Des précisions sur la vaccination pour 2026
Le Conseil national d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (Cnopsav) s’est réuni en séance plénière le 9 février à Paris. Trois scénarios étaient à l’étude. C’est le deuxième, la poursuite de la vaccination dans les zones déjà concernées, qui a été retenu.
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard a présenté aux membres du Cnopsav, le Parlement du sanitaire, trois scénarios pour anticiper un éventuel retour de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) à partir du printemps. Trois scénarios ont été mis sur la table : l’arrêt de la vaccination, la poursuite de la vaccination dans les zones déjà concernées, et l’extension de la vaccination à tout le territoire de France continentale. Le premier n’était pas acceptable compte tenu du traumatisme causé depuis le 29 juin dernier dans les campagnes françaises. Le troisième aurait mis le pays sous cloche, c’est-à-dire en totalité zone indemne avec l’obligation de vacciner 16 millions de bovins. Ce qui aurait coûté plusieurs dizaines de millions d’euros. C’est finalement le deuxième scénario qui a été validé par le Cnopsav, c’est-à-dire : la poursuite de la vaccination dans les zones déjà concernées. Parmi les quatre syndicats présents, deux ont voté pour (FNSEA et Jeunes Agriculteurs) quand les deux autres se sont abstenus (Confédération paysanne et Coordination rurale). Les modalités précises et l’organisation pratique sont à définir dans chaque région. Le Conseil régional d’orientation de la politique sanitaire animale et végétale (CROPSAV) Bourgogne-Franche-Comté qui doit se réunir prochainement va définir les modalités d’application de la stratégie nationale en région. L’avis des CROPSAV sera soumis à la validation par la Commission Européenne. « Cette campagne va progressivement se mettre en place dans les prochaines semaines », indique-t-on dans l’entourage de la ministre. Les animaux seront vaccinés selon les cas, avant leur transfert dans les prés et/ou les estives ou à leur descente. « On va tenir compte des spécificités locales en concertation avec les responsables locaux », précise-t-on dans l’entourage de la ministre.
Rapport d’étape en mars
Les animaux vaccinés le seront de nouveau de préférence directement dans les bâtiments avant leur déplacement pour faciliter la tâche des vétérinaires. Cela même quand la durée de l’immunité du vaccin est « au moins égale à un an », indique ce conseiller. Le coût de la vaccination sera entièrement pris en charge par l’État qui dispose déjà d’un million de doses en stock et « une nouvelle commande a été passée ». C’est le laboratoire néerlandais MSD, l’un des plus grands centres de production de vaccins vétérinaires au monde, qui sera encore sollicité comme en 2025. Concernant la nouvelle campagne de vaccination décidée par le CNOPSAV à ce stade (et selon l’évolution de la situation liée à la reprise de l’activité vectorielle), les rappels de vaccination pour les animaux déjà vaccinés ne sont pas à organiser pour l’instant, dans la mesure où l’immunité vaccinale en place empêche le vaccin d’agir. Les éléments présentés lors du CNOPSAV indiquent que des rappels pourront être envisagés dans une fourchette de 8 à 12 mois après la première injection. Toutefois, des études ont montré qu’un vaccin vivant confère une immunité d’au moins 15 mois. Les veaux nés protégés par l’immunité colostrale pourront, quant à eux, être vaccinés à partir de l’âge de 3 mois. Le Cnopsav attend encore les conclusions des scientifiques pour une éventuelle adaptation du protocole d’abattage. Le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD), l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), l’Inrae et d’autres instituts sur ce dossier. « Un premier rapport d’étape sera communiqué au Cnopsav en mars avant un rapport définitif au printemps », explique-t-on rue de Varenne, au siège du ministère. « La stratégie actuelle, qui s’est déroulée dans la plus totale transparence, a prouvé son efficacité : pas un seul cas n’est apparu depuis le 2 janvier », se réjouit-on au ministère. Au 9 février, 3.500 bovins ont été abattus sur un total de 16 millions : « 99,86 % du cheptel a été préservé », insiste ce proche de la ministre.
Des « mesures concrètes » sur la vaccination
Quatre syndicats agricoles (FNSEA, JA, FNB et FNPL) ont demandé le 11 février dans un communiqué à la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, « des réponses claires et concrètes » sur le prochain calendrier de vaccination. Mais « aucune discussion n’a été engagée sur le calendrier opérationnel pour que ces éleveurs puissent protéger leur troupeau pour la prochaine saison de pâture », expliquent les quatre organisations. Pointant « un manque de visibilité » et « une faiblesse », les syndicats réclament en outre « un renforcement immédiat des mesures de biosécurité qui doivent se traduire par des contrôles rigoureux et systématiques des mouvements d’animaux ». Il est « urgent de connaître la stratégie vaccinale 2026 des zones concernées. Les éleveurs ont besoin de visibilité », conclut le communiqué.