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A Saint-Germain-du-Bois

Le renouveau de la foire passe par l'occasion

Vieille de plus de deux siècles, la Foire du Renouveau de Saint-Germain-du-Bois subit, comme ses pairs, une lente érosion de sa fréquentation et un vrai changement au niveau de ses fondamentaux. Une évolution qui n’est pas inéluctable. Pour retrouver un second souffle, cette foire pourrait profiter de la présence d’un marché de l’occasion.
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A l’image du monde qui l’entoure, la Bresse subit la mutation de la société. Un changement qui a un impact, non seulement sur le quotidien, mais aussi sur les événements qui jalonnent la vie locale. A ses origines en 1783, la Foire du Renouveau avait une orientation clairement agricole. Néanmoins, ce rendez-vous a du faire face à un coup d’arrêt suite à la survenue de différents conflits et aux transformations des circuits commerciaux. En 1949, Monsieur Moudens, alors conseiller général du canton et maire de Saint-Germain-du-Bois, décide de régénérer la manifestation pour en faire un événement phare à la sortie de l’hiver. Reste que près de soixante-dix ans plus tard, si la Foire du Renouveau continue à attirer exposants et visiteurs, elle a, semble-t-il, perdu de son pouvoir d’attraction d’antan.

Acheter d’occasion, c’est acheter français !


Forte de ce constat et remarquant également l’essoufflement économique des autres foires du canton, la caisse locale du Crédit agricole du pays San-Germinois - à l'initiative de son président Daniel Beguyot - s’est penchée sur les moyens et les solutions à apporter pour donner une nouvelle dynamique à ces manifestations. Après mures réflexions est née l’idée de créer un marché de l’occasion. Car, dans un contexte difficile et une conjoncture compliquée, il est apparu intéressant de permettre au plus grand nombre de se procurer du matériel de qualité à moindre coût. A partir de là, les maires du canton se sont engagés à jouer le jeu et à informer leurs conseillers municipaux sur cette démarche. A charge ensuite à ces conseillers de faire savoir l’existence d’un tel marché. Pour sa part, le Crédit agricole a édité 40.000 cartes de visites et 5.000 porte-cartes jugés utiles pour expliquer et promouvoir cette action. D’un coût de 3.900 €, ce moyen de communication n’a semble-t-il pas rencontré le succès escompté auprès des élus.
Pourtant, dans une France qui compte de plus en plus ses deniers, le concept paraît plutôt séduisant. Lors de la Foire du Renouveau à Saint-Germain-du-Bois le troisième week-end de mars, lors de la Foire de la Balme à Bouhans le dernier week-end d’août et lors de la Foire de la Saint-Martin à Mervans le deuxième samedi d’octobre, les particuliers sont invités à mettre en vente gratuitement leurs biens, de la voiture à la tondeuse en passant par l’électroménager, les deux roues et autres camping-cars. En bref, à peu près tout, à l’exception de la brocante. Des particuliers qui peuvent s’inscrire, soit par Internet, soit par téléphone. Quant au slogan retenu, en l’occurrence "Acheter d’occasion c’est acheter français !", il signifie tout simplement qu’en se procurant une deuxième main lors de ces foires, l’argent récolté ne part pas dans les mains d’une quelconque entreprise d'importation, mais reste sur le territoire, lieu de vie du vendeur. Et cette somme participe ensuite à la vie économique de la région de chalandise. En outre, si le succès d’un tel marché de l’occasion venait à être au rendez-vous, cela pourrait à terme faire naître un cercle vertueux. chaque foire attirant davantage de visiteurs et, effet boule de neige, plus d’exposants.

Découvrir ce qu’est l’agriculture


Lors de cette édition 2014, tout était réuni pour faire de la Foire du Renouveau un succès populaire. A commencer par le temps qui, par le passé, n’avait pas épargné la commune avec, parfois, des épisodes neigeux peu propices à faire venir les visiteurs. Cette fois, les quelque cent cinquante exposants ont pu profiter de très bonnes conditions climatiques et d’une place centrale refaite à neuf à l’automne. Moins agricole que par le passé, cet événement continue de marier bon nombre de métiers, de la réfection de toitures au vendeur d’ustensiles de cuisine en passant par les vêtements, les vérandas et autres aspirations centralisées. Un joyeux mélange qui assure certes une grande diversité mais qui ne connaitrait sans doute pas la même fréquentation sans la partie agricole. Comme chaque année, l’Union syndicale cantonale s’est mobilisée pour créer un cadre agréable avec, en premier lieu, la présence d’une mini ferme toujours très prisée par petits et grands. On a pu notamment y apercevoir des chevaux de trait, des bovins, des poussins sous couveuse et autres moutons. Quant aux produits du terroir, ils étaient installés sous un chapiteau plus grand que de coutume. Une belle opportunité pour le public de se procurer volailles de Bresse, fromages, huiles, foie gras, vins, confitures, sirops, charcuteries, chocolats et même pâtisseries. Sans oublier, bien évidemment, la dégustation de gaufres à l’ancienne. Président de l’USC de Saint-Germain-du-Bois, Michel Prin s’est félicité de la présence de tous ces animaux, mais aussi de la participation d’une quinzaine de producteurs. « Une telle foire nous mobilise du mercredi au lundi. Nous sommes une dizaine de l’USC à y participer. Ce rendez-vous a pour objectif de permettre au plus grand nombre de découvrir ce qu’est l’agriculture. C’est surtout intéressant pour les citadins ».



A la rencontre d’un faiseur d’huile


Le week-end passé à Saint-Germain-du-Bois fut aussi un bon moyen de découvrir des producteurs locaux. Parmi ces derniers, on retiendra plus particulièrement Stéphane Boulet qui produit, à Frangy-en-Bresse, de l’huile de noix et de noisettes (en première pression dite à froid). Car après avoir fait des études au sein d'une Sup de Co et travaillé dans le domaine commercial plusieurs années sur Paris, ce « faiseur d’huile » a ressenti le besoin d’effectuer un retour aux sources et à la terre. Changement radical de vie pour lui qui propose à ses clients de repartir avec leur propre huile de noix ou de noisettes. Un producteur qui n’hésite à faire partager sa passion et à conseiller quant aux multiples usages et utilisations de l’huile.


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