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Agrioccasions, les occasions agricoles

La FNSEA demande à Matignon de revoir sa copie

Conformément à son engagement lors de sa rencontre avec la FNSEA à Matignon le 19 décembre, le Premier ministre a fait parvenir un courrier de cinq pages à Arnaud Rousseau, président de la FNSEA sur la gestion de la crise agricole. « Le courrier reçu ne répond pas à cette attente », a commenté la FNSEA sur son compte X. Le syndicat majoritaire « attend du Premier ministre qu’il revoie sa copie d’ici le rendez-vous de la première semaine de janvier. Le compte n’y est pas ».

La FNSEA demande à Matignon de revoir sa copie
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Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, a reçu tous les syndicats agricoles (à l'exception du Modef) le 18 décembre.

« Malgré un récapitulatif utile de la situation et du contexte, aucun engagement opérationnel supplémentaire n’est apporté. Les réponses attendues, notamment sur les indemnisations des animaux bloqués, la sécurisation économique des exploitations ou encore le soutien aux céréaliers, ne sont pas au rendez-vous », explique la FNSEA. 

Chantiers majeurs

Le syndicat majoritaire a néanmoins répondu au Premier ministre dans un courrier du 20 décembre dans lequel il réitère ses demandes de « vision claire sur l’avenir de l’agriculture en France et en Europe » et d’« une politique publique permettant d’atteindre ce cap ». La FNSEA presse le gouvernement de « passer aux actes » et de faire publier les décrets d’application de la loi d’orientation et de la loi Duplomb. Elle regrette aussi que le Gouvernement reste inactif sur les projets structurants comme le plan Agriculture Méditerranée, le plan Fruits et Légumes, mais aussi les chantiers majeurs que constituent la gestion de l’eau, la simplification, la prédation, les questions sociales et fiscales. De manière très diplomatique, la FNSEA estime que le gouvernement méprise les agriculteurs, en prenant l’exemple des aires de captage : « Les discussions en cours avec le Gouvernement laissent à penser que nous ne l’abordons pas de la bonne manière ». Autre exemple : celui de 6.000 agriculteurs qui ont reçu fin 2025 des courriers leur ôtant une partie des aides Pac « pour de pures questions de formalités administratives ».

Espoirs déçus

« Les agriculteurs sont épuisés par les injonctions contradictoires, par les décalages entre les discours en faveur de la souveraineté et les contraintes imposées, par les politiques commerciales incohérentes avec nos normes de production… », écrit le président de la FNSEA qui évoque aussi la MACF, la crise viticole, la question de la mobilisation de la réserve européenne… La FNSEA attend les réponses du Premier ministre de pied ferme, sur ces nombreux dossiers, à l’occasion de leur rencontre prévue vers le 8 janvier. Si les espoirs des agriculteurs devaient être une nouvelle déçus, nul doute qu’ils reprendraient le chemin de la contestation. La trêve hivernale devrait être de courte durée à Matignon.

Mercosur : seulement un pas en arrière 

La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard a salué sur son compte X le report d’un mois de la signature de l’accord de libre-échange entre le Mercosur et l’Union européenne. « C'était la seule décision raisonnable, car il est en l'état inacceptable. Grâce à la détermination de la France et de plusieurs autres États membres (…) nous avons fait entendre nos préoccupations. C’est une avancée mais pas une victoire : la France restera pleinement mobilisée pour défendre ses agriculteurs et ses filières », a-t-elle écrit. Elle assure travailler « sur des mesures concrètes : la clause de sauvegarde, les mesures miroirs et le renforcement des contrôles ». 

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