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Le clos du Grand Bois à Lugny

L’art de marier viticulture et tourisme

Sur les hauteurs de Lugny, Anthony Lafarge a fait le pari de marier viticulture et tourisme. Une gageure qu’il est en passe de relever grâce à un projet parfaitement maîtrisé et construit avec patience. Rencontre.
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« Bienvenue sur le site du Clos du Grand Bois, domaine viticole disposant de cinq chambres d’hôtes situé à Lugny, en Bourgogne du Sud, au cœur du Mâconnais. » Ces quelques mots d’accueil que l’on retrouve sur le site Internet résument à merveille le sens de l’hospitalité d’hôtes qui ont choisi de miser sur l’œnotourisme. Sur une terre déjà habitée et exploitée au milieu du XVIIIe siècle, Anthony Lafarge a fait le pari de poursuivre l’activité familiale tout en la développant et en la modifiant. Disposant d’une cinquantaine d’hectares d’un seul tenant, le Grand Bois se compose non seulement de prés servant de pâturages à un troupeau d’une cinquantaine de vaches mais aussi d’un vignoble (sur Lugny et Saint-Gengoux-de-Scissé) d’une douzaine d’hectares sur lesquels sont produits pour la Cave Coopérative locale Mâcon Lugny, Mâcon village, Bourgogne pinot noir et crémant de Bourgogne. Sans oublier la récolte d’une centaine de tonnes de foin par an. Aujourd’hui, le domaine s’organise autour de quatre bâtiments construits en enfilade. « A 19 ans, je savais que je reviendrais sur l’exploitation familiale. J’avais envie de faire autre chose et de développer l’œnotourisme. » Agé de 27 ans, Anthony Lafarge est à la tête d’une exploitation qui dispose de cinq chambres d’hôtes portant les noms de terroirs : Charmes, Genièvres, Beguines, Grande Vigne et Sorbier. Lancés en septembre 2010, les travaux se sont achevés en juin 2011. Une démarche rendue possible grâce aux financements du conseil régional et du Feader. « Pour nos travaux, nous avons fait travailler des entreprises locales. »

Chauffage économe et maîtrisé


En ce qui concerne le chauffage, suite aux visites effectuées sur plusieurs sites, a été retenue une source d’énergie à la fois naturelle et peu coûteuse, consommant aussi peu d’énergie que possible : le bois. Car ce combustible peut être fourni à la fois par les piquets endommagés dans les vignes, par la récupération des sarments provenant de la taille des vignes et par la forêt sur place. Quant à la chaudière à bois déchiqueté approvisionnée automatiquement par une vis sans fin, elle puise directement dans une réserve d’une cinquantaine de mètres cubes remplie de copeaux. Pouvant alimenter les quatre bâtiments, cet appareil de la marque autrichienne Hargassner a des performances élevées, à hauteur de 55 kilowatts. « Si la chaudière est un peu plus chère au départ, cela permet d’avoir à l’arrivée un coût de chauffage trois à quatre fois moins élevé. » En parallèle, ont été plantés en mars 2010 44 arbres fruitiers entre pommiers, poiriers, cerisiers, pêchers et pruniers. Il s’agit là d’un véritable verger conservatoire constitué d’essences locales dans une démarche de promotion et de préservation de variétés de fruits méconnues et parfois menacées de disparition. « L’idée est aussi d’offrir une belle balade bucolique. »

Préservation du patrimoine architectural


Aidé au quotidien par une salariée et parfaitement secondé par ses parents Robert et Danielle, Anthony Lafarge estime que « le travail de la vigne et l’accueil en chambres d’hôtes se marient très bien. Sauf peut-être en période de vendanges. Cela nécessite néanmoins un réel investissement personnel. » Surtout lorsque l’on sait que sa structure est ouverte tout au long de l’année et qu’elle propose la table d’hôtes. Pour savourer, en soirée, un repas familial à partir de produits du terroir à l’image du saucisson chaud accompagné de ses pommes de terre, du bœuf bourguignon, du poulet en sauce, de la fondue bourguignonne ou bien encore du gâteau de foie de volaille. Côté desserts, on retrouve la traditionnelle tarte au sucre, la crème renversée ou encore la salade de fruits. « Je suis très content de ces premiers mois. Nous avons déjà accueilli plus de 1.500 personnes. Nous avons 70 % de Belges. Il y a aussi 15 % d’étrangers autres que Belges, constitués d’Allemands, de Hollandais, de Suisses, de Canadiens, de Libanais, d’Espagnols, d’Italiens et même de Chinois. Les 15 % restants sont des Français. Nos hôtes restent en général une nuit, voire deux. Les chambres et tables d’hôtes sont complémentaires du métier de la vigne où l’on est souvent seul. » Même s’il reste encore quelques finitions extérieures à réaliser, le futur pourrait passer par l’installation dans les trois autres bâtiments de gîtes. Avec l’envie de mettre en valeur le patrimoine architectural tout en ayant une optique de développement durable.
Pour tout renseignement, tél. : 03.85.20.15.93 et 06.84.44.34.60

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