Dominique Dufour, nouveau préfet
Au cœur de l’été, le préfet de Saône-et-Loire Yves Séguy a annoncé son départ. A été nommé en lieu et place, Dominique Dufour. Ce 25 août, le nouveau locataire de la Préfecture a rencontré les corps constitués et acteurs économiques des territoires. Son mot d’ordre est clair : « améliorer la vie des gens » et ce, de façon « pragmatique ».
À peine arrivé et déjà un emploi du temps complet pour les trois prochaines semaines. Ce lundi 25 août, dès la matinée, le nouveau préfet de Saône-et-Loire a rencontré les « forces vives » des territoires : monde économique, parlementaires, présidents des chambres consulaires ou responsables de diverses organisations professionnelles. Son prédécesseur, Yves Séguy ayant pris le soin de lui expliquer les différents dossiers sur son bureau. La fonction ne lui est pas inconnue puisque Dominique Dufour était auparavant préfet des Hautes-Alpes. Évidemment, la première question était donc celle de la gestion de la prédation par les loups. Disant bien connaître le sujet, Dominique Dufour se montrait empathique envers les éleveurs, alors que 13 meutes sévissent dans le département des Hautes-Alpes. « C’est autre chose que de l’économie (agricole, N.D.L.R.), cela touche les éleveurs dans leur chair, cela joue sur leur vie de famille et c’est vécu avec beaucoup d’intensité », semblait-il sensible. Toutefois, la situation n’est pas la même dans l’arc Alpin avec une « logique et histoire » différentes en termes d’élevage et de gestion de la prédation. « Plus de 90 % des élevages sont protégés là-bas, mais cela n’empêche pas les attaques. Ici, c’est (la protection, N.D.L.R.) compliqué avec un élevage diffus dans le bocage », mesure-t-il le dossier de prime abord, qu’il dit prendre « avec modestie ». Ces dernières semaines, l’OFB a été appelé à faire de nombreux constats et un nouveau loup est suspecté sévir même si rien d’officiel n’est acté. « Beaucoup de choses ont été faites par mes prédécesseurs. J’irai voir les agriculteurs et éleveurs pour en discuter, notamment sur la question de la protection qui doit évoluer pour protéger les élevages et voir comment prélever » les loups continuant de tuer malgré les protections en place. Car le représentant de l’État rappelle que le loup est une espèce protégée.
Si le loup est donc tout en « haut de la pile » de ses dossiers, la « restructuration industrielle » vient immédiatement ensuite, notamment avec la relance nucléaire et le développement de la consommation d’électricité. Il se rendait d’ailleurs l’après-midi même chez Schneider electric à Mâcon. Il voit son rôle comme un facilitateur dans la « coordination offre/demande d’emplois », avec 22.000 postes à pourvoir « qui doivent trouver preneur ». Le plus important pour lui reste bien « le citoyen. Mon seul but est d’améliorer la vie des gens ». Pour cela, il annonçait vouloir se rendre sur le terrain « en prise avec la réalité » pour être le plus efficace possible. Revenant sur le sujet de l’agriculture, il promettait de rencontrer la profession et « même si je n’ai pas réponse à tout, à chaque fois, il est préférable de trouver un chemin local ». Ses maîtres-mots sont d’ailleurs « simplicité et pragmatisme » et à l’inverse, il cherche à « sortir du dogmatisme », ne s’interdisant pas d’utiliser s’il le faut son « droit de dérogation » accordé au préfet « pour adapter la loi ». Il concluait néanmoins en être le garant, lui qui a un parcours dans les ministères et préfecture, mais également dans le privé.