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Agrioccasions, les occasions agricoles
Bilan 2010

L’agriculture biologique s'affirme

Depuis deux ans, le bio se développe sur tous les fronts : le nombre
d’exploitation a augmenté de 55 % et le nombre d’hectares de 45 %. Le
marché de la consommation est également en expansion.
Par Publié par Cédric Michelin
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Après avoir connu une relative stabilité depuis le début des années 2000, l’agriculture biologique enregistre un nouvel engouement. Entre 2008 et 2010, le nombre d’exploitation est passé de 13.298 à 20.604 soit une croissance de 55 %. Les exploitations bio représentent désormais 4 % des effectifs totaux des exploitations agricoles.

Le développement de la filière aval a suivi. Ainsi, fin 2010, on dénombrait en France 30.850 opérateurs, soit 23 % de plus qu’en 2009 et 49 % de plus qu’en 2008. Outre les exploitations bio, il s’agit des préparateurs qui travaillent la matière première issue de l’agriculture biologique (7.427 entreprises) et des distributeurs de produits biologiques au nombre de 2.819.

Sur les deux ans, les surfaces conduites en agriculture biologique ont également nettement progressé. Elles ont augmenté de 45 % passant de 583.799 hectares fin 2008 à 845.440 fin 2010 soit un peu plus de 3 % de la SAU. Sur cet ensemble on comptait 273.626 ha en conversion (32 %).

Sur ces 845.440 hectares, 60 % étaient toujours en herbe ou en cultures fourragères, 20 % en grandes cultures (céréales, oléo-protéagineux et légumes secs), 6 % en vigne et 4 % en fruits, légumes frais et plantes aromatiques et médicinales, le solde n’étant pas clairement affecté. Les progrès les plus importants, du moins en pourcentage ont été enregistrés dans les plantes aromatiques et médicinales (+34 %), les vignes (+28 %) qui représentent désormais 6 % des surfaces viticoles françaises.

Relocalisation



En matière d’élevage, la France comptait 6.497 exploitations bio, en progrès de 29 % par rapport à 2009, soit le tiers des exploitations françaises en agriculture biologique. Un chiffre qui affichait une croissance de 29 % sur un an. Etaient surtout concernées par cette expansion les chèvres bio (+44 %), les truies bio (+30 %) et dans une moindre mesure les poulets de chair bio (+16 %), les poules pondeuses bio (+13 %). Alors que les vaches allaitantes n’ont progressé que de 7 % et les vaches laitières de 4 %.

Géographiquement, les exploitations bio sont plutôt concentrées sur une zone qui s’étend de la Bretagne à la Provence Côte-d’Azur en passant par les Pays de Loire, l’Aquitaine, Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon et Rhône-Alpes. Ces sept régions regroupent les deux tiers des exploitations bio, Rhône-Alpes arrivant en tête devant le Languedoc-Roussillon. Même analyse en termes de surfaces à la différence près que ce sont Midi-Pyrénées et les Pays-de Loire qui affichent les superficies les plus importantes en bio, 105.497 ha et 87.668 ha devant Rhône-Alpes (75.786 ha). Ces trois régions représentant le tiers des surfaces.

Le marché des produits alimentaires biologiques s’est également fortement développé au cours des deux dernières années. Il a atteint 3,385 milliards d’euros en 2010 en progrès de 10,8 % et de 32 % sur deux ans. Il représente désormais 2 % du marché alimentaire national. Mais ce qui est surtout à retenir, c’est que la production augmentant encore plus vite, les importations ont reculé pour la première fois. La part des achats provenant de l’étranger qui était de 38 % en 2009 est passée à 35,3 % en 2010. Heureux présage qui permettra, s’il se confirme, de relocaliser progressivement la production bio en France.


Décollage en restauration collective


Les achats de produits bio en restauration collective étaient estimés à 130 millions d’euros en 2010, soit trois fois plus qu’en 2008. Ce qui ne représente encore que 1,8 % des achats alimentaires de la restauration collective, contre 0,6 % en 2008. Lorsqu’ils sont introduits, la part des produits biologiques dans le total des achats des établissements est passée de 5 % en 2008 à 11 % en 2010 en moyenne, et près de 20 % pour ce qui concerne certains produits frais, le pain et les boissons.

Début 2011, 46 % des établissements de restauration collective publique ou privé ont déclaré proposer des produits biologiques à leur menu, l’introduction du bio étant toutefois plus significative dans le secteur public (57 % des établissements) que dans le secteur privé (32 %). Le secteur de l’enseignement est le plus concerné, avec 61 % des établissements contre 51 % en 2010, suivi du secteur du travail (44 % des établissements, stable) puis de la santé et du social avec 23 % des établissements (contre 11 % en 2010).


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