Quand le tissu devient une œuvre d’art
Un travail d’orfèvre
Travaillant par collection, à savoir les collections printemps-été et automne-hiver, Pascal Ponsard reçoit, dans un premier temps, des échantillons de tissus de ses clients qu’elle personnalise. Suite à l’envoi du prototype à son client, elle se voit retourner cette fois la totalité du tissu à travailler, généralement décliné en quatre coloris. Une fois fini, le tissu est expédié au client qui le vend ensuite à des maisons de haute couture et pour le prêt-à-porter de luxe. Et ce, dans le monde entier, notamment dans les pays du golf arabique. Ce qui a valu, par exemple, à Pascale Ponsard de peindre huit cent mètres de tissus pour la seule maison Chanel. « En général, je réalise quinze à trente mètres de tissu. Je travaille absolument tous les textiles, qu’il s’agisse de soie, de velours, de satin, de tulle, de paillette, de dentelle,… Mais j’ai un petit faible pour la dentelle. En moyenne, je fais vingt mètres par jour ». Effectuant ses propres mélanges à partir de poudres et faisant naître des couleurs toujours originales, Pascale Ponsard n’hésite pas à varier les sources d’inspirations. « L’inspiration vient aussi bien des magazines que des livres, des expositions et même de la nature qui m’entoure. Il faut faire attention à ne pas tourner en rond ». Réalisant ses peintures entièrement à la main soit avec des pinceaux soit avec des rouleaux, elle n’hésite pas à avoir recours à des ustensiles parfois originaux à l’image de brosses ou de plumes. Quant à ses dessins, certains clients ont des demandes parfois étonnantes. Avec, pour résultat, de voir des tissus recouverts de dessins extrêmement originaux à l’image de ces mangas, de ces poupées russes ou encore du célèbre Moulin rouge.
S’adresser au grand public
Une autre facette de son activité réside en la création de pièces personnelles, destinées cette fois au grand public, entre étoles, foulards et carrés, avec des motifs abstraits ou figuratifs. Elle propose alors différentes tailles, pour tous les budgets, c’est-à-dire de 25 à 160 euros. Des pièces qu’elle vend au sein de l’Atelier Pluriel (voir encadré). « Dans ce cas, j’achète mes propres tissus, exclusivement de la soie. Je me sers aussi de ces créations personnelles comme source d’inspiration que je propose plus tard à mes clients professionnels ». Par ailleurs, Pascale Ponsard a participé à de nombreuses expositions au début de son activité « pour me faire connaître car je n’avais pas beaucoup de clients professionnels. Je suis par exemple allée à Cognac. Aujourd’hui, le temps me manque pour faire des expositions ». Toutefois, un projet se profile à l’horizon 2012. Avec la possible exposition sur les prestigieux Champs Élysées à Paris. Quant à son futur proche, elle va s’attaquer à la nouvelle collection printemps-été 2013 dès le mois de décembre. « Mais j’aimerais aussi travailler avec Amélie Walter de Montard qui fait des perles d’art. On pourrait créer ensemble des tentures et des étoles incrustées de perles ».
L’Atelier pluriel comme lieu d’exposition
Alors qu’elle souhaite ne pas se disperser en accueillant les clients au sein de son lieu de travail à Cormatin, Pascale Ponsard a choisi de rejoindre l’Atelier Pluriel à Cluny. L’occasion non seulement de vendre ses étoles, foulards et carrés mais aussi d’être au contact des acheteurs. Sans oublier le lien noué avec les autres créateurs. « Il y a ainsi une énergie de groupe. On échange aussi beaucoup entre nous, on se refile quelques bons filons. » Une structure installée à Cluny qui va très sensiblement évoluer dans les mois à venir. Alors que deux membres de l’Atelier Pluriel quittent le groupe pour aller vers de nouvelles aventures, le nombre d’artisans restera stables (à sept) puisque deux nouveaux adhérents rejoindront prochainement le groupe. A savoir la mosaïste Mylène Dupasquier ainsi qu’un professionnel qui travaille la terre.