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Frédéric Bobin

"Folksong" à la française

Bien loin des stéréotypes actuels de la chanson française, Frédéric Bobin aime à cultiver une certaine rigueur du verbe tout en offrant une tonalité musicale extrêmement rafraîchissante. Un interprète qui excelle sur scène au contact d’un public séduit par tant de naturel et, tout simplement, de bonheur partagé.
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Autrefois, Le Creusot, c’était la fonderie royale, la cristallerie de la reine et plus tard l’empire Schneider dont la réputation dépassa largement les frontières de l’hexagone. Aujourd’hui, le nom résonne de nouveau aux oreilles des Français en étant ici l’hôte d’Intervilles, là ville étape du Tour de France, mais aussi en étant la ville berceau d’un artiste qui commence à se faire une jolie réputation : Frédéric Bobin.

Invité des Francos Gourmandes


Aux côtés de Charlie Winston, Bénabar et Yves Jamait, Frédéric Bobin était l’une des têtes d’affiche de la toute première édition des toutes premières Francos Gourmandes de Tournus, en juin dernier. Une récompense pour cet artiste qui aime cultiver la rigueur du verbe. Né au Creusot en 1978, Frédéric Bobin écrit - à tout juste huit ans et en compagnie de son frère Philippe - ses premiers textes. « Nous nous enregistrions sur magnétophone. Nous avions créé notre petite bulle ». Si cela aurait pu passer avec l’âge, il faut croire que Frédéric Bobin avait au plus profond de lui une réelle fibre artistique. Les sources d’inspiration sont multiples entre la musique écoutée à la maison (Brassens, Brel, Barbara, Ferré...), les influences du cousin (Beatles, Rolling Stones, Téléphone, Neil Young, Leonard Cohen...) et les découvertes personnelles (Lavilliers, Gainsbourg, Chedid, Goldman, Couture...).
Tout en réalisant de brillantes études de lettres modernes, Frédéric Bobin poursuit une forme de quête musicale. « Il y avait en moi une sorte d’urgence à monter sur scène ». Lors de son tout premier concert, il partage la scène avec son frère Philippe. « Mon frère chantait et j’étais à la guitare. J’ai toujours adoré être sur scène. C’est une forme de bonheur ». Rapidement, les rôles s’inversent dans la fratrie. Pendant que Philippe se concentre sur l’écriture, Frédéric vole de ses propres ailes. « Cela vous forge le caractère d’être seul scène ». A peine ses études finies en 2002, il franchit un nouveau cap en enregistrant son tout premier album intitulé "Les salades". Mais aussi en formant un duo sur Dijon avec un guitariste. « C’est à ce moment que j’ai pensé faire de la chanson mon métier ». Un nouveau tournant a lieu en 2003 lorsqu’il décide de s’installer sur Lyon. « J’ai découvert une scène très dynamique. J’ai rencontré de nombreux chanteurs et un réseau de petites salles. Je suis reparti de zéro ».

D’intenses émotions


La scène c’est aussi l’émotion. Celle de jouer à L'Arc dans sa ville natale. « Ce fut émouvant, une forme d’accomplissement ». Ce sentiment n’était pas moins fort au moment de se produire à L’Embarcadère à Montceau-les-Mines. « J’avais assisté à de nombreux concerts dans cette salle. Et là, je passais de l’autre côté ! ». S’il continue à travailler sur les textes avec son frère, ses rencontres avec les musiciens Jonathan Mathis et Mikael Coingtepas lui ouvrent de nouveaux horizons. « La formule que j’apprécie le plus est le trio ».
En même temps, son style musical évolue vers un "folksong" à la française. Ce que ses fans ont pu découvrir en 2008 avec la sortie de l’album "Singapour". « Je me sens vraiment bien dans ce style, un peu plus rock et un peu plus folk ». Les textes de ses chansons restent toujours aussi finement ciselés, avec souvent une petite pointe d’ironie, pour un véritable travail d’orfèvre. Si l’on aime à se laisser entraîner par les mélodies de "Singapour", "La vieille ouvrière", "Ce siècle avait deux ans" ou encore "Le démon de midi trente", tour à tour, on sourit, on fronce les sourcils, on soupire et on s’émeut au moment d’écouter les paroles. Car tel un peintre, l'artiste dessine parfaitement l’univers qui l’entoure entre les délocalisations, son attachement au Creusot à la grandeur passée ou encore son intimité avec toujours beaucoup de pudeur. Il distille aussi quelques clins d’œil littéraires et cinématographiques, où se mêlent histoires personnelles et chroniques sociales.

Le premier homme


Dix ans tout juste après son premier album, Frédéric Bobin fête cet anniversaire en sortant à l’automne un LP intitulé "Le premier homme". « Il y aura onze ou douze chansons. La couleur musicale sera assez proche de celle de "Singapour". Il y aura un mélange de pop, de rock et de folk. Ce sera très guitare avec un peu de piano, une nouveauté ». Quant aux thèmes abordés, « ce sera un peu plus introspectif, avec des questions sur la mémoire et le temps qui passe. Il y aura aussi quelques chansons sociétales sur les apparences, sur l’information ». Outre le CD que l’on peut dès à présent commander sur le site de l’artiste, c’est aussi et surtout sur scène que Frédéric Bobin a envie de faire découvrir ses dernières créations. « C’est là où je prends le plus de plaisir ». Un lieu d’échange pour un artiste humaniste, sans ego surdimensionné. « Ce qui me touche, c’est lorsque les gens me disent qu’ils écoutent ma musique régulièrement, quand ils partent par exemple au travail. Je trouve cela génial de partager par ce biais leur quotidien ».

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