Du fer de Bibracte à l’acier du Creusot

Du fer de Bibracte…
Bibracte était une agglomération de quelques milliers d’habitants qui ne vécut qu’un siècle, le premier avant JC. Cette ville gauloise fut un centre de production et de consommation de métal. Les ateliers étaient petits mais se comptaient par dizaines. La production était spécialisée : clouterie, tôlerie, dinanderie, charronnage, fonte des alliages de cuivre, frappe monétaire… Elle répondait à une demande en forte croissance, liée à la diversification des usages du métal à l’aube de la romanisation. Toutes les sphères d’activité étaient concernées : armement, outillage, ustensiles domestiques, architecture…
L’acier est aujourd’hui partout !
« L’acier affûte, coupe, fend, fraise, lie, lime, perce, pince, pique, rabote, scie, taraude, vrille ; il s’aimante ; il se tend et se détend; contient, retient, soutient… », écrivait fort justement Paul Valéry en 1937.
De l’objet usuel à l’instrument le plus sophistiqué, du microscopique au gigantesque, l’acier est à l’origine d’une infinité de produits. Il sert à fabriquer des charpentes métalliques, des pilons électriques, à armer le béton, à transporter l’eau. Les boites de conserve et de boisson peuvent être en acier, les trombones des employés de bureau aussi. Dans les transports, l’acier est très présent comme dans les voitures, les camions, les avions ou encore les trains. On le trouve aussi dans la santé avec, par exemple, les prothèses. L’acier est le grand matériau des industries chimiques et de l’énergie à travers le nucléaire, les équipements, les réseaux du pétrole, du gaz, les turbines à vapeur et hydrauliques et les éoliennes…
« Nickel chrome ! »
Et selon les usages, l’acier se décline en une multitude d’aciers spéciaux. L’un des plus connus d’entre-eux étant l’inox ou acier inoxidable. Outre du fer et du carbone, cet acier spécial contient également du nickel et du chrome. Dans l’exposition, on apprend d’ailleurs que c’est de là que provient l’expression populaire « nickel chrome ! ». Cette dernière renvoie en fait aux qualités irréprochables de l’inox.
La production du fer à l’époque des Gaulois est présentée à travers une reconstitution d’un atelier de forgeron de Bibracte avec son enclume en pierre, sa forge, ses outils. Les visiteurs découvriront la variété des productions métallurgiques gauloises illustrée par les dizaines d’objets retrouvés lors de fouilles entreprises sur le Mont Beuvray, des fibules en fer aux outils en passant par les clous, agrafes et autres crochets.
La production d’acier au Creusot est présentée dans la longue durée, depuis les premières productions industrielles du milieu du XIXe siècle jusqu’à l’aciérie actuelle d’Industeel France. Maquettes, tableaux, objets ou encore film permettent aux visiteurs de découvrir le cycle de l’acier de la recherche aux produits en passant par son élaboration et son façonnage.
Cité industrielle de premier plan
Didactique et accessible à tous, l’exposition "Du fer de Bibracte à l’acier du Creusot" donne à voir de belles œuvres et de beaux objets. De manière simple et compréhensible, on y apprend aussi comment se fabrique l’acier. A commencer par le fameux convertisseur Bessemer qui transforme la fonte (mélange de fer et de carbone) en acier (fer et carbone aussi, mais en plus petite quantité).
Cette exposition passionnante est aussi là pour rappeler que Le Creusot demeure une ville industrielle de tout premier plan. « C’est une des cités qui compte le plus d’emplois industriels en France », fait remarquer Ivan Kharaba. Une industrie qui continue de reposer sur l’acier avec les forges d’Areva, Alstom, Thermodyn…
Jusqu’au 16 septembre au Creusot, salle du Jeu de Paume du Château de la Verrerie. Exposition présentée par l’Académie François Bourdon et réalisée en partenariat avec le Musée de Bibracte et Industeel France, Groupe Arcelor Mittal.
Académie François Bourdon
De Schneider à Areva
L’Académie François Bourdon est une association qui a vu le jour en 1985 à la liquidation de Creusot-Loire, filiale de Schneider. Elle a été créée pour veiller sur le patrimoine - objets et archives - de l’entreprise creusotine. Plus de deux cents ans d’histoire industrielle sont ainsi « conservés ». Cela remonte à la naissance de la première fonderie « au coke » du Creusot en 1782. En 1837, débutait l’épopée Schneider. Cette histoire se poursuit encore aujourd’hui avec Schneider Electric. C’est de cette longue et fructueuse saga dont l’Académie François Bourdon détient le plus de témoignages. Une collection d’une richesse inestimable qui fait de cette association un véritable centre de patrimoine, mais aussi une référence nationale en matière de promotion de la culture technique et industrielle. L’Académie François Bourdon détient en effet pas moins de 520.000 clichés et une impressionnante bibliothèque, dont les objets proviennent de l'entreprise et de la famille Schneider, mais aussi de l’Union des industries métallurgiques et minières (UIMM), du Syndicat des Mineurs et même d’Areva…
Sur le site du Château de la Verrerie, l’Académie François Bourdon propose une exposition permanente intitulée "Le métal, la machine et les hommes". Elle est enrichie en ce moment par l’exposition temporaire "Du fer de Bibracte à l’acier du Creusot".