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Accordéons Joel Louveau

L’atout maître du piano à bretelles

Dans la droite ligne de leur créateur - qui a donné son nom à l’entreprise -, les Accordéons Joël Louveau continuent à promouvoir le piano à bretelles dans tout l’hexagone. Découverte.
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Enfant du romantisme et jouet des dames dans les salons bourgeois, l’accordéon est officiellement né à Vienne en mai 1829. Le brevet désigne alors un instrument à anche libre et à soufflet. C’est à un facteur de piano et d’orgues, en l’occurrence Cyrill Demian, que l’on doit sa fabrication dans la veine de Buschmann et Haeckl. Contrairement à ses prédécesseurs, il est voué à l’accompagnement. S’il est muni d’un soufflet manié par la main gauche, la main droite se réserve un clavier dont chacune des cinq touches émet un accord différend en tirant ou en poussant. Au fil des décennies, l’accordéon subit de nombreuses transformations et évolutions. C’est le genre musette qui popularisera l’instrument dans notre pays. Et, parmi les plus célèbres utilisateurs, on citera pêle-mêle Aimable, Marcel Azzola, Jo Privat, André Vershuren, Yvette Horner et, plus près de nous, Gérard Blanchard

Des Yvelines à la Saône-et-Loire


Longtemps ingénieur en contrôle de procédure industrielle dans la chimie et le nucléaire en région parisienne, Joël Louveau choisit en 1985 de quitter ce métier pour devenir facteur d’accordéon dans les Yvelines. Puis en Saône-et-Loire. Il se consacre alors pleinement à cet instrument découvert à l’âge de treize ans. Tombé sous le charme de la Bourgogne lors de vacances, il décide de quitter la capitale pour s’installe en 1996 sur les hauteurs de Matour. L’heure de la retraite approchant, Joël Louveau choisit de passer la main en douceur et de transmettre son entreprise à William Blanchard en août 2013. Titulaire d’un Bac F11, ce dernier a enseigné la musique pendant une dizaine d’années à Versailles, dispensant son savoir en matière de clarinette et d’accordéon. « L’accordéon c’est une rencontre faite à l’âge de neuf ans ».
Las de l’univers de l’enseignement car « aspirant à autre chose. », il fait un virage à 180 degrés en intégrant une entreprise spécialisée dans la ventilation et l’extraction de fumée. « Ce fut une plongé dans l’univers de la PME. J’y suis resté seize ans, de 1996 à 2012, en devenant cadre et chargé d’affaires ». C’est à ce moment qu’il choisit de nouveau de changer de cap et de revenir à ses premiers amours en reprenant l’entreprise basée à Matour. « Je me suis préparé à cette reprise pendant deux années. C’est une entreprise que je connais depuis vingt-sept ans et l’achat d’un accordéon. Je suis toujours resté en contact ».

Evolution sans révolution


Tout en imprimant sa patte, William Blanchard a pris le parti de ne pas tout révolutionner et de garder ce qui a fait le succès de la société pendant des années. « La volonté est de consolider l’existant. » Elle continue ainsi à commercialiser des partitions avec quelque 5.000 références en magasin ce qui en fait l’un des fonds les plus riches en France. Mais aussi à distribuer des CD et des livres. La vente d’accordéon est également un poste important. Tout comme la location avec de nombreux modèles en circulation.
Bien évidemment, l’entretien, l’accordage, la réparation et la restauration sont au cœur de l’activité de l’entreprise. On n’oubliera pas non plus la personnalisation d’instruments. L’occasion de travailler sur la sonorité, la registration et la modification de certaines voix tout en installant des équipements supplémentaires, des micros voire même un système électronique.
« Nous nous appuyons sur la présence de clients récurrents, d’élèves d’un certain nombre de professeurs fidélisés par la qualité de nos services et nos compétences ». Forte de seulement quatre personnes, la société souhaite bénéficier d’une plus grande visibilité. Ce qui devrait passer par la refonte du site Internet. Mais aussi par la participation à des salons professionnels et à des festivals. Tout en maintenant sa présence physique toutes les trois semaines dans la capitale, à Vélizy, pour aller à la rencontre de la clientèle parisienne. Et ainsi lui livrer des accordéons, entretenir son matériel, dépanner et même proposer des essais.
Quant aux projets, ils prendront la forme de la création d’ici fin 2014 d’un nouvel instrument pour répondre à une demande et offrir un complément à une gamme déjà très large.

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