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Pascale Ponsard

Quand le tissu devient une œuvre d’art

Installée à Cormatin, Pascale Ponsard est l’une des seules en France à exercer le métier d'ennoblisseur. Plus que de l’artisanat, il s’agit ici d’un réel métier d’art qui tend à donner aux tissus une toute autre dimension après un exceptionnel travail de peinture. Avec, à la clé, une reconnaissance de la haute couture au niveau mondial.
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Alors que son père possède un atelier de dessin en soierie, Pascale Ponsard embrasse fort logiquement cette même carrière. « Je suis la cinquième génération de soyeux ». Elle passe alors un CAP de dessinatrice en soierie. Puis elle suit un apprentissage, toujours à Lyon, au sein de l’institution des Chartreux. Suite à l’obtention de son diplôme, elle intègre un atelier de décoration textile « où l’on est davantage au contact avec la matière première ». Elle y restera un quart de siècle dans une fonction de décoratrice textile. « Il s’agissait du plus important atelier de la ville ». Mais l’année 2005 marque un tournant dans sa vie professionnelle et personnelle puisqu’elle fait le choix de créer sa propre entreprise. « J’étais arrivée à maturité dans mon métier ». Ayant des attaches du côté de Cormatin, elle décide de s’installer dans la commune en partant véritablement de zéro. Dès lors, elle prend son bâton de maréchal pour aller à la rencontre de potentiels clients. Cela commence par Première vision, le célèbre salon du textile d’habillement à Paris qui réunit plus de 1.500 exposants. « J’ai prospecté les soyeux et je leur ai expliqué mon projet. Je suis allée trois années de suite à Paris ». Forte de son savoir-faire quasiment unique en France et de son inégalable expérience, Pascale Ponsard réussit rapidement à convaincre une dizaine de clients professionnels, devenus rapidement des fidèles.

Un travail d’orfèvre


Travaillant par collection, à savoir les collections printemps-été et automne-hiver, Pascal Ponsard reçoit, dans un premier temps, des échantillons de tissus de ses clients qu’elle personnalise. Suite à l’envoi du prototype à son client, elle se voit retourner cette fois la totalité du tissu à travailler, généralement décliné en quatre coloris. Une fois fini, le tissu est expédié au client qui le vend ensuite à des maisons de haute couture et pour le prêt-à-porter de luxe. Et ce, dans le monde entier, notamment dans les pays du golf arabique. Ce qui a valu, par exemple, à Pascale Ponsard de peindre huit cent mètres de tissus pour la seule maison Chanel. « En général, je réalise quinze à trente mètres de tissu. Je travaille absolument tous les textiles, qu’il s’agisse de soie, de velours, de satin, de tulle, de paillette, de dentelle,… Mais j’ai un petit faible pour la dentelle. En moyenne, je fais vingt mètres par jour ». Effectuant ses propres mélanges à partir de poudres et faisant naître des couleurs toujours originales, Pascale Ponsard n’hésite pas à varier les sources d’inspirations. « L’inspiration vient aussi bien des magazines que des livres, des expositions et même de la nature qui m’entoure. Il faut faire attention à ne pas tourner en rond ». Réalisant ses peintures entièrement à la main soit avec des pinceaux soit avec des rouleaux, elle n’hésite pas à avoir recours à des ustensiles parfois originaux à l’image de brosses ou de plumes. Quant à ses dessins, certains clients ont des demandes parfois étonnantes. Avec, pour résultat, de voir des tissus recouverts de dessins extrêmement originaux à l’image de ces mangas, de ces poupées russes ou encore du célèbre Moulin rouge.

S’adresser au grand public


Une autre facette de son activité réside en la création de pièces personnelles, destinées cette fois au grand public, entre étoles, foulards et carrés, avec des motifs abstraits ou figuratifs. Elle propose alors différentes tailles, pour tous les budgets, c’est-à-dire de 25 à 160 euros. Des pièces qu’elle vend au sein de l’Atelier Pluriel (voir encadré). « Dans ce cas, j’achète mes propres tissus, exclusivement de la soie. Je me sers aussi de ces créations personnelles comme source d’inspiration que je propose plus tard à mes clients professionnels ». Par ailleurs, Pascale Ponsard a participé à de nombreuses expositions au début de son activité « pour me faire connaître car je n’avais pas beaucoup de clients professionnels. Je suis par exemple allée à Cognac. Aujourd’hui, le temps me manque pour faire des expositions ». Toutefois, un projet se profile à l’horizon 2012. Avec la possible exposition sur les prestigieux Champs Élysées à Paris. Quant à son futur proche, elle va s’attaquer à la nouvelle collection printemps-été 2013 dès le mois de décembre. « Mais j’aimerais aussi travailler avec Amélie Walter de Montard qui fait des perles d’art. On pourrait créer ensemble des tentures et des étoles incrustées de perles ».

L’Atelier pluriel comme lieu d’exposition


Alors qu’elle souhaite ne pas se disperser en accueillant les clients au sein de son lieu de travail à Cormatin, Pascale Ponsard a choisi de rejoindre l’Atelier Pluriel à Cluny. L’occasion non seulement de vendre ses étoles, foulards et carrés mais aussi d’être au contact des acheteurs. Sans oublier le lien noué avec les autres créateurs. « Il y a ainsi une énergie de groupe. On échange aussi beaucoup entre nous, on se refile quelques bons filons. » Une structure installée à Cluny qui va très sensiblement évoluer dans les mois à venir. Alors que deux membres de l’Atelier Pluriel quittent le groupe pour aller vers de nouvelles aventures, le nombre d’artisans restera stables (à sept) puisque deux nouveaux adhérents rejoindront prochainement le groupe. A savoir la mosaïste Mylène Dupasquier ainsi qu’un professionnel qui travaille la terre.

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