Des drones pour gagner du temps pour la surveillance des troupeaux
Depuis trois ans, Ferm’Inov est équipée de drones pour la surveillance des troupeaux au pâturage. Grâce à cette technologie, les salariés de la ferme ont pu gagner jusqu’à 38% de temps pour la tournée quotidienne des animaux.
Ferm’Inov, la ferme expérimentale de Jalogny en Saône-et-Loire, teste le drone au quotidien depuis 2023. Le but pour les responsables du site était « d’objectiver » l’intérêt de cet équipement en élevage herbager. C’est principalement pour la surveillance du troupeau que le drone est utilisé à Jalogny. Ce petit engin volant muni d’un puissant objectif sert pour repérer les animaux dans les prés, aller les voir, les identifier. Sans se déplacer jusqu’aux bovins, cette technologie permet de repérer à distance les vaches en chaleur, les boiteries... Le drone offre une solution pour les parcelles éloignées, les zones difficiles d’accès. Par contre, il s’avère inefficace pour pousser des bovins. Ces derniers s’habituent en effet très vite à sa présence, ont observé les techniciens de la ferme.
Animaux, points d’eau, cultures, toitures…
Au-delà de la surveillance des bêtes, le drone permet en outre d’observer leur environnement. Il peut servir pour aller vérifier des points d’eau, par exemple en période de sécheresse. L’engin est également utilisable pour observer des parcelles de cultures et même des toitures… Cette technologie est aujourd’hui bien implantée dans le domaine de l’expertise assurantielle.
Le drone doit obligatoirement être à portée de vue de l’utilisateur, précise Zoé Guy de IDELE. Pas question donc de l’envoyer au-dessus d’un ilot éloigné de plusieurs kilomètres de la ferme sans se rendre sur place. Classiquement, l’éleveur pilote son drone sans le quitter des yeux depuis l’entrée d’une parcelle ou au milieu d’un ilot. La plupart des drones ne sont pas étanches et ces appareils craignent le vent, ce qui veut dire qu’on ne peut les utiliser par mauvais temps.
51 minutes de gagnées sur une tournée de 2h15
Pour chiffrer le gain de temps possible grâce à un drone, Ferm’Inov a réalisé des mesures comparatives du temps de travail quotidien consacré aux tournées de pâturages avec et sans drone durant les campagnes 2023 et 2024. De ces deux années d’étude, il ressort qu’au printemps, le drone a généré un gain de temps moyen de 51 minutes sur une durée de tournée moyenne quotidienne de 2h15, ce qui équivaut à - 38%. En automne, le gain de temps s’avère moins important (- 12%) ; ce qui équivaut à raccourcir le temps de tournée à 1h10 contre 1h20 sans cette technologie. Ces données montrent que le drone a impact significatif sur les temps de travail. A l’année, le gain pourrait atteindre 9 jours, extrapolent les responsables de la ferme de Jalogny. La différence entre le printemps et l’automne pourrait s’expliquer par un nombre de lots à visiter plus nombreux sur la ferme au printemps, d’où un impact accru du drone à cette saison.
De 500 à 5.000 € selon l’objectif
En termes de prix, il faut compter 500 € pour un drone équipé d’un objectif X12 ou X18 ; 2.500 à 3.000 € pour un X56 avec une caméra « simple », détaille Zoé Guy de IDELE. Le montant grimpe à 5.000 € pour une caméra thermique capable de repérer un faon tapis dans du foin au moment de la fauche, complète l’experte.