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Pulvérisation / Que ce soit pour appliquer des herbicides ou pour traiter la vigne, le quad et les équipements de pulvérisation associés font l’affaire. Ils présentent l’avantage de pouvoir intervenir quand les ensembles plus classiques trouvent leur limite.
Véhicules régulièrement rencontrés dans les exploitations viticoles, les quads et les SSV sont de vrais engins utilitaires. Alternatifs à la fourgonnette, ils s’en démarquent par leur capacité de franchissement. Pour ce qui est de la vitesse de déplacement, ils peuvent jouer, selon les modèles, à armes égales avec les véhicules routiers. Même les quads et SSV qui plafonnent à une vitesse maximale de 60 ou 70 km/h n’ont pas à rougir sur les petites routes de campagne où la fourgonnette atteint rarement les 80 km/h autorisés. Mais peuvent-ils rivaliser aussi avec les tracteurs ?
Un petit moteur pour animer le pulvé
C’est ce que pensent certains viticulteurs, dans certaines conditions. Certes, ils ne sont pas dotés de prises de force, ni de circuit hydraulique nécessaires à certaines tâches, comme le rognage, le prétaillage, etc. Ils ne sont pas non plus suffisamment lourds pour réaliser de la traction lourde, comme pour le travail du sol sur l’interrang. Pourtant, leur légèreté constitue un atout bien apprécié des viticulteurs soucieux du tassement des sols, notamment pendant la période hivernale où les sols sont les plus sensibles à la compaction, car gorgés d’eau. « Sur le quad Polaris Ranger 570 chaussé large, on peut descendre la pression des pneumatiques à 140 grammes, confie Gilles Pasquier, dirigeant de RPM quads et accessoires, concessionnaire Polaris dans l’Anjou. Et sur le SSV Ranger, on descend à 210 grammes. » Des pressions inatteignables avec un tracteur interligne.
Pour pallier l’absence de prise de force, les constructeurs spécialisés proposent bien souvent un moteur annexe embarqué sur la plateforme arrière ou sur un véhicule remorqué. Et la pulvérisation ne fait pas exception. Bon nombre de constructeurs de pulvérisateurs proposent ainsi des solutions autonomes, composées d’une cuve, d’un circuit, d’une turbine et d’un dispositif d’application, embarquées sur un châssis traîné et animées par un moteur essence de 10 à 15 chevaux. Ce sont plus ou moins les mêmes que l’on retrouve sur les chenillettes, mais le confort de conduite et la vitesse de chantier ne sont évidemment pas les mêmes.
Une solution passe-partout
Bien souvent, ces pulvérisateurs traînés pour quad et SSV, facturés entre 12 000 et 18 000 euros, sont montés sur un châssis doté d’un double essieu de type balancier. Ce choix permet de gommer les irrégularités du sol, donc d’avoir une rampe plus stable et une meilleure qualité d’application, en plus de réduire la pression au sol en répartissant la charge sur quatre roues au lieu de deux. « Les viticulteurs l’ont bien compris, s’accordent à dire les constructeurs de pulvérisateurs, qui enregistrent généralement un pic de commandes de ces petits appareils lors des printemps particulièrement humides. Dans pareilles circonstances, l’ensemble quad-pulvérisateur peut sauver la saison si la pluie perdure en protégeant la vigne sans marquer les sols, là où un tracteur classique (et son pulvérisateur) s’embourberait. »
À la préoccupation de sauver la récolte dans ces conditions particulières, s’ajoute également un nombre croissant de viticulteurs soucieux de la vie du sol et qui souhaitent limiter les interventions au tracteur et les tassements. « On voit de plus en plus de viticulteurs intégrer le quad et les outils derrière dans leur étude prévisionnelle d’installation », constate Julien Lemasson, technico-commercial pour RPM.
Une autonomie plus réduite
Disposant d’un bloc de commande déporté sur le quad ou le SSV pour activer la pulvérisation, ces pulvérisateurs tractés autonomes, dont la largeur minimale varie de 1 à 1,25 m impliquent cependant un certain nombre de compromis. Avec une autonomie limitée (120 à 500 litres selon les marques), les pulvérisateurs derrière quad doivent être remplis plus souvent. Également, rares sont ceux qui disposent du débit proportionnel à l’avancement. Et le port d’EPI adaptés figure aussi dans les prérequis pour la santé de l’opérateur. Néanmoins, il est possible d’avoir une bonne qualité d’application avec des rampes face par face, chez certains constructeurs.
Ludovic Vimond