d’un bâtiment voisin. Le profil particulier des bâtiments photovoltaïque avec une toiture très asymétrique avait aussi un impact sur la circulation de l’air. « Il y avait trop de vent qui tourbillonnait à l’intérieur et qui ne ressortait pas correctement. Il n’y avait pas assez de sorties par rapport aux entrées ». Ce diagnostic a été dressé par Ludivine Perrachon du GDS 71 qui s’est servie de fumigène pour visualiser le problème. Pour corriger les défauts, Christophe a fait installer un filet brise-vent amovible sur le long pan ouvert. À l’opposé, des tôles perforées remplaceront des bardages pleins pour augmenter les sorties d’air. Enfin, des faux plafonds amovibles constitués de cadres supportant une toile textile ou « bidime » seront installés au-dessus des cases à veaux.