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Agrioccasions, les occasions agricoles
Énergies renouvelables à la ferme

Oui à la méthanisation

Francis Claudepierre est le premier à avoir installé une unité de méthanisation en France, il y a une dizaine d’années, à l’époque où il n’existait pas encore de tarifs officiels d’achat de l’électricité. Fort de l’expérience acquise, il vient d’en construire une nouvelle unité d’une capacité de 250 kwh. Mais en réfléchissant sur son investissement dans son système d’exploitation.
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Producteur de lait sur 112 hectares, à Mignéville, en Meurthe-et-Moselle, Francis Claudepierre a conçu son installation de méthanisation comme faisant partie intégrante de son système d’exploitation. Son élevage a été converti à l’agriculture biologique avec l’abandon du système traditionnel maïs ensilage/soja pour privilégier la culture de l’herbe, la luzerne et de céréales autoconsommées.
L’électricité produite est vendue au réseau, mais la chaleur dégagée par le cogénérateur est utilisée pour sécher le foin dans la grange et pour les besoins de la ferme. Le complément sert à chauffer l’école communale et six appartements proches. Le digestat de la méthanisation est utilisé comme engrais organique sur ses terres.
Francis qui « a essuyé beaucoup de plâtres » pour concrétiser son projet ne regrette pas son choix. « J’ai retrouvé aujourd’hui un niveau de production laitière (6200 litres par vache) satisfaisant, sans rien acheter », se félicite-t-il. Mais c’est parce qu’il a fait une grande partie des travaux lui-même qu’il peut s’en sortir reconnaît-il aussitôt. « Avec les tarifs actuels et les investissements requis, mon installation n’est pas rentable » avoue-t-il.

L’exemple allemand



Plus de 5.000 installations de méthanisation en Allemagne à ce jour, moins de trente en France ! Qu’est-ce qui peut expliquer un tel succès de l’autre côté du Rhin et le peu d’engouement chez nous. Essentiellement les tarifs d’achat de l’électricité : 23 centimes le kWh en moyenne en Allemagne, annonce Martin Armbruster, conseiller technique biogaz à la chambre d’agriculture du Sud Bade-Wurtemberg, contre 11 à 14 centimes en France. Là-bas, les pouvoirs publics affichent un objectif politique : « Notre souci a été de diversifier le revenu des agriculteurs allemands. Sans oublier l’influence des écologistes. Nous avons bénéficié également de la grosse pression des Verts soucieux d’éliminer les odeurs des effluents d’élevage », explique Martin Armbruster. En Allemagne, en effet, la population rurale est plus dense qu’en France et les habitants sont plus sensibles aux nuisances olfactives.
« Mais aujourd’hui l'État est en train de revoir à la baisse les tarifs d’achat » en raison du coût pour les finances publiques, corrige-t-il. Et ce d’autant plus que « de très grosses unités qui n’ont pas été montées par les agriculteurs utilisent du maïs ensilage pour la production de biogaz, à la place des effluents d’élevage ». Ce qui a provoqué une augmentation du prix du maïs que Martin Armbruster juge excessive.