Rencontre festive avec le Comte de Rambuteau
Il présidera aussi aux destinées de l'Académie de Mâcon, prônant un soutien actif et appuyé à l'agriculture et à la viticulture. Ses positions seront nettes et tranchées, elles sont d'ailleurs toujours d'actualité... Ainsi, « le meilleur encouragement à donner à l’agriculture, c’est l’argent qu’on lui laisse et la sécurité qui dispose les capitaux à venir la féconder et à consommer ses produits ».
La Monarchie de Juillet lui permettra de déployer ses talents. En 1832, une épidémie de choléra ravage la capitale. L’année suivante, Louis-Philippe le nomme préfet de la Seine. Son mandat est marqué par la mise en œuvre des théories hygiénistes. Rambuteau estime que les rues étroites, tortueuses et insalubres du centre de Paris favorisent le développement de la maladie. Il lance le percement d’une voie de treize mètres de largeur, ce qui constitue une nouveauté dans le centre de la capitale : la rue Rambuteau laquelle recevra le nom du préfet dès 1839. Sous son mandat, l’Arc de Triomphe est achevé et le projet de la grande avenue des Champs-Élysées voit le jour.
De l’eau, de l’air, de l’ombre
Convaincu que l’eau est un enjeu essentiel de salubrité publique et appliquant sa devise "De l’eau, de l’air, de l’ombre", il lance le premier dispositif global de gestion de l’eau urbaine. Pour faciliter l’approvisionnement de la ville, il développe les conduites sur 312 km et multiplie les points d’eau avec l’installation de 2.000 fontaines. Le volume d’eau disponible pour les habitants passe de 28 à 110 litres en quinze ans.
Il accélère le rythme de construction des égouts : alors que moins de 40 km avaient été construits en quatre siècles, il double le réseau en quelques années, l’étendant à 96 km en 1848. Il oblige les théâtres et les salles de spectacles à prévoir des urinoirs fixes ou mobiles. Il est le premier à promouvoir des urinoirs publics dans les rues et sur les trottoirs de la capitale. Intégrés dans des colonnes d’affiche hautes de quatre mètres et surmontés d’une calotte sphérique, ils sont placés au bord des trottoirs. Le préfet fait installer plus de 450 urinoirs qu’il nomme "vespasiennes".
Passionné d’horticulture, il introduit l’arbre dans la rue. Il développe les espaces verts et la plantation d’arbres le long des avenues. Il crée aussi le premier square à côté de la cathédrale Notre-Dame en 1844. Enfin, il généralise l’éclairage au gaz. A son arrivée aux affaires, la ville comptait 69 becs de gaz contre 8.600 à son départ.
Grand spectacle son et lumière
Rendant hommage à Rambuteau autour de plusieurs temps forts de mai 2012 à octobre 2013, la municipalité de Charnay-lès-Mâcon propose jusqu’au 15 septembre prochain une exposition baptisée "Rambuteau, l’esprit d’un siècle". Place sera également laissée le 26 octobre à l’opéra "La Traviata" de Giusseppe Verdi pour conclure en beauté les festivités. Mais le temps fort de cet été prendra la forme de la soirée baptisée "1848, le retour au Domaine". Cela débutera à 21 heures en compagnie des quarante musiciens de l’orchestre Résonances qui interpréteront les grands classiques de la musique romantique. De Jacques Offenbach à Johann Strauss en passant par Georges Bizet, ils revisiteront le répertoire du XIXe siècle. Vêtus de robes en crinoline pour les femmes et de queues de pie pour les hommes, les danseurs du Quadrille impérial de Besançon accompagneront l’orchestre et inviteront les spectateurs à les rejoindre. Suivra, à 21 h 45, un grand spectacle son et lumière. Le pitch est le suivant. En 1848, la révolution éclate à Paris. La Seconde République est en marche. Le Comte de Rambuteau, préfet de la Seine, est de retour sur ses terres mâconnaises. A son arrivée, il est accueilli par la foule qui l’acclame. Il se confie et évoque les temps forts qu’il a vécus dans la capitale. Feux d’artifices, vidéos, écran géant, calèche et chevaux donneront vie à l’esprit du XIXe siècle.