Focus sur la dormance estivale
Jaunissement des prairies, arrêt de la pousse : les fortes chaleurs de ce début d’été rappellent que l’herbe n’est pas une ressource inépuisable. Mais entre simple ralentissement de croissance et véritable dormance estivale, la frontière n’est pas toujours facile à identifier. Comprendre les mécanismes physiologiques à l’œuvre permet pourtant d’adapter au mieux la gestion du pâturage et des récoltes.
Les principales graminées prairiales expriment leur potentiel maximal de croissance lorsque les températures se situent entre 15 et 25 °C et que l’alimentation hydrique est satisfaisante. Au-delà, la situation se complique rapidement.Dès 25 °C, la photosynthèse devient moins efficace et la croissance ralentit. Lorsque les températures dépassent durablement 30 °C, surtout en présence d’un déficit hydrique, la plante réduit fortement son activité. Les stomates, ces minuscules ouvertures présentes à la surface des feuilles, se ferment afin de limiter les pertes d’eau par transpiration. Conséquence : les échanges gazeux diminuent et la production de matière sèche chute.Si le stress se prolonge, certaines espèces entrent alors en dormance estivale. Il s’agit d’un véritable mécanisme de survie. La plante cesse pratiquement toute croissance aérienne et concentre son énergie sur la préservation de ses organes pérennes : collets, bourgeons, racines et réserves glucidiques accumulées dans les tissus. L’objectif n’est plus de produire mais de survivre jusqu’au retour de conditions favorables.Une prairie jaune n’est pas forcément dormanteSur le terrain, l’er...
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