Maîtrise de l’offre en AOP
La FNAOP revendique le droit à l’autodiscipline
La Fédération Nationale des AOP laitières (FNAOP) a tenu le 22 septembre
dernier son Assemblée Générale annuelle. Selon la tradition, le terroir
retenu a été celui de la dernière appellation d’origine reconnue, en
l’occurrence le Charolais, petit fromage de chèvre produit dans le
Charolais-Brionnais, magnifique région de bocage abritant les bœufs
blancs du même nom.
dernier son Assemblée Générale annuelle. Selon la tradition, le terroir
retenu a été celui de la dernière appellation d’origine reconnue, en
l’occurrence le Charolais, petit fromage de chèvre produit dans le
Charolais-Brionnais, magnifique région de bocage abritant les bœufs
blancs du même nom.
L’Assemblée Générale de la FNAOP est l’occasion de célébrer annuellement les valeurs communes de la fédération : solidarité, collectif, ancrage territorial, valorisation des savoir-faire. Et comme l’a rapporté le Président du syndicat du Charolais, Daniel Rizet, l’obtention de l’appellation d’origine après plus de 20 ans d’instruction du dossier témoigne du réel dynamisme de la filière et de la ténacité des producteurs.
Tout le bien fondé d’une AOP s’est d’ailleurs retrouvé dans le témoignage d’une jeune productrice de lait, Sophie Bonnet, qui grâce à l’Appellation Charolais, put concrétiser son projet d’installation avec un modeste troupeau de 70 chèvres. Vivre au pays malgré un lot de handicap, c’est bien la quintessence de l’apport d’une AOP.
A l’occasion de son rapport moral, Dominique Chambon, Président de la FNAOP, a souligné la place prépondérante prise par la réforme du contrôle dans le fonctionnement des syndicats de défense AOP, avec notamment des difficultés pour les petites AOP. Il a alors rappelé les attentes des syndicats de la FNAOP sur le rôle que doit jouer l’INAO : adaptation des modalités de contrôles, liaison avec l’Europe, valorisation du concept d’AOP. Jean-Charles Arnaud, Président du Comité National des Appellations d’origine Laitières, Agroalimentaires et Forestières (instance de l’INAO en charge des AOP fromagères) a ainsi indiqué les décisions prises par l’INAO sur la simplification du traitement des plans de contrôles. Il a également rappelé la nécessité d’exigences fortes dans les cahiers des charges pour garantir le niveau d’excellence attendu par les consommateurs.
Le thème principal de l’AG était cette année la capacité des Organismes de Gestion (les syndicats de produit) à mettre en œuvre des outils de régulations des marchés, à l’échelle des fromages et du lait. A partir des expériences et des questions des syndicats franc-comtois et savoyards, l’Assemblée a débattu sur les initiatives engagées et les questions qui restent posées. Il faut en retenir que les systèmes doivent être conçus pour éviter les crises, les périodes critiques, et de ne pas forcément tout maîtriser.
L’important est d’avoir un cadre permettant l’obtention du consensus entre tous les opérateurs. Les outils de maîtrise, via la distribution les plaques de caséine identifiant chaque meule de fromage, permettent déjà une bonne gestion des mises en fabrication. Mais beaucoup de questions restent soulevées : il serait antinomique que la maîtrise de la production « fromagère » ne s’accompagne pas d’une autodiscipline des producteurs vis-à-vis de la maîtrise de la production « laitière ». Le consommateur ne comprendrait pas…
Pour répondre à ces questions, les dispositions prises dans la loi d’orientation agricole permettent de développer des outils appropriés, mais il faut que le cadre réglementaire européen accorde clairement la possibilité d’utiliser ces outils. La FNAOP attend donc beaucoup des discussions en cours, sur l’évolution des règlements concernant la politique de la qualité des produits et du marché laitier de l’Union Européenne. Dominique Chambon salue à ce titre le travail du CNAOL sur ce dossier et encourage les professionnels et les responsables politiques à se mobiliser pour obtenir la reconnaissance des dispositifs de maîtrise de l’offre pour les AOP.
La FNAOP en bref
L’association a pour objet la promotion et la défense des AOP fromagères et de leur ancrage au terroir, ainsi que la représentation et la défense de ses membres auprès des organismes nationaux et internationaux, des Pouvoirs Publics et de l’Union Européenne.
