Bouzeron et persillé de Bourgogne
L’aligoté doré
Le 11 avril, dans les rues du village de Bouzeron, le syndicat des producteurs de Bouzeron a parfaitement su allier les vins de l’appellation Bouzeron au persillé de Bourgogne, pour la septième fois.

Pour Pierre de Benoist, du domaine de Villaine et président du syndicat, « cela s’est très bien passé ». L’occasion également de remercier chaleureusement tous les villageois –152 habitants– et viticulteurs qui ont contribué au succès. Car cette manifestation crée du lien, en « réunissant l’ensemble du village ». Une fine organisation avec des pré-dégustations entre vignerons ont permis en amont de « vérifier la qualité des vins ». Une exigence qui paye, puisque les 16 bouzerons présentés ont tous été vendus. Il faut dire que 3.000 entrées payantes environ ont été enregistrées et, au vu du parking, environ 5.000 visiteurs ont fait le déplacement, dont beaucoup de chalonnais.
Un parking qui a toute son importance puisqu’il sert de lieu de vente pour tous les viticulteurs. Pierre de Benoist l’explique ainsi : « pour éviter que les gens achètent des bouteilles au caveau et les ouvrent immédiatement avec le risque qu’ils soient avinés, chaque viticulteur choisit avant les bouteilles qu’il veut mettre en vente, une brochure est alors remise aux visiteurs qui peuvent faire leurs achats juste avant de reprendre leur voiture ». Une formule qui plait. Jouant parfaitement la carte collective, un prix unique de 7 € par bouteille est fixé, « une sorte de promotion où chacun y trouve son compte ».
Une fête pérenne porteuse d’avenir
Bouzerons, bourgognes, bourgognes côtes chalonnaises, crémants… ont su séduire et attirer une clientèle « qui se pérennise », profitant également aux trente stands d’artisans (gravure sur verre, fromagers, maréchal-ferrant, biscuitier…) et aux vendeurs de jambon persillé (maisons Gaudillère et Simon).
Les bénéfices de cette manifestation ne s’arrêtent pas là. En effet, cette fête, en plus de faire la promotion, permet de financer des actions du syndicat (site Web, brochures…). Elle devrait également permettre de développer le projet d’un conservatoire du cépage aligoté. Sur 51 ha, cette appellation bouzeron est, en effet, la seule appellation communale de vins exclusivement issus du cépage aligoté. Elle l’honore ainsi et en retire sa personnalité, l’aligoté doré.
Pinot noir et Gouais
L’aligoté cultivé à Bouzeron est dit doré : « lorsque les raisins mûrissent sous l’effet du soleil, leur peau plus fine que le traditionnel aligoté produit sur le reste de la Bourgogne, prend une teinte dorée et surtout permet un équilibre dans le mûrissement entre l’alcool et l’acide ».
Pas étonnant que Frédéric Lamy, chef de cuisine (meilleur ouvrier de France) du restaurant
Lameloise à Chagny (trois étoiles au Michelin), soit un fervent défenseur de l’appellation.
L’aligoté (6 % de l’encépagement bourguignon) est un plant très ancien en Bourgogne. Ce cépage blanc, assez vigoureux, porte des raisins un peu plus gros et plus nombreux que ceux du chardonnay. Le cépage aligoté est issu d’un croisement entre le pinot noir et le gouais (cépage gaulois) aujourd’hui disparu.