Droits de douane américains : l’Europe ne doit sacrifier ni ses agriculteurs, ni ses consommateurs
Depuis le 7 août dernier, un droit de douane de 15% s’applique à la majorité des produits européens importés aux États-Unis. Pour la FNSEA, cette taxe met en danger les filières agricoles françaises et européennes. Et revient à sacrifier les agriculteurs et les consommateurs.
La FNSEA ne décolère pas contre l’entrée en vigueur le 7 août dernier des droits de douane américains suite à l’accord conclu le 27 juillet entre la présidente de la Commission européenne et l’administration Trump. Cet accord commercial impose l’instauration d’un droit de douane uniforme de 15 % sur la majorité des produits européens. S’il vise à simplifier le commerce transatlantique et à réduire certains obstacles non tarifaires, il fragilise durablement les filières agricoles françaises et européennes.
Protéger les vins et les produits agricoles français
La FNSEA appelle la Commission européenne à prendre des positions fortes dans le cadre des négociations avec les États-Unis. Elle lui demande notamment de protéger les vins et spiritueux et les produits agricoles français. « Les États-Unis sont aujourd’hui le premier marché à l’export des vins et spiritueux français, avec près de 4 milliards d’euros en 2023. Cet accord ne doit pas fragiliser une filière déjà trop éprouvée par la crise actuelle. De même, les exports de produits de boulangerie et des fromages vers les États-Unis représentent respectivement 230 et 200 millions d’euros, filières représentatives de l’excellence française, elles ne doivent pas être mises de côté. Nous demandons des droits de douane à taux zéro sur les produits agricoles, et en particulier sur les vins et spiritueux », conclut la FNSEA.
Ne pas céder sur les normes
Le syndicat exige par ailleurs de « garantir le maintien des normes sanitaires et phytosanitaires (SPS) ». Car « la facilitation des échanges commerciaux ne saurait justifier un relâchement des standards de qualité de l’Union européenne. Ces normes sont un gage de sécurité pour les consommateurs et de juste concurrence pour les producteurs. Nous refusons toute baisse de nos exigences sanitaires, environnementales et sociales pour faciliter l’entrée en Europe de produits qui ne respectent pas nos standards de production ».
Sacrifiés au bénéfice de logiques commerciales…
Pour la FNSEA, « les producteurs ne peuvent pas être sacrifiés au bénéfice de logiques commerciales imposées de l’extérieur, et les consommateurs ne peuvent être réduits au seul rôle de spectateurs. Face aux tensions internationales, l’Europe doit défendre une agriculture forte, durable et compétitive ». Pour cela, la FNSEA demande au gouvernement de ne rien lâcher afin que la Commission européenne poursuive les négociations sans faiblir et qu’elle mette en place un plan de soutien ciblé pour les filières les plus exposées : « les agriculteurs ne peuvent pas affronter seuls les conséquences de décisions qu’ils n’ont pas choisies ».