Crise des fruits et légumes
Les pouvoirs publics interpellés
Après la réunion extraordinaire du Conseil spécialisé Fruits et légumes de FranceAgriMer, les producteurs de fruits et légumes attendaient avec impatience l’annonce d’un plan de sauvetage. Le cabinet du ministre de l’Agriculture doit rencontrer les professionnels, le 19 Août à Paris.
« Un génocide économique est en train de se produire. Il faut savoir si les pouvoirs publics veulent abandonner la production comme ils l’ont fait pour la sidérurgie ou s’ils veulent donner encore des perspectives aux producteurs de fruits et légumes » s’est indigné Patrick Trillon, le président du Conseil spécialisé fruits et légumes de FranceAgriMer à l’issue de la réunion exceptionnelle du 17 août à Paris. Le message a été entendu. Le ministre de l’Agriculture doit recevoir les représentants professionnels des producteurs, le 19 août à Paris.
La demande de rendez-vous avait été également faite la veille, par Xavier Beulin, le président de la FNSEA. Après les actions syndicales de la semaine dernière, la réunion tant attendue entre professionnels et pouvoirs publics à FranceAgrimer n’est guère allée très loin. Au mieux un diagnostic partagé sur la gravité de la crise qui frappe les producteurs de fruits et légumes. « Il n’y a pas eu de décision prise » mais « des constats partagés par tous » ont indiqué pour leur part Bruno Dupont, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits et Angélique Delahaye, présidente de Légumes de France. Les professionnels espèrent l’annonce « d’un véritable plan de sauvetage » des producteurs, malmenés par des crises récurrentes depuis un certain nombre d’années. Et pas seulement des reports de charges qui ne font que perpétuer les difficultés d’une année sur l’autre. Le ministre est attendu sur plusieurs fronts. D’abord celui des charges. Les producteurs de fruits et de légumes ne cessent de dénoncer le différentiel sur le coût du travail avec l’Espagne. Quasiment du simple au double, estime Jérôme Despey, secrétaire général adjoint de la FNSEA. « Quand les Espagnols affichent un coût salarial de l’ordre de 6,50 € l’heure alors que les Français doivent acquitter 11 € l’heure ». Les professionnels demandent d’étendre au travail permanent la prise en charge des cotisations sociales patronales sur le travail saisonnier décidée en 2009. Le ministre devra également se prononcer sur les distorsions de concurrence qui pénalisent les producteurs français. Et les producteurs de déplorer l’utilisation de produits phytosanitaires en Espagne alors qu’ils sont interdits en France. Ce qui renvoie à la nécessaire harmonisation des conditions de production au niveau communautaire. Au final « il faudrait 1,3 €/kg pour équilibrer le coût de production de la pêche et nectarine, alors que les producteurs sont payés moins d’un euro/kg et que les producteurs espagnols bradent leur marchandise à 50 à 60 centimes/kg », juge Jérôme Despey ;
Autre demande des professionnels faire simplement respecter la loi française. Ainsi Bruno Dupont, observe que la contractualisation prévue par la loi de modernisation de l’Agriculture ne s’applique pas. « Faisons appliquer la loi » insiste-t-il. Même remarque d’Angélique Delahaye, la présidente de Légumes de France évoquant les rabais, remises et autres ristournes qui se pratiquent toujours alors que la loi de modernisation agricole les a interdits. Idem pour les prix après vente qui restent monnaie courante. Et pour ce qui est l’épisode de l’E.Coli, elle considère que la crise n’a pas été soldée et que les tomates et concombres « n’ont pas retrouvé les prix et volumes » normaux. Aussi en appelle t’elle à la puissance publique pour indemniser les producteurs à la hauteur des besoins. En attendant, elle réitère son mot d’ordre, de faire la grève des paiements des cotisations sociales, des assurances et des remboursements d’emprunt, pour sensibiliser les pouvoirs publics « et les mettre devant leurs responsabilités ». Avant qu’il ne soit trop tard.
La demande de rendez-vous avait été également faite la veille, par Xavier Beulin, le président de la FNSEA. Après les actions syndicales de la semaine dernière, la réunion tant attendue entre professionnels et pouvoirs publics à FranceAgrimer n’est guère allée très loin. Au mieux un diagnostic partagé sur la gravité de la crise qui frappe les producteurs de fruits et légumes. « Il n’y a pas eu de décision prise » mais « des constats partagés par tous » ont indiqué pour leur part Bruno Dupont, président de la Fédération nationale des producteurs de fruits et Angélique Delahaye, présidente de Légumes de France. Les professionnels espèrent l’annonce « d’un véritable plan de sauvetage » des producteurs, malmenés par des crises récurrentes depuis un certain nombre d’années. Et pas seulement des reports de charges qui ne font que perpétuer les difficultés d’une année sur l’autre. Le ministre est attendu sur plusieurs fronts. D’abord celui des charges. Les producteurs de fruits et de légumes ne cessent de dénoncer le différentiel sur le coût du travail avec l’Espagne. Quasiment du simple au double, estime Jérôme Despey, secrétaire général adjoint de la FNSEA. « Quand les Espagnols affichent un coût salarial de l’ordre de 6,50 € l’heure alors que les Français doivent acquitter 11 € l’heure ». Les professionnels demandent d’étendre au travail permanent la prise en charge des cotisations sociales patronales sur le travail saisonnier décidée en 2009. Le ministre devra également se prononcer sur les distorsions de concurrence qui pénalisent les producteurs français. Et les producteurs de déplorer l’utilisation de produits phytosanitaires en Espagne alors qu’ils sont interdits en France. Ce qui renvoie à la nécessaire harmonisation des conditions de production au niveau communautaire. Au final « il faudrait 1,3 €/kg pour équilibrer le coût de production de la pêche et nectarine, alors que les producteurs sont payés moins d’un euro/kg et que les producteurs espagnols bradent leur marchandise à 50 à 60 centimes/kg », juge Jérôme Despey ;
Autre demande des professionnels faire simplement respecter la loi française. Ainsi Bruno Dupont, observe que la contractualisation prévue par la loi de modernisation de l’Agriculture ne s’applique pas. « Faisons appliquer la loi » insiste-t-il. Même remarque d’Angélique Delahaye, la présidente de Légumes de France évoquant les rabais, remises et autres ristournes qui se pratiquent toujours alors que la loi de modernisation agricole les a interdits. Idem pour les prix après vente qui restent monnaie courante. Et pour ce qui est l’épisode de l’E.Coli, elle considère que la crise n’a pas été soldée et que les tomates et concombres « n’ont pas retrouvé les prix et volumes » normaux. Aussi en appelle t’elle à la puissance publique pour indemniser les producteurs à la hauteur des besoins. En attendant, elle réitère son mot d’ordre, de faire la grève des paiements des cotisations sociales, des assurances et des remboursements d’emprunt, pour sensibiliser les pouvoirs publics « et les mettre devant leurs responsabilités ». Avant qu’il ne soit trop tard.