Le nécessaire moratoire
Certificats d’émission
Pour les forestiers, ces dispositions viennent amplifier leurs difficultés à investir. Depuis la suppression du Fonds forestier national en 1999, les investissements en forêt sont en berne. Or, pour mobiliser plus de bois (le déficit commercial de la filière bois en 2010 a atteint 6,4 milliards d’euros), il faut de nouvelles routes, des efforts de recherche et d’innovation, et relancer les plantations.
Nicolas Sarkozy a annoncé fin avril, lors d’un déplacement à Egletons en Corrèze qu’il fallait remettre à plat la fiscalité forestière pour favoriser les investissements. Un point sera fait d’ici la fin de l’année. Mais le principal levier devrait être apporté par les certificats d’émissions de carbone. A partir de 2013, tous les industriels vont devoir acheter aux enchères une partie des quotas d’émission de CO2 qui leur étaient jusqu’à présent donnés. 50 % de l’argent récolté par cette vente doit être consacré à des projets de lutte contre le changement climatique. « Une partie doit légitimement vous revenir », a indiqué Bruno le Maire, qui n’a pas pu venir à l’assemblée générale mais s’est exprimé dans une vidéo. Les prétendant vont être nombreux pour avoir accès à cette manne. « Je suis actuellement en discussion avec le Premier ministre sur ce sujet pour que vous soyez assurés d’avoir une ressource pérenne », a précisé le ministre de l’Agriculture. Mais, il faut en finir avec les oppositions au sein de la filière et mettre enfin en place une interprofession unique, aprévenu le ministre de l’Agriculture.
Services environnementaux
Enfin, les forestiers comptent également sur une rémunération des services environnementaux. Epaulés par le CNPF (Centre national de la propriété forestière), ils présenteront à l’occasion du congrès mondial de l’eau qui se tiendra en 2012 à Marseille, une démarche opérationnelle basée sur la contractualisation entre forestiers et collectivités territoriales portant sur les vertus épuratrices de la forêt. « Cela permettra aux forestiers concernés de recevoir une légitime rémunération des services qu’ils rendent dans ce domaine », a souligné Henri Plauche-Gillon. L’environnement n’est donc pas toujours synonyme de contraintes.
L’accroissement de la forêt française en question
Les chiffres de l’accroissement annuel de la forêt française, évalué à 103 millions de m3, sont actuellement remis en cause. Certains affirment qu’ils seraient moins élevés. « Il est urgent de disposer de chiffres fiables et crédibles à ce sujet de façon à bien apprécier ce qu’il nous faut faire pour en assurer au mieux la mobilisation. Nous attendons une très prochaine réponse autorisée à ce sujet afin de faire taire les rumeurs », a demandé Henri Plauche-Gillon. « Nous travaillons à sécuriser les chiffres de l’accroissement », a tenu à rassurer Corentin Mercier conseiller du ministre de l’Agriculture en charge de la forêt. Une réunion organisée dans le courant du mois de juillet avec l’ensemble de la filière devrait faire la lumière sur cette question.