Michel Fournier, la voix des territoires ruraux entre au Gouvernement
Quelques jours à peine après avoir animé l’assemblée générale de l’Association des maires ruraux de Saône-et-Loire (AMR71), Michel Fournier a été nommé ministre délégué à la Ruralité. Une nouvelle accueillie avec enthousiasme par les élus du département, qui voient dans cette nomination la reconnaissance d’un engagement de longue haleine pour les communes rurales et leurs habitants.
Le 4 octobre dernier, à Verdun-Ciel, le président national de l’Association des maires ruraux de France (AMRF) avait marqué les esprits par une intervention dense, chaleureuse et sans langue de bois. Face aux maires réunis autour du président départemental Jean-François Farenc, Michel Fournier avait défendu une ruralité vivante, exigeante et profondément moderne : « La ruralité n’est pas une nostalgie du passé, c’est une promesse d’avenir. »
Un engagement total pour les communes rurales
Maire de "Les Voivres" (Vosges) depuis 1989, Michel Fournier connaît la réalité du terrain. À Verdun-sur-le-Doubs-Ciel, il a rendu hommage au travail des élus ruraux, évoquant notamment les combats menés par l’AMR71 pour faire réintégrer plusieurs communes injustement écartées des dispositifs de revitalisation. « Quand votre président a quelque chose entre les dents, il ne lâche pas, » a-t-il salué, non sans humour.
S’il a félicité l’action collective, Michel Fournier a aussi alerté sur la fatigue des maires, confrontés à une charge croissante et à une reconnaissance encore insuffisante. Il a plaidé avec force pour l’adoption du statut de l’élu local, véritable protection permettant de concilier vie professionnelle et engagement public : « Nous sommes les seuls éléments de stabilité de ce pays. Le “merci” qu’on attend, c’est la reconnaissance de ce que nous représentons. »
Des convictions claires : jeunesse, parité, fiscalité, proximité
Le président de l’AMRF a également insisté sur la nécessité d’impliquer les jeunes et de recréer sans cesse de nouveaux noyaux d’engagement associatif et communal. Pour lui, l’avenir de la République des villages passe par la transmission et l’exemplarité : « Il faut avoir envie d’avoir envie. »
Sur la parité, Michel Fournier a rappelé que de nombreuses petites communes l’appliquaient depuis longtemps, sans contrainte. Quant à la fiscalité locale, il a dénoncé la suppression de la taxe d’habitation, qui a selon lui, « coupé le lien fiscal entre habitants et commune », proposant à la place une taxe communale citoyenne, modeste, mais universelle, pour recréer ce lien civique.
Enfin, il a défendu avec vigueur la commune comme cellule de base de la démocratie locale, face à la tentation de la centralisation : « Plus on parle de décentralisation, plus on centralise, » a-t-il lancé, appelant à conforter dans la Constitution : la compétence générale de la commune.
Une nomination symbolique et porteuse d’espoir
Dans son communiqué national, l’AMRF a salué la nomination d’un « homme libre au service des territoires ruraux et des 22 millions de citoyens qui y vivent et les animent au quotidien ». Deux semaines après un congrès national placé sous le thème « Le futur s’invente au village », cette entrée au Gouvernement symbolise la volonté d’un dialogue renouvelé entre l’État et les élus de proximité.
Pour les maires ruraux de Saône-et-Loire, cette nomination n’est pas seulement une fierté : c’est un signe d’espoir. L’espoir de voir enfin la ruralité, qui représente 88 % du territoire Français, reconnue comme une priorité nationale.
Et pour reprendre les mots de Michel Fournier, désormais ministre :
« Le pays a besoin de nous. Et nous, nous avons besoin de faire en sorte que ce pays aille mieux. »