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Bruno Rotival

L’art de magnifier la photo monastique

Consacrant depuis plus de trois décennies l’essentiel de son travail à la photographie en milieu monastique, Bruno Rotival est devenu l’un des plus grands spécialistes hexagonaux. Jusqu’au 3 novembre prochain, il est possible de découvrir une petite partie de son incroyable travail lors de la visite de l’Abbaye de Cluny.
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Rien ne prédestinait, au départ, Bruno Rotival a devenir un photographe spécialisé dans le domaine monastique. Car ce Lyonnais suit au départ une formation de chimiste avant d’exercer pendant quelques mois ce métier. Coopérant à Madagascar, il découvre alors l’univers de la photo. De retour en métropole, il intègre les rangs de la Fnac au sein du département Photo où il restera pendant deux décennies. En parallèle à son emploi, il en profite pour réaliser de nombreux clichés, notamment de spectacles, et édite même un recueil de 240 photographies.

Le temps du silence


Prenant la décision de quitter la capitale des soyeux, il s’installe dans la région mâconnaise. Il choisit également de se consacrer à plein temps à la photographie. Car, quelques années auparavant, il a vécu une véritable révélation, ayant eu l’opportunité d’entrer au sein du monastère de la Chartreuse qui est sans doute le monastère le plus fermé de l’ordre lui aussi le plus fermé. Une expérience qu’il renouvellera en 1984 en se rendant cette fois à l’abbaye de Sept-Fons dans l'Allier. Dès lors, il enchaîne les visites d'abbayes avec une demi-douzaine de périples jusqu’à la fin des années 80. En 1990, il sort aux éditions Brépols son premier recueil de photographies en noir et blanc intitulé "Le temps du silence". Un ouvrage qui connaît un franc succès. Dès lors, il s’investit complètement dans cette démarche et visite une soixantaine d’abbayes en quinze ans. Quant à son second livre "Fourvière aux cent visages", il est publié à l’occasion du centenaire de la basilique de Fourvière et prend une nouvelle fois la forme d’un recueil de photographies. « Lorsque je me rends dans un monastère, je reste généralement quatre à cinq jours. Je sais quels moments privilégier et ceux où il faut rester plus en retrait ». Avec, comme principale marque de fabrique, des clichés en noir et blanc.

De la photographie à l’écriture


Loin de satisfaire sa curiosité au seul hexagone, Bruno Rotival vient de se rendre au Canada pour compléter sa démarche. Lorsqu'on l'interroge sur ses envies et son futur, force est de constater que sa soif d'expression devrait prendre des formes nouvelles. « J’ai fait la branche féminine des Chartreux que je voulais photographier depuis des années. Aujourd’hui, j’ai photographié tous les ordres contemplatifs, masculins et féminins. Pour boucler la boucle, j’aimerais me rendra à Serra San Bruno, dans le sud de l’Italie. Peut-être qu’après cela, j’arrêterai de photographier des abbayes. Car, dans le futur, j’aimerai me consacrer à l’écriture ».

Vingt et un clichés à découvrir à l’Abbaye de Cluny


S’il est un art difficile à décrire, c’est bien celui de la photo. Car il est extrêmement complexe de mettre des mots sur un ressenti, sur une émotion, sur une impression. Le travail de Bruno Rotival n’échappe pas à la règle. Dès lors, plutôt que de long discours, il est conseillé de se rendre au Cellier de l’Abbaye de Cluny pour y découvrir une infime partie de l’immense travail de ce passionné. Tous les jours de 9 h à 19 h, jusqu’au 3 novembre prochain, ses photos sont visibles lors de la visite du lieu. Plus qu’une simple et banale exposition, les photos sont une partie intégrante du circuit. Avec "Le temps du silence", le public peut s’immerger au cœur de vingt et un clichés, dont une dizaine sont d’un format de trois mètres par deux. Tirées sur métal pour permettre leur installation en extérieur, ces images en situation invitent à pénétrer la vie courante des monastères, notamment lors des prières et des repas. Initiés et créés à l’origine par le conseil général de Vendée, ces tirages ainsi mis en forme ont depuis pas mal voyagé avec notamment une longue pause du côté du château du Clos de Vougeot. « L’idée est permettre aux visiteurs de rentrer dans l’image ». Des ces photos se dégagent inévitablement une vraie force, une puissance. Cerise sur le gâteau, il est possible, sur réservation, de profiter de la visite commentée en présence de Bruno Rotival.


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