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Biodiversité

Les eurodéputés au chevet des abeilles

Un projet de rapport sur la santé des abeilles doit être examiné par les
eurodéputés en juillet et pourrait mener à l’adoption d’une résolution
par le Parlement européen. La sur-mortalité diagnostiquée dans les
ruchers d’Europe demeure encore largement inexpliquée. L’Union européenne (UE) veut
définitivement en connaître les causes exactes pour réagir.
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La santé des abeilles en France et dans toute l’Europe inquiète les apiculteurs, les écologistes et les pouvoirs publics. Leur mortalité est en progression ces dernières années tandis que le nombre d’apiculteurs diminue dans l’Union européenne. Cette situation pourrait avoir un effet très grave sur la production alimentaire puisque 76 % de cette dernière et 84 % des espèces de plantes, cultivées ou non, dépendent de la pollinisation réalisée par les abeilles. Et c’est parce que leur butinage est une chose très sérieuse qu’un projet de rapport va être examiné en commission par les eurodéputés en juillet, en vue de l’adoption d’une résolution du Parlement de Strasbourg sur leur santé et la préservation du secteur apicole (production de miel). En mai dernier, le Conseil des ministres de l’Agriculture de l’UE a adopté des conclusions au sujet de la communication de la Commission européenne sur la santé des abeilles, publiée en décembre dernier.
Reste à déterminer les causes exactes de la mortalité accrue dans les colonies européennes d’abeilles. Début juin, une réunion organisée par le Réseau Biodiversité pour les abeilles et l’ONU a conclu à une multiplicité de facteurs pour expliquer cette hécatombe. Surtout, cette dernière demeure aujourd’hui largement inexpliquée par les experts scientifiques.

Effort de recherche


C’est pourquoi le projet de rapport soumis aux eurodéputés réclame de la Commission d'augmenter son soutien à la recherche sur la santé des abeilles. Il appelle à un niveau approprié de surveillance nationale des ruchers et à des normes de surveillance harmonisées au niveau européen. En vue d’une action future efficace, l’Europe veut s’appuyer sur des bases scientifiques objectives. La Commission affectera ainsi, avant fin 2011, 250.000 euros pour financer le laboratoire français Anses-Sophia Antipolis, désigné comme laboratoire de référence pour la recherche européenne sur la santé des abeilles. Début juin, un projet pilote européen a été annoncé pour la surveillance de leur mortalité et la collecte de données sur le sujet.
Le projet de rapport insiste aussi sur l’octroi d’un plus grand soutien financier dans le domaine de la recherche et du développement de nouveaux produits vétérinaires pour les abeilles. Car l’une des causes connues de leur mortalité est liée aux nuisibles et aux maladies, en particulier celle dite de la varroase. On sait par ailleurs que l'introduction de maladies et/ou de nuisibles exotiques menace directement les abeilles européennes.

Pesticides


Le texte soumis aux eurodéputés réclame en outre de continuer à évaluer les risques de l'utilisation de certains pesticides (insecticides ou fongicides) sur la santé des abeilles et de mettre en place un système obligeant les agriculteurs à notifier les produits qu’ils utilisent avant leur application sur les parcelles. En 2006, l’utilisation de l’insecticide Gaucho, produit par la société Bayer Cropscience, a été interdite en France en raison d’effets jugés très préoccupants pour la santé des abeilles. Mais force est de constater que ces dernières continuent de mourir dans des proportions anormales. Le projet de rapport plaide également pour une recherche sur d’éventuels effets négatifs des cultures OGM et des monocultures.
Enfin, ce texte invite Bruxelles à renforcer et développer des mesures agro-environnementales spécifiques à l'apiculture, dans le cadre de la réforme de la politique agricole européenne (Pac) après 2013, dont les discussions débutent cette année. Il s’agirait par exemple de privilégier
davantage la mise en place de prairies et de bordures de champs riches en fleurs et en pollen, afin d’accroître la diversité biologique et conserver les habitats naturels des abeilles mellifères, sauvages et des bourdons. Le Parlement européen demande aussi un soutien financier général accru au secteur apicole après 2013.

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