L’agriculture américaine à la peine ?
Depuis l’arrivée de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis, le secteur agricole local traverse une crise d’une intensité rare, marquée par une explosion des coûts de production et une chute des rendements financiers. Ce qui n’était qu'une érosion de la rentabilité s’est transformé, pour de nombreuses exploitations, en une véritable lutte pour la survie. La guerre Iran-Etats-Unis obère un peu plus leur avenir.
Les Etats-Unis comptent encore 1,8 million d’exploitations agricoles mais elle en a perdu 15 000 au cours de l’année 2025 selon les dernières statistiques de l’USDA. Depuis 2018, les États-Unis ont perdu 158.200 fermes soit environ 8 % en seulement sept ans. Comme dans de nombreux pays, la tendance est à l’agrandissement, mais celui ne garantit pas la pérennité du modèle. Selon un récent article de Time*, le déclenchement de la guerre entre l’Iran et les Etats-Unis et le blocage du détroit d’Ormuz commencent à peser sur l’agriculture et la souveraineté alimentaire américaine. En effet, ce détroit est le point de passage de 20 % des engrais utilisés aux États-Unis, produits notamment par des installations qataries aujourd'hui inaccessibles. le Qatar et l'Arabie saoudite se sont d’ailleurs imposés comme des fournisseurs essentiels d'ammoniac et d'urée, même si le Canada demeure le partenaire hégémonique, fournissant environ 50 % des volumes (notamment la potasse). Il n’en reste pas moins que cette pénurie s'accompagne d'une flambée des prix du gaz naturel, composant essentiel de la fabrication des engrais azotés. En l’espace de 90 jours, le prix de certains fertilisants a bondi...
La suite est réservée à nos abonnés.