Philippe Jouanin
Limousine et conduite économe
A l’occasion de l’assemblée générale de la section régionale du Herd-book limousin en Saône-et-Loire, Philippe Jouanin a ouvert son exploitation aux participants. L’opportunité de redécouvrir cet élevage limousin en plein cœur du Brionnais.
Une fois n’est pas coutume, cette année, l’assemblée générale de la section régionale du Herd-book limousin avait choisi de faire escale en terre charolaise : à Saint-Didier-en-Brionnais, commune où est située l’exploitation de Philippe Jouanin. L’occasion d’une visite d’élevage pour la quarantaine de participants venus de tout le grand sud-est de la France.
Installé en "hors cadre familial" en 1988, Philippe Jouanin avait à l’époque opté pour la limousine. Il en fait vêler aujourd’hui environ 65 sur une petite centaine d’hectares en plein Brionnais. Aidé de son épouse, Philippe a développé un système résolument économe basé sur une conduite « toute à l’herbe » et des vêlages tardifs. Profitant du potentiel de ses prairies brionnaises, l’éleveur complémente le moins possible ses animaux. Les veaux naissant en toute fin d’hiver, les charges d’hivernage s’en trouvent nettement allégées, d’autant que les vaches sont toutes logées « à l’attache » ce qui économise beaucoup de paille. « Comme les veaux nés entre février et avril sortent très vite dehors, les problèmes sanitaires sont quasi inexistants », commente l'éleveur. Les saillies se font au pré de manière on ne peut plus naturelle.
Grosse demande en reproducteurs
Avec son cheptel inscrit, Philippe produit principalement des reproducteurs. Loin du berceau de race, l’éleveur n’a aucun mal à écouler ses animaux. Sans concours, ni portes ouvertes, mais avec seulement des petites annonces dans la presse agricole et en bénéficiant d’une clientèle fidèle, l’élevage est parvenu à vendre à la reproduction 80 % de sa production en 2010 ! Les mâles sont vendus à 18 mois "prêts à saillir", un créneau où la demande est très forte, constate Philippe. Avant cela, les jeunes mâles ne reçoivent aucune complémentation sous la mère. Après sevrage, ils sont hivernés avec une ration minimale d’entretien puis relâchés au printemps avant d’être commercialisés. L’an dernier, Philippe en a vendu 22. Deux sont passés par la station d’évaluation de Lanaud en Haute-Vienne, où ils ont été adjugés respectivement à 3.300 et 3.800 €. Huit animaux ont été vendus inscrits au prix moyen de 2.210 € et 14 non inscrits ont été valorisés 1.700 €. Excepté les deux taureaux passés par la station nationale, et qui sont partis pour le Danemark et la Moselle, les reproducteurs partent essentiellement pour des départements limitrophes à la Saône-et-Loire.
Côté femelles, Philippe commercialise des vaches pleines : 19 sont ainsi parties en 2010 dans une fourchette de prix allant de 1.350 € à 1.900 €. Trois réformes ont été engraissées au pré. Avec un poids moyen de carcasse de 420 kg, elles ont été payées 1.437 € en moyenne par animal. Selon lui, « la viande de limousine vaudrait 0,20 à 0,30 € de plus le kilo que la charolaise ».
Des qualités d’élevage indiscutables
Outre ces bonnes ventes, Philippe apprécie les grandes qualités d’élevage de la limousine. Dans son système avec saillies naturelles, les vaches vides sont rares. L’éleveur n’a eu à déplorer qu’une seule césarienne en 23 ans d’activité ! Cet hiver, les deux torsions enregistrées dans l’élevage n’ont pas empêché les vêlages de se dérouler sans encombre derrière. Autre avantage attribué à la race : « les veaux sont très débrouillards à la naissance. Ils tètent tout seul et tout de suite et ils sont nettement plus résistants aux maladies », assure Philippe. Au final, tout cela concourt à garantir un nombre de veaux sevrés supérieur à la moyenne. L’éleveur pointe aussi la grande sobriété des mères qui permet de les hiverner avec seulement une tonne de matière sèche.
Installé en "hors cadre familial" en 1988, Philippe Jouanin avait à l’époque opté pour la limousine. Il en fait vêler aujourd’hui environ 65 sur une petite centaine d’hectares en plein Brionnais. Aidé de son épouse, Philippe a développé un système résolument économe basé sur une conduite « toute à l’herbe » et des vêlages tardifs. Profitant du potentiel de ses prairies brionnaises, l’éleveur complémente le moins possible ses animaux. Les veaux naissant en toute fin d’hiver, les charges d’hivernage s’en trouvent nettement allégées, d’autant que les vaches sont toutes logées « à l’attache » ce qui économise beaucoup de paille. « Comme les veaux nés entre février et avril sortent très vite dehors, les problèmes sanitaires sont quasi inexistants », commente l'éleveur. Les saillies se font au pré de manière on ne peut plus naturelle.
Grosse demande en reproducteurs
Avec son cheptel inscrit, Philippe produit principalement des reproducteurs. Loin du berceau de race, l’éleveur n’a aucun mal à écouler ses animaux. Sans concours, ni portes ouvertes, mais avec seulement des petites annonces dans la presse agricole et en bénéficiant d’une clientèle fidèle, l’élevage est parvenu à vendre à la reproduction 80 % de sa production en 2010 ! Les mâles sont vendus à 18 mois "prêts à saillir", un créneau où la demande est très forte, constate Philippe. Avant cela, les jeunes mâles ne reçoivent aucune complémentation sous la mère. Après sevrage, ils sont hivernés avec une ration minimale d’entretien puis relâchés au printemps avant d’être commercialisés. L’an dernier, Philippe en a vendu 22. Deux sont passés par la station d’évaluation de Lanaud en Haute-Vienne, où ils ont été adjugés respectivement à 3.300 et 3.800 €. Huit animaux ont été vendus inscrits au prix moyen de 2.210 € et 14 non inscrits ont été valorisés 1.700 €. Excepté les deux taureaux passés par la station nationale, et qui sont partis pour le Danemark et la Moselle, les reproducteurs partent essentiellement pour des départements limitrophes à la Saône-et-Loire.
Côté femelles, Philippe commercialise des vaches pleines : 19 sont ainsi parties en 2010 dans une fourchette de prix allant de 1.350 € à 1.900 €. Trois réformes ont été engraissées au pré. Avec un poids moyen de carcasse de 420 kg, elles ont été payées 1.437 € en moyenne par animal. Selon lui, « la viande de limousine vaudrait 0,20 à 0,30 € de plus le kilo que la charolaise ».
Des qualités d’élevage indiscutables
Outre ces bonnes ventes, Philippe apprécie les grandes qualités d’élevage de la limousine. Dans son système avec saillies naturelles, les vaches vides sont rares. L’éleveur n’a eu à déplorer qu’une seule césarienne en 23 ans d’activité ! Cet hiver, les deux torsions enregistrées dans l’élevage n’ont pas empêché les vêlages de se dérouler sans encombre derrière. Autre avantage attribué à la race : « les veaux sont très débrouillards à la naissance. Ils tètent tout seul et tout de suite et ils sont nettement plus résistants aux maladies », assure Philippe. Au final, tout cela concourt à garantir un nombre de veaux sevrés supérieur à la moyenne. L’éleveur pointe aussi la grande sobriété des mères qui permet de les hiverner avec seulement une tonne de matière sèche.