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Agrioccasions, les occasions agricoles
Augmentation des prix des matières premières

Rouvrir les négociations sur la répercussion

La Confédération française de l'aviculture (CFA) demande la réouverture immédiate des négociations avec les
abatteurs et les distributeurs pour répercuter l’envolée du prix des
matières premières sur les coûts de production des éleveurs. L’avenir
de la filière avicole - mais pas seulement -en dépend.
Par Publié par Cédric Michelin
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"L'évolution des indicateurs depuis trois mois, conformément à l'accord signé, montre que les négociations entre entreprises d'aval et distributeurs doivent être rouvertes sans délai" estiment Michel Prugue et Isabelle Leballeur respectivement président et secrétaire générale de la Confédération française de l'aviculture (CFA). Ils l'ont fait savoir aux grandes enseignes et ils appellent les producteurs à rester très mobilisés pour obtenir satisfaction.
L’enjeu pour les producteurs est de taille. Si la filière n’arrive pas répercuter à la distribution, et par delà au consommateur, l’intégralité de la hausse des coûts de production, la contractualisation risque de voler en éclats.
Les fortes hausses des prix des matières premières depuis près d’un an fragilisent les filières avicoles (1) particulièrement consommatrices de céréales.
Face aux réticences de la grande distribution et même au refus marqué par certaines enseignes de prendre en compte les hausses des coûts de production dans les tarifs proposés par leurs fournisseurs, il était indispensable d’établir un nouveau cadre de concertation et de négociation, plaidait la CFA.
D’ailleurs elle avait proposé en début d’année, lors d’une rencontre avec le ministre de l’Agriculture, un mécanisme de répercussion automatique de la variation du prix de l’aliment dans le prix des produits avicoles. La réticence de la grande distribution et les difficultés d’ordre juridique et de compatibilité communautaire ont eu raison de ce projet.

Des index reconnus et validés


Ce n’était que partie remise. La CFA et son président Michel Prugue ont très activement participé aux travaux menés sous l’égide du ministre de l’Agriculture, pour arriver, le 3 mai dernier, à un accord d’engagement volontaire pour revoir les tarifs lorsque les évolutions de coûts liés à l'alimentation animale auront dépassé un certain seuil. Les index, références du déclenchement de la négociation pour réviser les conditions commerciales, seront ainsi validés et reconnus par tout le monde, pouvoirs publics et partenaires de la filière y compris la grande distribution.
« L’enjeu de cet accord est de mesurer la volatilité des marchés et, lorsqu’elle devient trop importante, de pouvoir rouvrir les négociations commerciales indispensables La violence des variations des cours des matières premières doit nous inciter à créer de nouveaux outils de relations producteurs, abatteurs et distributeurs pour lisser ces effets et ne pas laisser au consommateur le sentiment d’être pris en otage » insiste Michel Prugue.
Dans le secteur des volailles de chair, du fait de la contractualisation, les producteurs de volailles n’ont pas vraiment ressenti, jusqu’à présent, l’impact de la hausse des matières premières. La situation est cependant bien différente dans d’autres secteurs avicoles comme ceux des œufs et du lapin.

Jouer le jeu



Comme le souligne la nouvelle secrétaire générale de la CFA, Isabelle Leballeur, la très forte mobilisation des producteurs avicoles au cours des derniers mois a permis aux entreprises d’aval de la filière volailles de chair d’obtenir des distributeurs une première revalorisation de leurs tarifs, mais elle est très insuffisante.
Un deuxième coup de pouce est indispensable. La faiblesse du revenu des aviculteurs demeure un handicap pour envisager la modernisation nécessaire des outils de production, la hausse des coûts de l’énergie et des autres charges de l’exploitation aggravant cette situation. « Il est primordial que les abatteurs et les distributeurs prennent en compte ces évolutions dans un avenir proche » martèle Isabelle Leballeur.
Et que dire de la production d’œufs qui doit changer d’ici le 1er janvier 2012, la totalité des installations d’élevages en cages.
Pour la CFA, les hausses qui doivent maintenant être passées ne doivent pas être perçues par le consommateur comme un renchérissement exagéré des produits qu’il achète. C’est pourquoi, il est indispensable que tout le monde joue le jeu et qu’en particulier les enseignes n’appliquent pas sur ces hausses leurs coefficients de marges. Le maintien d’une aviculture compétitive et qui réponde aux exigences du consommateur en dépend.

(1) les filières avicoles regroupent non seulement les volailles de chair, mais aussi les palmipèdes, les lapins et les œufs.