Pourquoi pas sur son exploitation ?
Des applications variées
La principale utilisation de l’énergie éolienne aujourd’hui est en effet l’injection sur le réseau électrique, avec la vente d’une partie ou de la totalité de l’électricité produite. Le pompage hydraulique - pour l’irrigation des cultures ou l’alimentation en eau du bétail - n’est pas abordé ici. Citons également les petites éoliennes installées en "sites isolés", c’est-à-dire des sites difficilement raccordables au réseau électrique ; celles-ci permettent alors l’autoconsommation des bâtiments non raccordés. Attention cependant, dans ce cas, au coût important des batteries pour le stockage de l’énergie et à la nécessité de coupler l’éolien avec d’autres sources d’énergie comme le solaire ou un groupe électrogène.
Vendre le surplus
Le plus souvent, l’électricité produite par les petites éoliennes ne bénéficie pas des mêmes conditions tarifaires que celle de leurs grandes sœurs situées en Zones de développement éolien (ZDE) qui sont des zones avec obligation d’achat par EDF. Ainsi, les tarifs peuvent varier de 6 à 8 centimes d’€/kWh hors ZDE pour des contrats d’achat d’une durée de 3 à 20 ans avec des opérateurs comme Enercoop, Poweo, Direct Energie ou Planète Oui. Rappelons que les factures d’électricité payées par les particuliers en France tournent autour de 10 centimes d’€/kWh en moyenne… C’est pourquoi seule l’électricité qui n’est pas consommée sur place est vendue en général.
La bonne implantation
La hauteur de l’éolienne est essentielle pour la production d’énergie. La quantité d’énergie peut en effet doubler pour un mât deux fois plus grand ! Un autre facteur important à prendre en compte pour le potentiel éolien : le site d’implantation. C’est presque une évidence mais il est indispensable de choisir un endroit où il y a "du vent"… Ce dernier doit être non seulement fort, au moins 4,5 m/s (soit plus de 16 km/h) en moyenne sur l’année, mais aussi régulier, avec un fonctionnement de l’éolienne à pleine puissance au moins 20 % du temps.
L’emplacement de la future éolienne doit également être dégagé de tout obstacle environnant (arbres, bâtiments…) pour éviter les turbulences du vent qui ont tendance à réduire la production et la durée de vie du matériel. Par principe, garder une distance d’environ 100 mètres des voisins à l'éolienne et de 50 mètres pour le propriétaire, pour limiter les nuisances sonores éventuelles.
Une étude de vent sur mât de mesure (pose d’anémomètre, enregistrements…) est très onéreuse : par exemple de 3.000 à 4.000 € pour une étude de vent à 30 mètres pendant trois mois ! Elle se justifie seulement pour des installations de plus de 6 kW et si elle représente moins de 20 % de l’investissement total.
Infos pratiques…
Démarches administratives
Pour les hauteurs inférieures à 12 mètres (hauteur de la partie non mobile la plus élevée), seule une déclaration de travaux en mairie est exigée, sauf cas particuliers de proximité de sites ou monuments classés.
Un permis de construire est en revanche nécessaire pour les hauteurs supérieures à 12 mètres : prévoir deux à trois mois de délais d’instruction et deux mois de possibilité d’opposition au projet par le voisinage (après la dernière formalité de publicité). Discuter avec le voisinage au préalable permet souvent de désamorcer tout problème éventuel…
Une notice d’impacts pour les hauteurs inférieures à 50 mètres (et >12 mètres) est également demandée. Cette démarche est nettement moins lourde qu’une étude d’impacts et une enquête publique nécessaires pour les hauteurs supérieures à 50 mètres !
Subventions
Pour les particuliers, le crédit d’impôt devrait être de 40 % sur le montant TTC de l’éolienne (matériel hors génie civil et hors pose) si celle-ci est associée à l’habitation principale et à la condition de faire appel à un unique installateur professionnel.
Dans le cadre du dispositif de plan de performance énergétique (PPE) des exploitations agricoles, des aides de 40 à 60 %* existent notamment pour les équipements liés à la production et à l’utilisation d’énergie en site isolé et non connecté au réseau d’alimentation électrique. 100 % de l’énergie produite doit être valorisée pour les besoins professionnels. Un diagnostic énergétique de l’exploitation agricole doit être réalisé au préalable par une personne compétente.
* Aides appliquées sur les montants HT du matériel et de la main-d’œuvre, hors auto-construction et jusqu’à 40.000 € de dépenses subventionnables par exploitation.
Un investissement pas évident
Précisons encore qu’une petite éolienne est rarement un investissement rentable, sauf peut-être en auto-construction. Ce type d’équipement peut toutefois être intéressant dans un objectif d’amélioration de l’autonomie énergétique, pour produire au moins une partie de l’électricité consommée sur l’exploitation. Seules 203 petites éoliennes (agricoles ou non) auraient été déclarées raccordées au réseau électrique en France en 2009 (source : ERDF). Même si les éoliennes domestiques en sites isolés ne sont pas comptabilisées dans ces résultats, il n’en reste pas moins que relativement peu d’installations sont réalisées aujourd’hui et que leur développement est encore assez marginal.