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Pascal Michelot au Mont-Saint-Vincent

Le magicien de la nacre

Utilisant des coquillages venus du bout du monde, Pascal Michelot fait partie de ces rares personnes dans l’Hexagone qui savent aujourd’hui encore travailler cette matière première noble qu'est la nacre pour en faire des créations forcément uniques.
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De l’Australie à l’Indonésie en passant par la Polynésie et la Nouvelle-Zélande, Pascal Michelot voyage énormément, par coquillages interposés. Alors qu’il a longtemps cherché sa voie, multipliant les métiers, ce créateur s’épanouit pleinement dans son art depuis maintenant une quinzaine d’années. « Dès tout petit, j’ai collectionné les coquillages. A l’âge de dix ans, je confectionnais des lampes dans des coquillages ». Une passion qui le rattrape lorsqu’il cherche un emploi à sa mesure. Il devient vendeur de coquillages de collection. Mais, rapidement, il décide de se lancer dans le travail du coquillage au niveau artistique. Un domaine dont on compte aujourd’hui les nacriers sur les doigts d’une seule main en France. « Au début, j’ai réalisé des bijoux qui ont bien marché. Cela m’a encouragé à poursuivre dans cette direction ». Il se consacre alors à fond à cette activité.

Restaurations et créations


« Pour travailler une nacre, il faut d’abord bien la choisir. Car plusieurs nacres s’offrent à vous : la nacre noire polynésienne, la jaune d’Australie, la blanche d’Indonésie, la bleue de Nouvelle-Zélande et le Burgos de Polynésie, la plus belle nacre de la planète. Il existe encore d’autres variétés de nacre, d’eau douce et d’eau de mer, avec différentes couleurs. Toutes les couleurs de mes nacres sont naturelles. Je ne travaille pas la nacre teintée ». Des coquillages qui sont tous issus d’élevages. Néanmoins, Pascal Michelot éprouve quelques fois des difficultés d’approvisionnement. Pour palier à ce problème, il bénéficie de très bonnes relations avec les collectionneurs du monde entier.
A partir de cette matière première de qualité, l'artisan peut entamer son ouvrage et passer à l’étape du polissage. Après la découpe et l’ébavurage, la dernière phase consiste de nouveau à polir l’objet et à le faire briller. Un travail de patience et de minutie pour lequel il utilise principalement un touret et un outil de découpe diamanté. Mais cette tâche peut s’avérer pénible par moment, nécessitant de particulièrement bien se protéger les yeux. Fort de ce savoir-faire extrêmement rare, Pascal Michelot peut répondre à toutes sortes de demandes, qu’elles s’agissent de créations de pièces uniques ou de restaurations d’objets anciens. A l’image, dans ce dernier cas, d’une boîte à couture de plus de deux siècles du Palais Royal à Paris, ou encore d’une poignée d’épée destinée à l’ambassade de Belgique.
« De tout temps, la nacre a été un joyau de luxe et beaucoup de corps de métiers s’en sont servis. A notre époque, certains objets ont vieilli. Les clients me demandent de la restauration de pièces qui leurs sont chères ». Le tout en laissant, malgré tout, une large place à ses propres réalisation entre bijoux, figurines et autres lampes. « Ce qui m’intéresse, ce sont les défis ». On retiendra, en particulier, la création de poignées de cuisine en nacre, de pièces décoratives pour une harpe, de sols en nacre et de pièces d’ornement pour miroirs.

A découvrir en magasin


Comme beaucoup d’artistes et de créateurs, l’un des principaux obstacles rencontrés par Pascal Michelot réside en la mise en valeur de ses œuvres auprès du grand public. De ce fait, il a fait le choix d’installer sa propre boutique sur la place du marché au Mont-Saint-Vincent « car c’est un site magique ». Une très belle vitrine qui ouvrira ses portes les 6 et 7 avril prochains à l’occasion des Journées européennes des métiers d’art. Un magasin qui accueillera le public de 14 heures à 19 heures.
« Sur place, il y aura la reconstitution de mon atelier. Il y aura aussi une exposition-vente. L’objectif est de faire venir non seulement le grand public mais aussi les groupes, les associations et les scolaires ». Enfin, soucieux de transmettre ses connaissances, Pascal Michelot invite également à se rendre dans son atelier du Puley pour participer à des stages d’une à quatre journées aussi bien de découverte que de perfectionnement. L’idéal pour faire naître des vocations et partager une passion.

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