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Association des moulins de Saône-et-Loire

Pour préserver un patrimoine unique

Née en 2010, l’association des moulins de Saône-et-Loire a non seulement pour ambition de rassembler les propriétaires autour d’une passion et de problématiques communes, mais bien évidemment de participer à la sauvegarde d’un patrimoine unique.
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Auteur d’un ouvrage extrêmement documenté intitulé tout simplement "Les moulins de Saône-et-Loire", Gérard Mignot a été l’un des instigateurs de la naissance de l’association éponyme présidée par Roger Chavanne. Adhérente à la FFAM (Fédération française des associations de sauvegarde des moulins), cette structure a été créée en 2010 et regroupe aujourd’hui une cinquantaine de personnes. Ses objectifs sont multiples. Il s’agit bien évidemment de rassembler les propriétaires de moulins autour de problématiques communes et de dispenser des conseils sur, par exemple, le droit des eaux. Il convient aussi de les guider vers les bons interlocuteurs et de préciser leurs devoirs, notamment au niveau des vannages. Il leur est également possible de fabriquer de l’électricité à partir d’une énergie inépuisable et de la revendre à EDF. L’ambition est aussi de recenser les moulins, de mieux les connaître, de les sauvegarder, d’en assurer la promotion et l’animation. Chaque année, l’association invite ainsi à participer à des visites de moulins. La dernière en date s’est déroulée dans le proche Jura. Et la prochaine est programmée à la fin de l’année 2013 dans le Brionnais. « Nous avons la volonté d’essaimer au niveau départemental », précisent ses dirigeants.

La Saône-et-Loire, terre de moulins


Sur le territoire qui n’était alors pas encore dénommé Saône-et-Loire, on voit apparaître en petit nombre, dès l’époque gallo-romaine, des moulins hydrauliques. Ils sont généralement à côté ou dans les villes. Du Ve au Xe siècle, la quantité de moulins augmente peu du fait des invasions et des guerres. L’âge d’or se situe du XIe au XIVe siècle. On peut estimer leur nombre à au moins 300. L’abolition des privilèges, le 4 août 1789, permet aux meuniers de devenir propriétaires et aux particuliers d’acheter ou de construire des moulins. Lors du recensement napoléonien de 1809, on compte 1.100 moulins à eau et 40 moulins à vent. Ils se développent de manière conséquente du fait des difficultés de transport. Les paysans souhaitent avoir un moulin, même très petit, à moins de deux heures de marche avec un attelage. Au XIXe siècle, on commence à parler de minoteries, entraînées par des chutes importantes, des turbines et parfois des machines à vapeur. La guerre 14-18 et la crise de 1936 font disparaître beaucoup de petits moulins, malgré une embellie lors du second conflit mondial. Il y avait encore 174 moulins en fonctionnement en 1950. En 2009, il ne restait que 11 établissements fabriquant de la farine en Saône-et-Loire.
Lorsque l’on se penche sur la fonction des moulins lors des siècles passés, leurs usages étaient multiples. Ils étaient utilisés aussi bien pour la nourriture que pour le sciage, la forge, la création d’objets en porcelaine, l’écrasement de fèves de cacao… Véritable lieu de vie avec différents bâtiments, le moulin ne constituait souvent qu’une activité parmi d’autres. Le propriétaire était fréquemment obligé d’avoir une activité secondaire, généralement agricole. Quant au coût du moulin, il était essentiellement constitué par le prix des tiges d’entraînement des meules et des pierres de la meule.

Week-end portes ouvertes


Disposant de quatorze bassins hydrauliques, la Saône-et-Loire est l’un des huit plus importants départements en France pour ce qui est de la présence de moulins. Pour faire connaître non seulement l’association mais surtout ce remarquable patrimoine, la structure départementale participe une nouvelle fois aux "Journées des moulins". Organisé nationalement le troisième week-end de juin, ce rendez-vous se déroulera cette année le samedi 15 et le dimanche 16 juin prochain. Le thème retenu cette année est le rond (des meules, des roues…). L’objectif est de permettre au grand public de visiter plusieurs moulins et de permettre un riche échange avec les propriétaires et les membres de l’association. Les curieux pourront ainsi se rendre à La Chapelle de Bragny (samedi de 15 h à 17 h), à Lugny-lès-Charolles (samedi et dimanche de 14 h à 18 h), à Salornay-sur-Guye (samedi de 9 h à 12 h et de 14 h à 18 h), à Sigy-le-Châtel (dimanche de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h) et à Vitry-lès-Cluny (dimanche de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h).

Pour tout renseignement, n'hésitez pas à contacter l'Office de tourisme de Saint-Gengoux-le-National, tél. : 09.77.35.14.40.


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