Pour Florian Chatry, être agriculteur et chasseur, ça va de soi !
Agriculteur à Verdun-sur-le-Doubs, Florian Chatry est aussi le président de la société de chasse communale. Dans ce territoire typique du Val-de-Saône, le quadragénaire se fait l’apôtre d’une chasse avant tout au service de tous.
Florian Chatry est producteur de grandes cultures en Gaec avec son oncle à Verdun-sur-le-Doubs. Titulaire d’un bac pro agricole, Florian a travaillé 15 ans comme paysagiste avant de prendre la place de son père dans le Gaec, il y a dix ans. L’exploitation couvre aujourd’hui 248 hectares dont 235 de cultures (blé, orge, colza, soja, maïs). Le siège de la ferme, aux portes de Verdun, se trouve dans une zone protégée des crues de la Saône par un jeu de digues. Les terres d’alluvion du secteur ont un bon potentiel, confie l’agriculteur, mais une partie sont inondables. Elles sont aussi à la merci d’un certain nombre de ravageurs comme les corbeaux, les ragondins, les blaireaux qui font beaucoup de dégâts aux cultures, aux fossés, aux digues…
« On aménage l’habitat pour le petit gibier »
Florian connaît bien le sujet, étant à la fois céréalier et chasseur. Il préside la société de chasse de Verdun qui compte 14 adhérents pour une surface d’un peu plus de 600 hectares de champs, bosquets et friches parcourus par la Saône et la Cosne, un petit affluent. Florian chasse sur Verdun et la commune voisine de Saint-Maurice-en-Rivière. Dans ce secteur de plaine du Val-de-Saône, le grand gibier n’est pas très abondant. Avec ses collègues chasseurs, Florian ne prélève que quelques sangliers et chevreuils chaque année. En revanche, ils aiment chasser le lièvre, pour lequel l’agriculteur implante des couverts spécifiques (jachère environnement et faune sauvage). « Nous avons une bonne reproduction de petit gibier », confie Florian qui évoque aussi la présence de faisans pour lesquels, « on installe des agrainoirs. On aménage l’habitat », fait valoir l’agriculteur qui montre une parcelle couverte d’un mélange herbager pérenne mis au point par la Fédération des chasseurs. Florian a aussi replanté des haies et sur des parcelles classées en zone Natura 2000, il a implanté des jachères pour les vanneaux huppés…
Ragondins et blaireaux menacent les digues
Très attaché à la nature, au petit gibier et à son terroir, Florian est intarissable sur ce territoire de plaine alluviale à l’habitat si particulier et au fonctionnement tellement lié à la Saône. « Chez nous, le problème, ce sont les corbeaux, les ragondins, les blaireaux », explique-t-il. Ragondins et blaireaux font beaucoup de dommages aux digues qui protègent les riverains des crues de la Saône. Sans ces ouvrages, une partie des habitations de Verdun et des hameaux alentour se retrouveraient sous les eaux. Et la problématique est aggravée par un manque d’entretien lié au transfert de la charge vers les communes faute de moyens…
Blaireaux et ragondins s’avancent jusqu’à l’intérieur des champs, laissant d’impressionnants trous de galerie. Outre les dégâts aux ouvrages hydrauliques, ces terriers sont source de casse pour le matériel, indique l’agriculteur qui renseigne tous les dégâts qu’il observe. « Il faut déclarer tous ces dégâts et faire remonter quelles espèces les ont faits. C’est important pour le classement des animaux nuisibles et pour obtenir le droit de les piéger », explique Florian. Chasseur, piégeur agréé, il capture environ 150 ragondins par an, y compris sur la lagune de Verdun. Chaque année, la société de chasse fait venir un équipage de vénerie sous terre pour le déterrage de blaireaux. Les chasseurs de Verdun tirent également des renards qui font des dégâts aux poulaillers.
Du monde pour lutter contre les corvidés
Depuis plusieurs années, l’équipe s’est mise à tirer aussi les corvidés. Cinq ou six tireurs interviennent à la demande des agriculteurs au moment des semis et levées de tournesol, maïs, soja. Florian précise que les agriculteurs ont cette possibilité de demander la destruction par des chasseurs d’espèces classées ESOD (corneille, corbeaux freux, pigeons) sur leurs parcelles. « Il faut du monde pour cette chasse qui se pratique à l’affût », commente-t-il qui, outre les adhérents de son association, fait appel à « des copains ». Dans son secteur, il connaît par ailleurs d’autres céréaliers qui ont le projet de passer le permis de chasser pour lutter contre ces dégâts de corvidés aux cultures.
Ce rôle de régulation des espèces génératrices de dégâts est une activité que prend très au sérieux la société de chasse de Florian. Seul agriculteur de l’association, le président a su sensibiliser les autres adhérents aux problématiques dégâts de gibier et c’est dans une excellente ambiance que tous acceptent cette approche très responsable de la chasse.
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