La FNAOP est composée de 17 syndicats interprofessionnels qui représentent actuellement 7 000 exploitations laitières, 900 ateliers artisanaux de transformation (dont 600 producteurs fermiers) et 70 maisons d’affinage, tous situés en zone difficile, montagneuse ou défavorisée.
Les 17 AOP de la FNAOP sont : Abondance, Banon, Beaufort, Bleu de Gex, Charolais*, Chevrotin, Comté, Gruyère*, Mont d’Or, Morbier, Ossau Iraty, Pélardon, Picodon, Reblochon, Rigotte de Condrieu*, Rocamadour, Tome des Bauges (*pour l’instant seulement reconnue comme AOC en France, mais pas encore en tant qu’AOP par l’Europe).
Tout le bien fondé d’une AOP s’est d’ailleurs retrouvé dans le témoignage d’une jeune productrice de lait, Sophie Bonnet, qui grâce à l’Appellation Charolais, put concrétiser son projet d’installation avec un modeste troupeau de 70 chèvres. Vivre au pays malgré un lot de handicap, c’est bien la quintessence de l’apport d’une AOP.
A l’occasion de son rapport moral, Dominique Chambon, Président de la FNAOP, a souligné la place prépondérante prise par la réforme du contrôle dans le fonctionnement des syndicats de défense AOP, avec notamment des difficultés pour les petites AOP. Il a alors rappelé les attentes des syndicats de la FNAOP sur le rôle que doit jouer l’INAO : adaptation des modalités de contrôles, liaison avec l’Europe, valorisation du concept d’AOP. Jean-Charles Arnaud, Président du Comité National des Appellations d’origine Laitières, Agroalimentaires et Forestières (instance de l’INAO en charge des AOP fromagères) a ainsi indiqué les décisions prises par l’INAO sur la simplification du traitement des plans de contrôles. Il a également rappelé la nécessité d’exigences fortes dans les cahiers des charges pour garantir le niveau d’excellence attendu par les consommateurs.
Le thème principal de l’AG était cette année la capacité des Organismes de Gestion (les syndicats de produit) à mettre en œuvre des outils de régulations des marchés, à l’échelle des fromages et du lait. A partir des expériences et des questions des syndicats franc-comtois et savoyards, l’Assemblée a débattu sur les initiatives engagées et les questions qui restent posées. Il faut en retenir que les systèmes doivent être conçus pour éviter les crises, les périodes critiques, et de ne pas forcément tout maîtriser.
L’important est d’avoir un cadre permettant l’obtention du consensus entre tous les opérateurs. Les outils de maîtrise, via la distribution les plaques de caséine identifiant chaque meule de fromage, permettent déjà une bonne gestion des mises en fabrication. Mais beaucoup de questions restent soulevées : il serait antinomique que la maîtrise de la production « fromagère » ne s’accompagne pas d’une autodiscipline des producteurs vis-à-vis de la maîtrise de la production « laitière ». Le consommateur ne comprendrait pas…
Pour répondre à ces questions, les dispositions prises dans la loi d’orientation agricole permettent de développer des outils appropriés, mais il faut que le cadre réglementaire européen accorde clairement la possibilité d’utiliser ces outils. La FNAOP attend donc beaucoup des discussions en cours, sur l’évolution des règlements concernant la politique de la qualité des produits et du marché laitier de l’Union Européenne. Dominique Chambon salue à ce titre le travail du CNAOL sur ce dossier et encourage les professionnels et les responsables politiques à se mobiliser pour obtenir la reconnaissance des dispositifs de maîtrise de l’offre pour les AOP.
La FNAOP en bref
L’association a pour objet la promotion et la défense des AOP fromagères et de leur ancrage au terroir, ainsi que la représentation et la défense de ses membres auprès des organismes nationaux et internationaux, des Pouvoirs Publics et de l’Union Européenne.
La FNAOP est composée de 17 syndicats interprofessionnels qui représentent actuellement 7 000 exploitations laitières, 900 ateliers artisanaux de transformation (dont 600 producteurs fermiers) et 70 maisons d’affinage, tous situés en zone difficile, montagneuse ou défavorisée.
Les 17 AOP de la FNAOP sont : Abondance, Banon, Beaufort, Bleu de Gex, Charolais*, Chevrotin, Comté, Gruyère*, Mont d’Or, Morbier, Ossau Iraty, Pélardon, Picodon, Reblochon, Rigotte de Condrieu*, Rocamadour, Tome des Bauges (*pour l’instant seulement reconnue comme AOC en France, mais pas encore en tant qu’AOP par l’Europe).